L’UDC PASSE LA POLITIQUE ECONOMIQUE DU CAMEROUN AU SCANNER ET SE PRONONCE CONTRE LE PROJET DE LOI SUR LA REPRESSION DU TERRORISME.

L’UDC PASSE LA POLITIQUE ECONOMIQUE DU CAMEROUN AU SCANNER ET SE PRONONCE CONTRE LE PROJET DE LOI SUR LA REPRESSION DU TERRORISME.

La traditionnelle Journée Républicaine des Réflexions et d’Echanges (JRRE) était rendue à ses dix huitièmes assises Jeudi dernier, 04 Décembre 2014  au siège de l’UDC à Yaoundé et a réuni au tour du Président National, le Dr Adamou Ndam Njoya, plusieurs  Responsables Politiques issus des divers partis politiques de l’opposition et du Pouvoir, les membres de la Société civile,  des Responsables des Médias et un public dense constitué des Etudiants, Chercheurs et autres Opérateurs Economiques qui ont finalement rendu bien étroite, la grande Salle de l’Ecole Africaine d’Ethique sise à la montée Ane Rouge à Yaoundé qui a abrité cette fois, les assises de la JRRE étant donné que la salle de conférence dédiée à ces assises, est en pleins travaux de réaménagement.

Le Panel, modéré par le Dr Adamou Ndam Njoya lui-même était  constitué de Messieurs Dieudonné Essomba, Economiste et haut cadre du MINEPAT (Ministère de l’Economie, du Plan et de l’Aménagement du Territoire) , Pasteur Jean Claude SOPTIEU, Chercheur et Membre du Bureau Politique de l’UDC, Engelbert MFOMO, Directeur de Publication du journal l’Activateur, Militant du RDPC et Coordonnateur Régional pour le Centre de l’ONG JUNACAM ;  le Pr Charly Gabriel Mbock de l’Université de Yaoundé I et Membre du Bureau Politique de l’UPC et Mme  TANGONO Antoinette, Présidente de la Confédération Camerounaise du Travail ayant eu des empêchements de dernière minute.

A travers le Thème portant sur Le Budget, La Recherche et le Développement : où en sommes-nous et quelle stratégie pour la mobilisation citoyenne ?, les panélistes, les invités spéciaux  et le Public parmi lesquels on peut citer Messieurs DOUNGOUSS FOULLA DAMBALDI, Président National du RDR-Cameroun, Cyprien OLINGA, Président National du Front Démocratique Révolutionnaire (FDR), EKOUEYE  YA  MAWELLE, Coordinateur Régional du FSNC , Emmanuel MBENOUN, Membre de la Communication du SDF, Léonard FANDJA, Directeur de Publication de la Presse Cybernétique Les Visages d’Afrique, François CHANNON du Journal Le Messager entre autres, ont finalement passé au Scanner, par une analyse critique citoyenne, la politique économique du Cameroun à travers les instruments essentiels que sont le Budget et la Recherche dans l’optique de la promotion du Développement national.
S’agissant de la Recherche, l’exposé du Pasteur Jean Claude SOPTIEU a permis de revisiter la politique de Recherche telle que menée par le Gouvernement de la République est minée par de nombreux maux partant de la mauvaise orientation, au déficit d’encadrement,  à l’environnement,  et la gouvernance des Ressources humaines, matérielles et financières allouées.  Par conséquent, plusieurs décennies après l’indépendance, et plus particulièrement durant les trois dernières décennies, la recherche a sombré et n’a pas pu stimuler le développement qui est sa finalité. Les Instituts de Recherches sont en majorité dans un état de délabrement, la Décentralisation universitaire opérée dans les années 90 a été beaucoup plus pour des objectifs politiciens que pour le souci d’efficacité car nos universités sont sans laboratoires, sans équipements appropriés, développent des programmes d’enseignement sans grand rapport avec les réalités socioéconomiques locales, utilisent un cors enseignants  travaillant dans des conditions de précarité et dont la gestion vise beaucoup plus l’instrumentalisation politicienne que le développement du pays.  Pour que la Recherche permette le développement, elle doit répondre à des objectifs économiques précis et pertinents et bénéficier d’un environnement institutionnel incitatif avec des dotations suffisantes en ressources humaines, matérielles et financières. Ce qui n’est pas le cas au Cameroun ces trente dernières années ; la grève actuellement en cours dans les universités pour non paiement des primes de recherche en témoigne à suffisance.

Au plan économique et Budgétaire, l’exposé du Dr Dieudonné Essomba a démontré que l’économie Camerounaise souffre de l’entretien d’un système productif  extrêmement oisif qui entraîne au niveau du Budget de l’Etat, des prévisions beaucoup plus fondées sur des fictions que sur des réalités objectives. Le Cameroun importe presque tout ce que son marché intérieur a besoin et ne présente pas grande chose dans les marchés extérieurs en termes d’exportation.  Des produits que pouvait aisément fabriqué et vendre chez nous sans difficulté, sont importés parce qu’il manque de volonté politique ou d’orientation efficace de notre économie pour réduire son extraversion et lui garantir un tissu productif capable de booster la croissance. Il n’y a pas jusqu’aux cures dents et autres denrées alimentaires de grande consommation qui ne soient importés de l’extérieur. La conséquence  fondamentale est l’accumulation et l’aggravation du déficit de la balance commerciale et donc l’alourdissement de l’endettement public qui font qu’au niveau des prévisions budgétaires, on table sur des réalisations des recettes qui ne relèvent que de la pure fiction. On décrit chaque année, la sous-consommation du Budget d’Investissement publique sans dire où se trouve l’argent que cette sous-consommation aurait laissé d’un exercice à l’autre, en termes de recettes économisées à cet effet. La réalité est que cet argent n’existe généralement pas et l’Etat du Cameroun a inventé un nouveau mode de financement public appelé financement par les arriérés qui consiste à lancer les appels d’offres, octroyer les marchés que les entrepreneurs s’ils arrivent à réaliser, ne pourront le faire que sur leurs fonds propres pour qu’ensuite, l’Etat classe leurs factures dans la chemise des arriérés ou dette interne à payer plus tard.  Le taux de réalisation physique du Budget d’Investissement Public au Cameroun ne peut pas dépasser 20% contre les 36% qu’on décrit officiellement. Ainsi, le Budget en cours d’examen au parlement et qui prévoit une augmentation de 13% par rapport à celui de l’année dernière, montre que le Gouvernement reste dans la logique de la fuite en avant. On a trop politisé les décisions économiques et on doit comprendre que notre capacité d’achat à l’extérieur ne dépend pas de notre Budget mais plutôt du stock de devises dont nous disposons comme recette de nos exportations, ou du stock physique des nos produits destinés à l’exportation.  Par conséquent, si on ne fait pas suffisamment attention, d’ici peu, le problème qu’on observe au niveau de la réalisation du BIP va s’intensifier et aller au-delà du BIP pour toucher les éléments fondamentaux du fonctionnement comme les Salaires des agents publics. C’est durant les 27 premières années de son Indépendance que, disposant pourtant de très peu de ressources humaines qualifiées, le Cameroun a réalisé presque toutes ses infrastructures productrices  et les 27 dernières années que nous venons de passer, ont plutôt permis de détruire toutes ces infrastructures  alors que nous nous disposons d’une ressource humaine regorgeant de nombreuses compétences  dans tous les domaines mais qui sont tout simplement  très mal managées. Dans cette situation, tout le monde est responsable, partant du politique aux intellectuels universitaires en passant par la société civile car les uns et les autres n’ont toujours pas joué suffisamment leurs rôles face à un pouvoir politique approximativement inspiré. On sombré dans une sorte d’hystérie collective qui a causé des graves dommages au développement du Pays. Le chômage des jeunes diplômes est en train d’atteindre des proportions alarmantes ; la preuve, pour  le recrutement de 3500 nouveaux agents de l’Etat, on a enregistré plus de 100 000  candidatures. Les Représentants du Peuple au niveau du deuxième pouvoir ne jouent pas leur rôle car on ne comprend pas comment la balance commerciale d’un pays peut atteindre un niveau de déficit sans que les Parlementaires ne réagissent en interpellant le Gouvernement de la République.

En conclusion, il faut stabiliser notre système  de sorte que la croissance potentielle ne puisse pas s’évader si elle est réalisée. Par exemple, on parle ces dernières années de la surliquité des banques au Cameroun ; mais cette surliquidité bancaire n’est qu’une fluide d’argent qui irait toute suite à l’extérieur du circuit économique national si elle sortait des caisses de ces banques.  « Si on ne met pas en place un système tel que le Pays  produise lui-même au moins 50% de ce qu’il consomme, on ne pourra que très difficilement réussir à sortir la tête de l’eau où elle longée actuellement.

C’est avec le même sentiment que l’exposé de Monsieur Engelbert MFOMO est présenté et a déroulé magistralement, les indicateurs de la mal gouvernance dont souffre notre pays dans tous les domaines de la vie publique. Ainsi, un état des lieux des projets dits structurants est fait pour démontrer que la situation dans ces projets n’est guère reluisante et que seules les phases de pose des premières pierres en restent les principales réalisations jusqu’ici.  Les Ministres traînent expressément les pas pour la mise en place effective de la décentralisation ; si on évalue aujourd’hui le Budget-programme instauré à coup de publicité en 2012, on constatera que la montagne n’aura accouché que d’une petite souris ;  on multiplie de institutions sans une réelle volonté politique de leur laisser la possibilité et les moyens d’accomplir leurs missions de manière à produire des résultats palpables en matière de lutte contre la précarité dont souffre la population. Le Budget n’est pas arrimé au concept de la décentralisation et ne peut pas favoriser le développement ;  son augmentation n’est pas une mauvaise chose en soit mais, c’est l’orientation  de cette augmentation qui pose problème car elle vise les Ministères pour leur fonctionnement et non l’investissement ou les Collectivités Territoriales Décentralisées pour le Développement de la Population. La recherche se porte mal et même très mal et l’une des causes est l’absence des moyens financiers et pourtant, il existe un compte d’affectation à cet effet créé par décret présidentiel le 08 Avril 2009, de même qu’il existe un compte d’affectation créé par décret présidentiel le 03 Décembre 2001  pour soutenir et galvaniser la culture et cette culture est en train de mourir de sa propre mort.

Après des échanges et débats riches qui ont confirmé les constats et conclusions ci-dessus, l’assistance s’est préoccupée du projet de loi n°962/PJL/AN portant Répression des actes de terrorisme présenté au Parlement par le Gouvernement pour adoption.  L’Honorable Patricia Tomaïno Ndam Njoya, Porte parole des Députés UDC à l’Assemblée Nationale, a fait un compte rendu exhaustif de la situation qui a prévalu à l’Assemblée Nationale et qui, malgré les contestations argumentées des Députés de l’Opposition, a fini malheureusement par l’adoption de ce projet de loi par les Députés du Parti au pouvoir qui constituent une majorité dominante. Avant ce projet de loi sur le terrorisme, un autre projet a été adopté et porte sur les sociétés de gardiennage dont l’innovation est qu’elle réduit l’attribution d’agrément, désormais au pouvoir discrétionnaire du Président de la République.

Le Président National de l’UDC a qualifié de « très grave » la situation que venait de créer ces deux lois en généralement et principalement celle portant sur le terrorisme qui d’après lui, « vise à combattre le peuple camerounais et non les terroristes comme elle prétend, et fait reculer notre démocratie de plusieurs années en arrière… ». Tous les Responsables politiques présents et autres membres de la société civile ont été choqués par cette situation et en ont exprimé, chacun en sa manière et des mots qu’ils jugeaient suffisamment forts pour exprimer leur déception.

 

camernews-Adamou-Nda-mNjoya

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