Littérature : l’origine du mot Cameroun enfin dévoilée

Le nom Cameroun serait d’origine arabe, selon le linguiste Assana Brahim. L’origine arabe du mot Cameroun est dévoilée dans son récent ouvrage intitulé, L’arabe du Cameroun, Entre l’histoire des mots et les mots de l’Histoire.

Longtemps considéré comme d’origine portugaise, Rio Dos Camaraoes, ou rivière de crevettes, l’ouvrage de Assana Brahim scrute les contacts lointains entre ce qui fait office de la région de l’Extrême Nord aujourd’hui et le sud du continent européen. La conséquence logique de ces contacts se traduit par les emprunts des mots de part et d’autre des communautés en présence.

L’ouvrage subdivisé en 2 grandes parties se présente sous forme d’un document d’Histoire du Cameroun, invite le lecteur à revisiter l’Histoire du Cameroun et à comprendre les enchevêtrements des différents peuples du Cameroun à travers l’arabe.

Dans la première partie constituée de 3 chapitres, l’auteur met l’accent sur la présentation de l’arabe du Cameroun pour dégager les aspects sociolinguistiques de l’arabe parlée au Cameroun comme enjeux idéologiques de l’état de contact et de conflit linguistiques ; mais également en scrutant les cas de l’emprunt de langue et de parole entre l’arabe dialectal et les langues camerounaises et africaines.

Les contacts entre les différents groupes ethniques ont conduit à considérer de nombreux termes arabes à l’instar de Kefero, kirdi, sao ou même diamaré, comme des termes Haoussa ou peuls.

La deuxième partie de l’ouvrage, elle aussi constituée de 3 chapitres permet au lecteur de redécouvrir l’arabe dans sa dimension économique, culturelle et artistique, qui fait l’objet de nombreux stéréotypes et des préjugés idéologiques.

Par l’étude de certains noms comme Hanibal, Hannon, Rabah, l’auteur parvient à la conclusion selon laquelle ces personnages ont influencé l’Histoire du Cameroun d’une manière ou d’une autre et qu’il faille considérer leurs traces comme sources antiques et ressources de l’histoire contemporaine du Cameroun.

L’auteur estime qu’il n’est nullement question de mettre de l’huile sur le feu en ce moment où le pays fait face à des remous sociaux.

’Il s’agit pour moi d’attirer l’attention de la communauté sur notre héritage commun. Nous sommes conscients que beaucoup de conflits naissent à cause de l’ignorance de notre passé, et à partir du moment où les uns et les autres maitrisent cette Histoire, on peut éviter beaucoup de choses’’.

Auteur de plusieurs publications, Assana Brahim est chargé de cours au département de Français à la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Ngaoundéré.  Publié aux éditions Ifrikiya, l’ouvrage est disponible auprès de l’auteur.

Par Jean BESANE MANGAM à Ngaoundéré | Actucameroun.com