L’ITF réclame des mesures de protection des routiers en République centrafricaine

La Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) et ses affiliés du Cameroun et de République centrafricaine ont remis aujourd’hui en mains propres aux chefs d’État de ces pays des lettres leur demandant d’agir pour assurer la protection des routiers, dont la vie est en danger.

En effet, ces dernières années, des dizaines de chauffeurs ont été blessés ou tués en République centrafricaine par des bandes armées. Au Cameroun, le syndicat des routiers a décidé de suspendre tous les trajets vers la RCA, tout en réclamant des mesures pour prévenir d’autres drames.
Malgré des appels répétés à une amélioration des mesures de protection et des convois d’escorte en République centrafricaine, les deux gouvernements restent passifs. Actuellement, 634 véhicules sont retenus à la frontière pour ne pas mettre en danger les chauffeurs ni les cargaisons.
Dans sa lettre aux présidents et premiers ministres des deux pays, le Secrétaire général de l’ITF, Steve Cotton, déclare :
Je vous écris en tant que Secrétaire général de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), qui représente 4,6 millions de travailleuses et travailleurs des transports dans le monde, pour exprimer la solidarité et le soutien de notre organisation au Syndicat National des Chauffeurs Professionnels des Transports du Cameroun (SYNCPROTCAM) dans l’action qu’il mène pour protéger la sécurité des routiers qui transportent des marchandises vers la République centrafricaine.
 
L’ITF s’inquiète grandement des risques que courent ces routiers car, selon leur syndicat, depuis 2013, 17 routiers ont été assassinés et plus de 25 ont été grièvement blessés suite à des agressions commises par des bandes armées anonymes dans le PK12 (quartier de Bangui) et à Bossemptélé, Bouar, Baoro, Baboua et Beloko, en République Centrafricaine.
 
Le SYNCPROTCAM a déjà sensibilisé à la sécurité des routiers à plusieurs occasions. Malgré cela, il semblerait que les autorités camerounaises et centrafricaines se montrent peu promptes à adopter des mesures de protection des routiers et des marchandises qu’ils transportent.
 
De ce fait, depuis le 29 juillet 2015, le SYNCPROTCAM bloque le passage de tous les camions à destination de la République centrafricaine. À l’heure actuelle, 634 camions au total sont à l’arrêt sur plusieurs sites entre Douala, le principal port du Cameroun, et Garoua-Boulaï, à la frontière avec la République centrafricaine. Le syndicat exige, entre autres, une assurance-vie pour les routiers, une limitation du nombre de camions inclus dans un convoi escorté, des contrôles des camions qui transportent des marchandises à destination de la République Centrafricaine, et la fin de l’obligation qu’ont les routiers d’embarquer des passagers.
 
L’ITF soutient pleinement l’action que mène le SYNCPROTCAM pour protéger la sécurité des routiers, et appelle donc les gouvernements du Cameroun et de République centrafricaine à agir d’urgence pour qu’un dialogue social constructif et des négociations puissent débuter de manière à résoudre les problèmes soulevés par le SYNCPROTCAM.
 
Nous croyons que seuls des efforts concertés aux plus hauts niveaux dans les deux pays, conjugués à une consultation du syndicat, sont la clé d’une solution efficace et durable.

 

ITF appeals for action to protect truckers in CAR
 
The (ITF) International Transport Workers Federation and its affiliated unions in  Cameroon and the Central African Republic (CAR) today hand-delivered letters to the heads of state of those countries asking them to act to protect truck drivers whose lives are at risk.
 
Scores of drivers have been wounded or killed in the CAR by armed gangs in the last few years, and their union in Cameroon is currently suspending all journeys into the country, while calling for measures to prevent further bloodshed.
Despite repeated pleas for better protection and escorts within the CAR, neither government has acted on the continued toll of attacks. As a result some 634 vehicles are currently being held back for the safety of their drivers and cargoes.
Writing to the presidents and prime ministers of both nations, ITF general secretary Steve Cotton stated:
I am writing to you as the general secretary of the International Transport Workers’ Federation (ITF), which represents 4.6 million transport workers around the world, to express solidarity and support for the Syndicat National des Chauffeurs Professionnels des Transports du Cameroun (SYNCPROTCAM) in their action to protect the safety of truck drivers transporting goods to the Central African Republic.
 
The ITF is seriously concerned about the safety for truck drivers as according to the union, since 2013, 17 truck drivers have been killed and more than 25 drivers have been seriously wounded following attacks by unidentified armed gangs in PK12 (the district of Bangui, Bossamtele, Bouar, Baouro, Baboua and Beloko in the Central African Republic).
SYNCPROTCAM has been raising issues linked to the safety of truck drivers on a number of occasions. However, despite several attempts to address this issue, the ITF understands that the authorities in Cameroon and the Central African Republic have been slow to find measures to ensure the safety of truck drivers and the cargoes being transported.
 
As a result, the ITF understands that since 29 July 2015, SYNCPROTCAM has taken action to block the movement of all trucks bound for the Central African Republic. Currently, a total of 634 trucks are blocked at several locations between Douala, the main port of Cameroon and Garoua-Boulaï on the border with the Central African Republic. The union is demanding, among others, provision of life insurance for truck drivers, a limit on the number of trucks included in each escorted trip, checks on trucks carrying goods for the Central African Republic, and an end to truck drivers being forced to transport passengers.
 
The ITF fully supports this action by SYNCPROTCAM to protect the safety of truck drivers and therefore calls on the governments of Cameroon and the Central African Republic to act immediately on this matter so that meaningful social dialogue and negotiations can be opened in order to address the problems being raised by SYNCPROTCAM.
 
We believe that only concerted efforts at the highest levels of both countries, together with involvement of the union, will arrive at an effective and sustainable solution.