Listes électorales: l’heure du bilan

A Elecam, le compteur affiche un peu plus de 240 000 nouveaux inscrits.

Elections Cameroon (Elecam), l’institution en charge de l’organisation et de la gestion des élections au Cameroun va fermer, ce 31 août 2015, sa saison annuelle des inscriptions sur les listes électorales. A la date-butoir, des statiques disponibles permettent quelques observations. L’objectif de 200 000 nouvelles inscriptions a été dépassé. A la date du 21 août 2015, les statistiques font état de 240 926 inscrits dont 146 842 hommes et 94 084 femmes. A ce jour, la région du Centre est celle qui a le plus d’inscrits : 47 054 personnes, suivie du Nord-Ouest : 34 231 et de l’Ouest : 33 416 inscrits. Au bas du tableau se trouve la région du Sud avec 6 525 inscrits, loin derrière la région de l’Est : 9 395 inscrits.

Sur une population-cible de près d’une dizaine de millions de personnes, 200 000 nouvelles inscriptions ne sont qu’une goutte d’eau dans la mer. Mais ce chiffre, rappelle Marie-Rose Ndzié, chef de la division de la Communication à Elecam, complète les inscrits de la refonte biométrique de 2013 qui avait enregistré plus de cinq millions d’électeurs. « On va certainement avoisiner 6 millions d’électeurs cette année. Le processus sera relancé l’an prochain et d’ici à 2018 où une échéance électorale est en vue, les chiffres pourraient grossir davantage », espère-t-elle.

L’approche genre continuera d’interpeller. Les femmes se montrent toujours peu intéressées. Les chiffres les concernant restent décevants. Mais Elecam a-t-elle des moyens pour renverser cette tendance ? « L’institution n’a pas de baguette magique. Les contingences culturelles, les lourdeurs des traditions, les mœurs anachroniques demeurent des freins pour l’épanouissement des femmes dans le sens démocratique. Elles ne disposent pas de cartes nationales d’identité exigées lors de l’inscription. Très peu comprennent l’enjeu électoral », regrette Marie-Rose Nzié. Il y a donc encore un travail à faire, pour elles et pour les autres.

Il faut encore réinventer des stratégies d’éducation pour convaincre les populations en âge de voter à accomplir ce devoir citoyen. La politique de rapprocher les inscripteurs des populations a payé. L’effort d’Elecam de décentraliser ces points d’enregistrement, de contextualiser les techniques de sensibilisation a eu des résultats encourageants.