Lettre ouverte au GROUPE SOCIAL DU 30 dans le cadre de la lutte contre toutes les formesde discrimination au Cameroun

Lettre ouverte au GROUPE SOCIAL DU 30 dans le cadre de la lutte contre toutes les formesde discrimination au Cameroun

Messieurs leurs Excellences, Majestés, Honorables, Présidents de conseils d’administration, Directeurs généraux, Directeurs, Officiers supérieurs, Patrons, Personnalités importantes et influentes, tous membres du Groupe Social du 30.La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination, en abrégé COMICODI, organisation non gouvernementale crée sous la forme associative conformément à la loi du 19 décembre 1990 relative aux associations, à l’avantage de venir à vous. Nous sommes une organisation active vouée à la promotion des idéaux nobles de protection et de promotion de l’éthique démocratique, citoyenne et républicaine.

La bonne gouvernance et la justice sociale, dont le corollaire direct est le bannissement de la corruption et de la discrimination sous toutes leurs formes, constituent le socle de notre vocation.

La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination qui suit l’ensemble de vos activités avec une précieuse attention depuis une dizaine d’années, est heureuse de vous adresser ses sincères et fraternelles félicitations pour la mutation lente, positive et porteuse de multiples espoirs, que le Groupe social du 30 a connu depuis sa création. D’une fratrie de randonnées festives et gastronomiques ostentatoires, vous avez décidé de vous déporter sur le terrain social pour embrasser quelques préoccupations quotidiennes des populations, en multipliant des dons salvatrices et des réalisations infrastructurelles durables capitales.

La Commission vous félicite particulièrement pour votre haute sensibilité nationaliste et patriotique, qui s’est vérifiée par votre contribution éloquente aux efforts d’assistance des populations de l’extrême nord quand celle-ci était noyée sous les eaux. C’était un tout petit geste, mais c’était un grand message à tout le pays, aux gens qui nous regardent de l’étranger, sur l’avancement de la conscience nationale au Cameroun, une conscience nationale qui ne connait aucune barrière tribale, religieuse, ethnoculturelle, sectaire ou régionaliste.

La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination, tirant les leçons de cet engagement, de cette conscience nationale avérée et de cette détermination vôtre à oeuvrer pour le développement du Cameroun dans toutes ses composantes, s’est convaincue de s’adresser respectueusement mais ouvertement au GROUPE. Nous venons en effet, solliciter votre entremise, votre intervention, son médiation auprès de qui de droit, aux fins de réparation par tous les moyens politiques et administratifs possibles, d’une des plus grossières discriminations jamais observées en République du Cameroun depuis l’indépendance en 1960.

En effet subissant la pression et les nombreuses menaces des inspecteurs des impôts, tous les commerçants du grand marché de Bafoussam, ont décidé au mois mars 2014, de fermer leurs boutiques en signe de protestation. Très peu de compatriotes ont compris ce qui se passait réellement, et très peu de journalistes ont cherché à connaître le fond de la colère de ces gens qui se remettent dans l’esprit de villes mortes, au moment où la vie est dur, et où manquer un seul jour de recettes est synonyme d’échouer à une tontine avec toutes les conséquences et la honte que l’on connait dans la coutume.

La Commission indépendante contre la corruption révèle solennellement à propos au Groupe social d 30, que tout récemment, douze chefs de centre régionaux et treize receveurs régionaux des impôts ont été nommés. Dans cette liste de vingt cinq hauts cadres des finances de la République, il ne figure aucun Bamiléké. Ces nominations sont pourtant passés par tous les visas nécessaires, et ont été régulièrement publiés dans le quotidien gouvernemental « Cameroon Tribune ». SCANDALEUX.

La Commission attire l’attention du Groupe du 30, sur le fait que les hauts fonctionnaires ainsi nommés, sont ceux-là même qui aux quatre coins du pays, décident de fermer les entreprises ou de les les rouvrir à guise, d’apposer des scellés à volonté, de taxer et de détaxer, de fixer des montants de redressement des impôts et des abattements subséquents. Ce sont eux le coeur, le moteur, le tournant, le soleil et la pluie des milliers de petits commerçants et de milliers de PME. Les Bamilékés y sont de moins en moins, et pour cause, ils sortent de moins en moins de l’ENAM, parce qu’ils y sont aussi de moins en moins admis. A titre d’exemple, dans la promotion de l’année 2000, il y avait cent admis dans cette spécialité, et seulement quatre Bamilékés, pendant que l’EST pour ne citer que cette région, avait 12 admis. Où sont passés les fameux 13%?
IL s’agit d’une situation des plus graves qui ne saurait perdurer car mettant en danger notre cohésion et notre unité nationales, notre expression collective en tant que nation, et notre ambition à construire un pays débarrassé de la discrimination, de la tricherie et de la fainéantise, ensembles de maux que le chef de l’Etat a si courageusement déploré et dénoncé lors de son message à la nation le 31 décembre 2013.

La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination vient à vous, auprès de vous, auprès du GROUPE SOCIAL du 30, pour demander son assistance, son secours. Il est urgent voire crucial, d’éveiller l’attention des plus hautes autorités du pays sur cette affaire, parce que c’est bien une affaire grave, très et même trop grave. Il est impératif que cette faute soit réparée sinon nous courrons le risque d’un rejet des inspecteurs des impôts comme le message circulait à Bafoussam. Des gens qui ne se reconnaissent pas dans des agents de l’Etat, parce qu’ils n’y voient aucun de leur fils nanti de pouvoirs réels sur le terrain, se demandent légitimement si ce corps d’Etat n’est pas monté expressément pour tuer leurs affaires, les ruiner, les casser, fermer leurs boutiques et sociétés.

Ce n’est un secret pour personne, que le groupe du 30, réunit une partie appréciable ce que l’élite politique, commerçante, traditionnelle, intellectuelle, industrielle et morale Bamiléké a de plus précieux, de plus alerte, de plus actif, de plus ambitieux et de plus créateur. Vous disposez de l’influence, des moyens, des entrées, des adresses et de la sagesse nécessaires pour vous faire entendre, pour proposer, pour partager, mais aussi pour corriger et rectifier. On ne peut pas, on ne saurait, nommer vingt cinq hauts responsables des impôts du pays, sans y inclure un seul Bamiléké. Ce n’est pas normal et vous devez exploiter toutes les voies de dialogue que le chef de l’Etat a si bien ouvert partout, pour demander que cette nomination soit purement et simplement annulée.

La Commission note, que le ministre des finances, qui a fait la plus belle partie de sa carrière, et au plus haut niveau, et s’est révélé au pays et à l’attention du Chef de l’Etat d’abord dans une institution bancaire dynamique e authentiquement nationale que l’on dit à tort ou raison Bamiléké, n’a pas pu apposer sa signature au bas d’une telle proposition de nominations, et n’a pas pu l’envoyer au premier ministre. Nous en doutons raisonnablement.

La Commission croit avec intelligence, que le premier ministre n’a pas pu signer le décret de ces nominations en toute lucidité, conscient de la volonté et de l’ambition du chef de l’Etat de mettre fin au tribalisme et de chasser la discrimination.

La Commission rappelle au GROUPE SOCIAL DU 30, qu’il a atteint un niveau de visibilité, d’exposition et d’influence positives, qui font qu’il devra répondre devant l’histoire, de sa contribution dans les efforts en vue d’éradiquer la discrimination, d’éclairer, de conseiller et d’aider le plus haut dirigeant du pays, pour éviter des pièges comme ces nominations.

La Commission recommande vivement au GROUPE, de dépasser effectivement l’aire géographique de son terroir privilégié de la région de l’Ouest, pour engager plus d’actions de développement durables dans les autres régions du pays, notamment celles les plus défavorisées en infrastructures élémentaires. Il est possible avec la constellation de milliardaires du GROUPE, de faire don chaque année, d’au moins une école primaire à cycle complet avec six salles de classes, un bloc administratif et un bloc de toilettes soit dans l’extrême nord, soit dans le sud profond, ou encore dans l’Est abandonné. Un centre de santé, des puits d’eau, à Mouloundou, à Tokombéré, à Vangan, à Kambé, à Yoko, font partie des programmations qui renforceraient cette exaltante expansion visionnaire, non discriminatoire et nationaliste, dont les secours aux populations de l’extrême nord victimes des inondations, magnifient la symbolique.

Enfin, s’étant érigé bon gré mal gré, en parfaite institution de la société civile composite, riche, très riche et solidaire, le Groupe social du 30 méritera la considération et le respect objectifs de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination ainsi que toutes les bonnes âmes qui aiment et prient pour notre pays, pour autant qu’elle se fera audible, rassurante et présente. Cette exigence d’assurance et de présence, c’est lorsqu’il faut comme dans le cas des nominations discriminatoires des vingt cinq hauts responsables des impôts et de la finance du pays, éveiller positivement l’attention des décideurs politiques, pour des réparations et éventuellement des mesures correctives. PLUS JAMAIS UNE TELLE BAVURE, faudrait-il dire.

Feu Monseigneur Jean ZOA, Archevêque de Yaoundé, traitait ce genre de bavure, comme un « manque de jugement », et disait toujours ceci: « pardonnez le lui, mon frère, parce qu’il a simplement manqué de jugement. Mais dites-lui la vérité, faites-lui savoir qu’il a manqué de jugement et qu’il ne devrait plus jamais faire une telle chose ».

Dans cette attente, la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination assure au GROUPE DU 30 collectivement et à chacun de ses membres individuellement, sa haute  et fraternelle considération citoyenne./.

Fait à Yaoundé, le 02 Avril 2014

Le Président de la Commission
SHANDA  TONME
Médiateur universel

 

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