Liquidation de la Camair : Comment l’etat du Cameroun a roulé les ex-employés

Nous sommes en 2005, lorsque les difficultés et les pertes de la défunte compagnie aérienne camerounaise (Camair), dont le chiffre d’affaires est sur une courbe décroissante donnant le tournis, sont préoccupantes.  Malgré l’arrivée de Ngamo Hamani pour essayer de sauver ce qui restait encore de ce joyau qui a fait les beaux jours du Cameroun, rien n’y est fait ; Il faut mettre la clé sous le paillasson.

Un liquidateur sera désigné, et plusieurs ex-employés envoyés à une retraite anticipée, avec l’engagement de leur reverser leurs droits. Certains croient pouvoir se reconvertir dans d’autres corps de métiers. Dix ans après, ces ex-employés continuent de vivre l’enfer sur terre. Certains sont décédés, une autre immense partie git dans une misère indescriptible, sans oublier ces cas de malades graves qui ne se comptent plus, tout comme leurs progénitures, condamnées à cesser la poursuite de leurs études.

La mauvaise foi des dirigeants.

« Il faut se rapprocher de ces sinistrés sociaux d’un autre genre, créés par l’Etat du Cameroun et ses dirigeants,  pour de rendre compte à quel point un Etat peut être le bourreau de ses propres citoyens » fulmine un ancien agent de maitrise. Seule près de la moitié de ces droits leur avait été reversée sur des calculs jugés tronqués d’un ministère des Finances qui a réussi l’exploit de fausser la base contractuelle du protocole d’accord entre ces ex-employés et le liquidateur.

Malgré la saisine des tribunaux par ces derniers qui auront gain de cause, et des lettres adressées au président Biya, resté silencieux, la justice finira par donner raison aux requérants, avec à la clé, la grosse portant la mention exécutoire pour un montant d’un milliard trois cent millions ( 1.300.000.000 frs ). Le liquidateur, qui, grâce à son bon sens, croit pouvoir aider ces oubliés de la république, propose alors de mettre en vente les biens immobiliers ( la maison du DG , évaluée à plus de 2 milliards de Fcfa , la direction générale sise à Bonadjo , et le matériel roulant) de la défunte Camair.

Le « jeu trouble » d’Alamine Mey

Il faut noter le caractère et la posture du Ministre actuel des Finances , qui malgré l’évolution de la situation du règlement de cette créance aux ex-employés de la Camair par son prédécesseur Essimi Menye, est venu détruire l ‘espoir de ces familles qui, après 10 ans de souffrances, survivent au quotidien. Pis encore, le décret N° 2006/293 du 11 septembre 2006 portant création de la Camair-co par le président Biya, précise à son article 7 que « la société Camair-co ne reprend aucun passif, ni actif de la défunte Camair ». Pourtant à l’évidence, Camair-co exploite le siège social de l’ex Camair , le matériel roulant et autres, sous le regard impuissant et sans doute complice du ministre des Finances, qui a légitimé cette violation flagrante en bloquant d’une part , la vente des passifs de la défunte Camair, et d’autre part, exploite les actifs de cette défunte Camair via Camair-co .

La question qui brûle sur toutes les lèvres d’une opinion publique désorientée par ces nombreuses situations sociales déplorables, aux odeurs nauséabondes, est de savoir comment un Etat est-il devenu insensible aux douleurs de son peuple. Il est à parier qu’il y’ait une mafia autour du règlement des droits sociaux des ex-employés de la Camair, selon, de nombreuses victimes, le plus embarrassant étant l’interdiction faite à ces ex-employés d’en parler aux médias. Voilà une fois de plus des serviteurs d’un État qu’un système a choisi d’écraser, oubliant ses devoirs régaliens.