Les résultats des classes scientifiques et techniques inquiètent…

Les experts de la recherche scientifique et technique interpellent davantage sur la situation de baisse de niveau criarde chez les élèves des classes scientifiques et techniques.

 

Ils ont ainsi, au travers de la récompense du « Concours Jeunes sciences », primé les meilleurs lauréats de la région du Littoral. Ce ? malgré, les résultats qui sont en baisse considérable dans les différents Lycées et Collèges.

I- Les élèves des classes scientifiques primés à Douala

LES LYCÉES DE «Bepanda», Bilingue de «Bonabéri», les collèges de la «Conquête», «Pascal Tchouia Kamga» et «Saint Herbert de Souza» ont été primés à Douala. Ils ont ainsi participé à la 10ème édition du «Concours Jeunes Sciences». Parmi la cinquantaine de Lycées et Collèges à avoir pris part à cette compétition pour le compte de l’année scolaire 2014-2015, seulement quatre ont été primés. Au regard du nombre des lauréats, l’on peut comprendre aisément la problématique de la baisse de niveau dans les classes scientifiques. La Fondation Pierre Crouigneau au travers de ce concept veut revaloriser les matières scientifiques et techniques qui se meurent à petit feu dans nos différents établissements scolaires publics et privés. Les examens officiels des séries scientifiques et techniques de l’année 2014-2015 ont présenté des résultats en baisse considérable.

De plus en plus, l’état des lieux inquiète les experts de la recherche scientifique et technique à travers la Fondation Pierre Crouigneau. Ils sont montés au créneau, pour interpeler l’opinion sur la situation de baisse de niveau criarde au Cameroun. Un état des lieux qui, au fil des années, se détériore de plus en plus sous le regard indifférent des différentes composantes. Au cours de la cérémonie de remise de récompenses, la présidente du jury, Dr Florence Tobo Lobé n’a pas caché son mécontentement.

Malgré le fait que les meilleurs élèves des classes scientifiques des différents établissements scolaires aient été primés, il n’en demeure pas moins que la situation soit alarmante. Pour cette 10ème édition, malheureusement, le jury a été confronté à un sérieux problème, celui de la baisse de niveau criarde pour les candidats des classes scientifiques et technique. Le courroux des experts s’est fait ressenti. Ils sont ainsi interpellés au travers de leurs allocutions sur les matières scientifiques et techniques qui se meurent à petit feu sans que personne ne soit interpellé au quotidien. « Il n’est plus question de regarder sans rien faire. C’est le leitmotiv de la Fondation Pierre Crouigneau qui milite tous les jours pour voir les choses changer. Il faut dire que, même les résultats aux examens officiels ne sont pas épargnés dans ce processus.

Quand on sait que, parfois au vu de la lecture des résultats, les séries dites scientifiques, brillent le plus souvent pas un taux de réussite dérisoire », a-t-on noté au cours des échanges. A la suite : « Et même que, certaines sessions d’examens officiels attribuent la mention «néant» aux résultats desdites séries. Au regard de ce qui précède, les experts de la recherche scientifique et technique décrient cet état de choses et en appellent à une prise de conscience collective ».

II- Le mécontentement des experts…

CEPENDANT, les experts de la recherche scientifique et technique n’ont pas caché leur mécontentent au regard des résultats médiocres des différents résultats officiels. Dans l’une de nos précédentes éditions, la présidente du jury du «Concours Jeunes Sciences», Mme Florence Tobo Lobé, décriait déjà cet état des lieux. Entre mécontentement, courroux et colère, elle a interpellé toutes les composantes. «La baisse de niveau est décriée tous les jours. Année après année, les évaluations montrent qu’il y a quatre composantes qui pourraient contribuer à ce que les choses s’améliorent.  D’abord les parents, puisque les enfants sont mineurs en général dans les classes de première et de terminale scientifiques. Ils doivent soutenir et encourager les enfants», a-t-elle affirmé. Elle poursuit : «Deuxièmement, les enfants eux-mêmes, doivent avoir des motivations à vouloir faire quelque chose de leurs vies et avoir des rêves. Ils doivent être équipés des outils qui leur permettent de réaliser leurs rêves. Ceci en utilisant des connaissances qui ne soient pas seulement des concepts abstraits pour eux, mais qui sont en même temps des matérialisations des choses qui leur permettent de comprendre leurs environnements pour pouvoir agir».

À ces deux entités viennent se greffer deux autres composantes importantes. «Il y a la partie la plus essentielle, les enseignants. Les professeurs, alors que hier encore étaient le phare de la société, au jour d’aujourd’hui, ils sont considérés comme des laissés pour compte. Il n’y a pas une formation continue qui leur permette d’évaluer et de réévaluer leurs propres connaissances, la manière d’enseigner et d’être vraiment comme des gens qui sont dans un sacerdoce. L’éducation et l’enseignement, c’est un sacerdoce», pourvoit-t-elle. Avant de poursuivre : «Il faut aimer et vouloir partager ses connaissances. Il faut aimer ces enfants et se dire que nous participons à la construction de demain. Les enfants d’aujourd’hui sont notre futur. Enfin, il faudrait que les institutions, notamment, les ministères en charge de l’éducation, le gouvernement réévaluent la manière d’enseigner. Il ne faut pas seulement apprendre par coeur des choses qui n’ont aucune empreinte sur notre société. Que ce ne soit pas seulement la matérialisation d’un cours et des exercices dont on a appris le libellé et dont on le reproduit fidèlement et que demain, on vous fasse repasser le même exercice, vous êtes complètement perdus ».

L’indispensable réexamen de l’école

Pour les experts de la recherche scientifique et technique, il faut une bonne orientation. Celle-ci passe par l’acquisition des connaissances. Lesquelles peuvent permettre à nos enfants d’être de véritables vecteurs de changements de notre pays. Le plus important étant d’agir et d’arrêter de parler de la même chose tous les jours. «Nous avons constaté une fois de plus qu’à la vue des résultats du Concours « Jeunes Sciences » ceux-ci sont très en baisse.  Raison pour laquelle, nous voulons examiner d’abord c’est quoi l’école d’aujourd’hui ? Savoir d’où nous partons ? Comment était l’école avant ? Comment elle était à l’époque de la colonisation et comment elle est aujourd’hui ? Les classes scientifiques ne sortent pas du néant. Elles font partie d’un système», soutiennent-t-ils. Tous comptes faits, il faut définir l’école, les objectifs, les stratégies, réexaminer les résultats, voir la qualité des enseignants et même des contenus scolaires.

C’est de tout cela que doivent débattre au quotidien les quatre composantes. Cela permettra de participer à trouver ensemble quelque chose qui va essayer de changer la donne. Il faut que chacun dans son contexte agisse pour que les choses changent. Même si, nous notons de nos jours : des effectifs pléthoriques, les enfants qui ne savent pas pourquoi ils vont à l’école. Il faut se dire que des efforts s’imposent à tous les niveaux de l’éducation.

III- La surcharge des programmes scolaires mise à l’index

Toutefois, pour les élèves des classes scientifiques et techniques, il y a beaucoup d’efforts à fournir pour voir les résultats s’améliorer au fur et à mesure. Même s’ils déplorent le fait que les programmes scolaires semblent très surchargés. Au delà des matières scientifiques et techniques rudes, ils sont obligés de creuser leurs méninges face à d’autres cours en trop. Un état des lieux qui ne favorise pas une bonne qualité des résultats dans les différents Lycées et Collèges. Ils n’ont pas caché cet aspect des choses au cours de nos échanges. « Je suis content d’avoir reçu un prix. Je sais que j’ai des efforts à fournir tous les jours. Il n’est pas facile de choisir les matières scientifiques et techniques.

Il faut beaucoup de concentration et de sérieux. Nous disons à nos camarades d’aimer ce qu’ils font et de se dire nous sommes capables de faire mieux tous les jours », souligne un des lauréats. Avant de poursuivre : « nous avons des camarades qui se disent que faire les séries scientifiques ou techniques est facile. Nous pensons que ce sont des bosseurs qui se retrouvent dans ces classes. Il ne faut donc pas se jeter dans le mimétisme. Ou alors se dire, je vais là-bas parce que je ne sais pas où je vais aller. C’est une grosse erreur ».

A côté de lui, Mireille est élève en classe de terminale D. « le problème avec les classes scientifiques par exemple est que nous avons des matières de base : la science, la physique, la chimie et les mathématiques qui ne sont pas faciles à gérer dans un premier temps. En plus, nous avons d’autres matières. Je pense que les programmes scolaires sont très surchargés pour rien. Il faut non seulement être concentré d’abord pour nos matières de base. Nous avons trop d’efforts à fournir pour rien. Et cela décourage parfois les élèves », fustige-t-elle. Elle poursuit : « les élèves sont aussi interpellés. Nous devons faire des efforts pour que les resultats s’améliorent. Mais, c’est avec le temps que les choses vont changer ».

Un avis que semblent partager la plupart des élèves rencontrés dans les rues, les artères et les quartiers de la capitale économique. « Nous avons constaté la baisse de niveau. Je suis par exemple confronté à un sérieux problème en mathématiques. Mais, je fais des efforts pour améliorer cela tous les jours. Je crois que les séries scientifiques ne doivent pas toujours être très surchargées. Nous avons trop de matières. Il faut alléger les programmes pour que nous puissions nous concentrer davantage », soutient Armel. Au regard de ce qui précède, le mal est profond. « Nous sommes obligés de le dire. Il faut que tout le monde prenne conscience de ce qui se passe au quotidien. Les élèves, les enseignants, les parents et toute la société. C’est une question d’ensemble. Raison pour laquelle, les experts ont décidé de se faire entendre », conclut le jury.