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Logements sociaux, autoroute Yaoundé-Nsimalen… Les confidences de Jean Claude Mbwentchou

Logements sociaux, autoroute Yaoundé-Nsimalen… Les confidences de Jean Claude Mbwentchou

Avant de quitter le Cameroun pour Medellin en Colombie, où il conduit la délégation camerounaise aux travaux de la septième session du Forum urbain mondial qui s’est tenu du 5 au 11 avril 2014, sous l’égide de l’Organisation des Nations-Unies pour les établissements humains, le ministre de l’Habitat et du développement urbain s’est longuement entretenu avec Le Messager. Jean Claude Mbwentchou a accepté d’apporter des éclairages sur certains points saillants de l’actualité de son ministère. Il s’agit d’un entretien formel dont nous vous donnons la synthèse.

Un rappel historique: le programme gouvernemental de construction de 10 000 logements sociaux a démarré le 23 décembre 2009 par la pose de la première pierre par le Premier ministre, sur le site d’Olembé dans la banlieue nord de la capitale. Avant de se déployer du côté de Mbanga-Bakoko à Douala. Cinq ans après, selon les chiffres avancés par le ministre de l’Habitat et du développement urbain, cette première phase a produit 1675 logements seulement. Et pour cause ? Réalisées par des petites et moyennes entreprises camerounaises, le Minhdu affirme que ces constructions ont connu d’immenses difficultés notamment au plan financier, technique et organisationnel. En clair les Pme à qui cet important projet avait été confié n’étaient toujours pas à la hauteur. «En ce moment, plus de 300 logements sont achevés à Yaoundé et à Douala. Dans les prochains jours, plus de 900 autres logements le seront. Il faut tout de même relever que le programme bute sur un problème de financements qui sera résolu par des recettes de la commercialisation des 1675 premiers logements autorisée par le chef de l’Etat», indique le Minhdu qui apporte néanmoins d’autres précisions.

30 millions Fcfa pour un logement social

«Il est vrai qu’aujourd’hui, les revenus des Camerounais ne sont pas élevés, pendant que les prix des matériaux de construction sur le marché ne cessent d’augmenter et la valeur du terrain ne fait que se renchérir. Sous le regard strict de la définition de logement social qui est tout logement pour lequel l’Etat a apporté un appui pour baisser le coût, nous pouvons affirmer que les logements construits sont sociaux. Pour preuve, les logements ont été construits à un prix moyen avoisinant les 30 millions Fcfa. Par contre, le coût de vente autorisé par le président de la République pour la commercialisation est de 175 000 Fcfa le mètre carré bâti. Le différentiel estimé d’à peu près 40% étant supporté par l’Etat».

En tout cas, beaucoup de citoyens camerounais continuent de s’interroger sur l’incapacité de l’Etat à pouvoir mettre en route des logements qui soient véritablement au niveau de leurs bourses. Surtout qu’ils ne sont pas non plus du tout protégés face à la spéculation foncière qui a cours au Cameroun. Comment donc faire face à cet état de fait ? « Il faut d’abord reconnaître que le problème de logements en général, et de logements sociaux à bas prix en particulier, ne se pose pas comme une préoccupation des seules villes camerounaises. Mais un problème propre a toutes les grandes villes du monde entier. Pour l’instant, l’Etat à travers le Minhdu a signé des memoranda d’entente avec les investisseurs étrangers pour la construction des logements en masse à des prix acceptables» a indiqué Jean Claude Mbwentchou. Le ministre de l’Habitat et du développement urbain poursuit en affirmant que le grand handicap se situe en quelque sorte au niveau oùla quasi-totalité des matières premières utilisées sont importées et vendues aux prix du marché mondial. Et qu’il reste vrai que «les constructions traditionnelles pratiquées dans nos villages ne nécessitent pas beaucoup de moyens financiers. Mais les techniques utilisées ne respectent aucune norme de construction et les matériaux restent aussi précaires. Pour ce faire, il faudrait dans un premier temps procéder à la normalisation de toutes les techniques de construction utilisées dans nos campagnes».

Autoroute Yaoundé-Nsimalen

La plus grosse polémique de ces derniers temps à Yaoundé et qui met sous pression de nombreux riverains de ce projet est relative à l’itinéraire de la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen. Gilbert Tsimi Evouna, l’actuel délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé avait proposé un itinéraire qui part de la fin du Boulevard Jean Paul II au quartier Tsinga en passant respectivement par l’Ecole supérieure de Police et le Carrefour Warda, le quartier Mvog Mbi avant de déboucher du côté du quartier Ahala. Un itinéraire qui allait inéluctablement entrainer à de vastes expropriations et des casses des immeubles constituant pour certains toute une vie d’effort dans la création de la richesse. Jean Claude Mbwentchou est formel: «Permettez-moi de relever d’entrée de jeu que le tracé de la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen a été validé le 17 décembre 2013, à l’issue de la session du Comité interministériel de pilotage de ce projet. Cette section part du point de raccordement avec la section en rase campagne au niveau du quartier Ahala, arrive au carrefour Nsam par une voie projetée excentrée du côté gauche de celle existante, traverse le carrefour des trois statuts par un autre échangeur, arrive à la Poste centrale par un échangeur, traverse « le boulevard du 20 mai », et aboutit au niveau du Carrefour Warda par un pont aérien, passe par le Nouvelle route Bastos et arrive au carrefour de la sous-préfecture de Tsinga où il se raccordera au boulevard Jean Paul II ». Ainsi est donc présenté l’itinéraire de la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen dont le Minhdu affirme être le maître d’ouvrage du projet. Sur la justification du tracé d’une autoroute en plein centre urbain, Jean Claude Mbwentchou explique qu’il s’agit d’un souci de créer une voie rapide de 2 fois 3, voies de 3,5m, afin de produire une unicité dans le projet à partir du modèle autoroute de la section rase campagne.

Au final, parlant des coupures d’eau quasi généralisée à Yaoundé, le ministre de l’Habitat et du développement urbain estime que la crise économique qu’a traversé notre pays a eu pour corollaire, l’absence des investissements pas seulement dans le secteur de l’eau, mais aussi dans le secteur qui concerne la voirie et le logement. « Avec le retour de la croissance, le gouvernement de la République a repris d’importants investissements en matière d’hydraulique urbaine. C’est dans ce cadre que s’inscrit le projet de la Mefou dont la mise en eau a eu lieu récemment. Je crois que la pénurie de départ est résorbée avec la production de 50 000 mètres cubes supplémentaires»

 

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