Lutte contre Boko Haram. Cameroun :Musulmans et chrétiens main dans la main

Pour préserver la paix, ces religions demandent à tout croyant d’implorer la force du très haut.

Serait-ce le commencement d’une nouvelle ère au sein des religions au Cameroun, où dirigeants et fidèles des différentes obédiances ne s’affronteront plus ou ne se regarderont plus en chiens de faïences ? Les appellations telles que «églises réveillées» et «églises mortes» disparaîtront-elles à tout jamais, au nom de la paix ? C’est ce que prête à croire le colloque qui les a une fois de plus rassemblées à Yaoundé hier. Cette rencontre s’est tenue sur le thème « Nostra aetate (appel à la fraternité universelle décrétée par le pape Jean XXIII): cinquante ans après, amitié islamo-chrétienne : pour un dialogue fraternel au Cameroun».

La paix au Cameroun, comme partout ailleurs, est de plus en plus menacée. De nombreux Camerounais perdent la vie depuis plusieurs mois dans la partie septentrionale du pays à cause des attaques multiples de la secte terroriste Boko Haram. Pour la paix au Cameroun, selon Mgr Adalbert Ndzana, évêque de Mbalmayo et président de la Commission épiscopale pour le dialogue interreligieux, «il est important que les chrétiens de toute appartenance se tourne vers le Seigneur Dieu pour implorer sa paix. En dehors des efforts des hommes politiques, ils doivent-être soutenus par les croyants». Il fallait donc que la stabilité du pays tout entier soit menacée pour que tombent les barrières religieuses et qu’un dialogue soit mis en place ?  «Ce dialogue au Cameroun n’est pas nouveau et en plus, il fonctionne très bien. Nous avons l’Association camerounaise du dialogue interreligieux qui compte en son sein, les chrétiens catholiques, protestants, orthodoxes et les musulmans. Depuis une dizaine d’années, ce dialogue fonctionne à merveille», soutient    Mgr Adalbert Ndzana.

Pour étayer ces propos, il prend pour exemple, les prières œcuméniques qui sont le plus souvent dites dans l’étendue du triangle national. Pour sa part, le représentant de la communauté musulmane à ce forum, Souleymane Bouba, a attesté qu’au Cameroun, le dialogue interreligieux est une réalité. Il se vit au sein des familles, entre amis, a-t-il expliqué. «Mais c’est une réalité à consolider, car nous ne sommes pas arrivés au terme de ce processus», martèle-il. Mais avant, a précisé l’évêque de Mbalmayo, il faut d’abord distinguer le dialogue œcuménique du dialogue interreligieux. Le premier concerne essentiellement les chrétiens entre eux et le dialogue interreligieux lui, concerne les relations de l’église catholique avec les autres religions non chrétiennes.