L’ombre du parc de Mvog-Betsi

Les visiteurs de ce jardin zoologique sont déçus par le manque d’animaux et la tristesse du site.

Le jardin zoologique de Mvog-Betsi a connu des moments de gloire avec la présence du lion et bien d’autres félins comme le tigre, la panthère, etc. dans le parc. Tous les touristes venus dans la ville de Yaoundé voulaient visiter le site. Sauf qu’aujourd’hui, ce lieu d’attraction est devenu l’ombre de lui-même. «Je suis déçu. Je suis déçu», entend-on çà et là. En fait, la déception tient de plusieurs faits. Le manque d’animaux et d’aires de jeux pour les enfants d’une part, la tristesse que dégagent les lieux d’autre part. Les hautes herbes, la présence de mouches sur le site, sont loin de séduire les visiteurs venus se détendre loin du stress quotidien. «Que s’est-il passé ?», s’interrogent ces derniers. «Mes amis et moi sommes venus ici pour voir le lion et les autres prédateurs. Mais nous sommes déçus parce qu’il n’y a rien de tout ça dans ce soi-disant

parc. C’est triste et honteux à la fois», déplore une visiteuse la voix chargée d’émotions.
Au cours de son récit nostalgique, elle ressasse ses souvenirs. «Autrefois, ce lieu était gai, plein de couleurs. Je me souviens encore des autruches qui nous émerveillaient avec leurs plumages. Mais tout a disparu aujourd’hui», se remémore-t-elle. Dans les cages, on peut voir quelques animaux tels que les singes, les serpents, la lionne, etc. Mais tous ont ce qu’on pourrait assimiler à une «mine d’enterrement». S’adressant à un proche, un touriste, venu se délecter des délices du parc, lâche : «Je pense que les animaux sont mal nourris».

Réhabilitation
Entre les pistes bitumées de ce site touristique, les élèves du primaire et du secondaire passent en revue les cages dans l’espoir de voir le «roi de la forêt». Ils ne pourront cependant pas satisfaire leur curiosité. «Il est souffrant depuis le mois de mai 2015. Il est dans sa cage», explique un stagiaire de l’école des Faunes de Mbalmayo. Les jeunes venus pour les activités organisées par le ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable en prélude à la célébration de la Journée mondiale de l’Environnement, le 5 juin prochain, baladent un regard curieux vers la cage vide indiquée. «Il est mort. On ne veut pas nous l’expliquer», murmure un élève. D’après un employé dudit lieu, le lion est trop maigre et il ne peut être présenté au public. A la question de savoir de quoi souffre le «roi de la forêt», il répond : «Certains vétérinaires parlent d’insuffisance rénale, d’autres parlent d’autre chose. Nous ne sommes pas encore fixés sur sa maladie».
Dans la salle des conférences du jardin zoologique le mercredi 3 juin dernier, un plaidoyer relatif à la relance des activités de l’Organisation pour la conservation de la faune sauvage en Afrique (Ocfsa) se fait et les attentes des visiteurs sont grandes. «Je pense qu’ils vont protéger les espèces et également réhabilité le zoo», espère un touriste.