Leucémie, lymphomes et maladies immunitaires: une prise en charge plus efficace

Une rencontre scientifique organisée au CIRCB en vue d’améliorer le diagnostic de ces maladies s’est achevée vendredi à Yaoundé.

Améliorer les diagnostics de la leucémie, des cancers du système lymphatique appelés lymphomes et des maladies immunitaires. C’est le défi que s’est fixé le Centre international de référence Chantal Biya (CIRCB) au cours d’une rencontre scientifique réunissant des experts venus de France, de Suisse et du Maroc du 25 au 27 octobre dernier au siège de cette institution. Au cours des travaux ayant pour cible médecins, biologistes, techniciens de laboratoire, il a été question de dresser un état des lieux de la prise en charge de ces maladies au Cameroun. Bien qu’effectif, le suivi des patients exige l’apport d’une nouvelle technique pas très répandue au Cameroun. D’où le choix porté sur la cytométrie en flux. Il s’agit d’une technique permettant de faire défiler des particules, des molécules ou des cellules à grande vitesse dans le faisceau d’un laser, en les comptant et en les caractérisant. Ceci parce que les cytomètres sont disponibles dans les laboratoires de référence au Cameroun à l’instar du Centre Pasteur et du CIRCB. En plus des analyses des CD4 et CD8, ces institutions pourraient en même temps être utiles aux diagnostics des leucémies, lymphomes et des déficits immunitaires primitifs au Cameroun.

Pour le Pr. Paul Ndom, oncologue, bien que la prise en charge des leucémies soit une réalité au Cameroun, quelques difficultés persistent. « Les médicaments que l’on prescrit aux malades ne sont pas toujours disponibles. La prise en charge d’une leucémie exige un protocole de trois ou quatre médicaments et s’il manque un seul au malade, il a des problèmes. Le suivi des malades demande des examens qui ont un coût», explique-t-il.

Le CIRCB, centre de référence spécialisé dans la recherche du VIH, par cet atelier, reste dans sa logique : celle de mener des recherches spécialisées pour venir à bout du Vih/sida et des maladies opportunistes qui surviennent à la suite d’une infection. « A côté  des recherches spécifiques sur la prévention, la prise en charge des malades, nous sommes tenus d’accompagner aussi la prise en charge et le diagnostic de ces maladies. C’est notre façon d’apporter notre appui à cette for mation. Il ne suffit pas de faire des recherches, mais de donner les résultats et de les mettre au profit des prescripteurs pour que les malades soient traités de la meilleure façon», a conclu le Pr. Alexis Ndjolo, directeur du CIRCB.

 

Réactions

« Nous avons mis l’accent sur une nouvelle technique »

Dr Sylvie Moudourou, responsable de l’atelier-CIRCB.

« Nous avons mis l’accent sur une nouvelle technique que nous souhaitons répandre en raison de sa disponibilité dans les laboratoires spécialisés de référence. C’est pourquoi l’amélioration de cette prise en charge devrait commencer dans ces laboratoires. Ceci parce que ce processus exige un plateau technique assez complet, un personnel qualifié. Le Centre Pasteur du Cameroun et le CIRCB disposent déjà de cytomètres pour faire ces analyses et à la longue, on pourra voir comment l’étendre en périphérie. »

 

« On a développé des méthodes de diagnostic plus modernes »

Pr. Thomas Matthes, formateur, hôpitaux universitaires de Genève.

« Le diagnostic de la leucémie pendant des décennies depuis la découverte du microscope consistait à regarder les cellules au microscope et puis à les identifier de par la morphologie. Maintenant, on s’est rendu compte que cette technique est insuffisante pour faire un diagnostic précis. Et on a développé des méthodes plus modernes avec des appareils qui analysent en quelques secondes des milliers de cellules et qui disent si ces cellules sont normales ou non. Cette méthode appelée cytométrie en flux, est une technique qu’on aimerait aussi développer au Cameroun ».

 

« Cette rencontre permettra de changer les protocoles de traitement »

Pr. Paul Ndom, oncologue, modérateur.

« Cette rencontre permet de nous mettre ensemble pour suivre les différents problèmes rencontrés dans la prise en charge des malades. Il s’agit de discuter avec les laboratoires afin qu’ils comprennent ce que les techniciens veulent exactement. Ceci permettra non seulement de changer les protocoles de traitement mais aussi de savoir si on peut appliquer ce qui se passe à l’étranger chez nous. Cette adaptation de protocole justifie l’intérêt de cette rencontre parce que les lymphomes on peut les guérir. Puisque 90 % de ces malades sont vivant à l’étranger après les meilleurs protocoles. Nous aimerions nous rapprocher de ce chiffre pour guérir nos malades. »