Logements sociaux à Garoua: course contre la montre

86% de délais consommés pour 15% de travaux. L’entreprise souhaite tout mettre en œuvre pour livrer en décembre

 

Depuis l’aménagement du camp SIC de Roumde Adjia à la fin des années, la ville de Garoua n’avait plus connu de projet de construction de logements sociaux. Les 100 résidences à bâtir dans le cadre du plan d’urgence triennal, viennent donc non seulement répondre à une attente de 40 ans, mais aussi booster le développement urbain de l’arrondissement de Garoua III (Bocklé), jusqu’ici plus en retard au plan infrastructurel. D’où, la grande impatience des populations sur la conduite de ce projet, que le ministre de l’Habitat a bien comprise, en enjoignant l’entreprise Alliance, chargée de sa réalisation, de respecter les délais contractuels de livraison, en mettant à disposition des logements habitables dès décembre 2017. Pour ce faire, même si sur le site on a pu constater un niveau appréciable de l’avancement du chantier, le défi pour rattraper les retards enregistrés, est considérable.
Car jusqu’ici, les chiffres du projet au 26 mai 2017, montrent clairement un déséquilibre dans la consommation des délais. 15% d’avancement des travaux, pour 86, 39% de délais consommés, et un peu plus de 32% de paiements. Il faut dire qu’entre la notification le 15 juillet 2016 et le début effectif des travaux, bien des difficultés ont entaché le démarrage du chantier. A commencer par l’installation, rendue difficile par le fait que le site ne dispose ni d’eau, ni d’énergie électrique du fait du sous-équipement infrastructurel que connaît l’arrondissement de Garoua III. Un moratoire a ainsi été concédé à Alliance, pour tenir compte de ce problème, ainsi que des autres lenteurs administratives qui ont contribué à ce retard.
D’un montant de 5, 401 milliards de F, le projet de construction de 100 logements sociaux prévoit 5 immeubles T3 5 immeubles T4, 15 villas jumelées, 12 individuelles. En plus de ces habitations, un supermarché, des commerces de proximité, des bureaux, un centre de santé ou encore un incinérateur sont prévus.

 

L’éclairage

 

 Khaled Sabah: « Nous allons tenir le délai du 20 décembre 2017 »

Ingénieur de projet, logements sociaux Garoua

Pourquoi les travaux ont-ils connu un retard dans le démarrage ?
Le retard dans le démarrage des travaux de construction des logements sociaux à Garoua est lié à deux facteurs. Premièrement, nous avons été bloqués au départ à cause l’absence des matériaux de constructions à Garoua. Il fallait faire venir ces matériaux depuis Douala dans le Littoral. Ce sont notamment les ciments, les fers, la plomberie, etc.  Deuxièmement, nous avons été confrontés à un problème de main d’œuvre. Les ouvriers sur place n’étaient pas qualifiés, et pour en trouver, il fallait faire le déplacement à Ngaoundéré, où nous avons déjà un autre chantier.
Lors du dernier passage du Mindhu à Garoua, une date de fin des travaux a été fixée au 20 décembre prochain. Pouvez-vous tenir ce délai ?
Nous pouvons respecter ce délai dans la mesure où ce plan présenté au ministre a été conçu par nous-même. Vous savez que le délai contractuel était fixé au 15 juillet 2017, et nous ne pouvions pas tenir ce délai à cause de certaines contraintes dont nous avons parlé plus tôt. Mais à présent, nous sommes convaincus que le chantier va prendre fin à la date indiquée dans le nouveau plan, parce que nous avons fait une planification qui nous permet de respecter rigoureusement ce délai. Nous avons des contrats avec des sous-traitants, qui nous fournissent la main d’œuvre. Nous allons bientôt commencer à travailler nuit et jour pour accélérer les choses.
Quelles sont les autres difficultés qui entravent le bon déroulement des travaux ?
La principale difficulté actuellement est la main d’œuvre qui n’est pas stable. Nous avons actuellement entre 230 à 260 ouvriers qui travaillent sur le chantier. Mais il va falloir augmenter ce chiffre à 300, étant donné les besoins de délai. Heureusement que nous avons un surplus dans notre chantier de Ngaoundéré, dont les travaux tirent déjà vers la fin. Pour ce qui est du problème de l’eau et de l’électricité, nous avons trouvé la solution, avec le groupe électrogène que nous avons ramené. Même le forage actuel sur le chantier nous permet pleinement de répondre à la demande en eau. Donc tout est mis en œuvre pour que les logements sociaux de Garoua soient disponibles au plus tard  le 20 décembre 2017.