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Lions indomptables : Le mois des longs couteaux

Lions indomptables : Le mois des longs couteaux

L’enquête prescrite par le chef de l’Etat déclenche des batailles de réseaux. Les têtes à couper sont déjà citées.

Martin Belinga Eboutou semble être irrémédiablement «l’homme de tous les dossiers» au Cameroun. Dans les lacs et entrelacs de la piètre prestation des Lions indomptables au Brésil, le nom du ministre directeur du cabinet civil apparaît, comme c’est déjà le cas dans d’autres dossiers chauds de la République.

Le Dcc, qui bénéficie d’un traitement spécial (photos et gros plans dans des positions avantageuses) dans les médias d’Etat, à chaque sortie du couple présidentiel, est «débusqué» derrière la «campagne de destabilisation» du capitaine des Lions indomptables avant et pendant la Coupe du monde 2014, au travers d’une histoire passionnelle en instruction à la Police judiciaire de Yaoundé. «Samuel Eto’o a été piégé. Le timing dans l’emballement médiatique autour de cette affaire est commandé par le Cabinet civil pour des desseins inavoués», s’indigne un informateur.

Après l’annonce de l’enquête prescrite par le chef de l’Etat pour établir les responsabilités et restructurer le football camerounais, Belinga Eboutou est dévoré dans d’autres mets. «C’est lui qui a fait nommer Joseph Owona à la tête du comité de normalisation pour ensuite le téléguider. C’est lui qui a poussé Iya Mohammed a défié l’autorité de l’Etat, avant de l’abandonner à son triste sort. C’est lui qui a envenimé certaines crises entre la fédération et des joueurs. Il a donc une grande responsabilité dans la décrépitude du football camerounais», ajoute un connaisseur des milieux du football camerounais.

Mollement rejetées par des proches du Dcc, ces accusations n’ont pas achevé leur folle course au sein d’une opinion publique, toujours aussi avide de sensations. En réalité, à peine Paul Biya a-t-il toussé au sujet de la débâcle des Lions au Brésil que le Cameroun tout entier s’est enrhumé.

Le procès public est d’ores et déjà ouvert et les responsables du fiasco sont désignés pour la lapidation. Le Premier ministre, Philemon Yang, qui a validé la délégation pléthorique qui s’est rendue au Brésil, est mis «dos au mur». Considérés comme des «fauteurs de troubles», Joseph Owona et Adoum Garoua, qui se sont empressés d’annoncer, avant le président de la République, des «évaluations» de la participation du Cameroun au mondial brésilien sont «désavoués». Philippe Mbarga Mboa, ministre chargé de mission à la présidence de la République, présenté comme le «conseiller chargé du football» auprès du Sg/Pr est également «devant la barre». Au banc des accusés du collège populaire de juges,  qui n’instruit qu’à charge, le capitaine des Lions et le sélectionneur national ne sont pas moins cités.

Sérail

A l’observation, les différents camps, dont les leaders ont été invités par la présidence à renoncer au «déballage», s’affrontent déjà par seconds couteaux interposés. Les principaux baromètres de ces joutes, qui ne prendront fin que lorsque les décisions du chef de l’Etat (après dépôt du rapport du Pm) seront prises et rendues publiques, sont la presse et les plateaux de débat radio et télé. Va pour les revirements spectaculaires !

Dans le sérail, ça bouillonne également ! Des réseaux se constituent pour intégrer ou contrôler la commission de travail placée sous la coordination du Premier ministre. «Il y a des proches collaborateurs du président de la République qui sont sur le qui-vive. Après un rapport de la Conac, du Consupe ou de la Chambre des comptes ou lorsque le président annonce la reprise ou l’intensification de l’opération Epervier, des réseaux s’activent pour neutraliser ou contrôler l’action du chef de l’Etat. Paul Biya aurait dû les prendre de court. 30 jours, c’est suffisant pour le faire échouer à nouveau», explique un familier du sérail.

Pour lui, le délai de 30 jours permet également à ces lieutenants du chef de l’Etat de repousser l’échéance du remaniement ministériel sine die. Il n’empêche, le 25 juillet, date-limite du dépôt du travail de la commission Yang, est certes lointain, mais pas moins proche.

 

 

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