Les réseaux de Femmes maires qui divisent

C’est par médias interposés que deux regroupements affichent leur rivalité.

Deux femmes maires, présidentes de deux associations des élues locales du Cameroun multiplient, ces jours-ci, de sorties par médias interposés. Ces sorties médiatiques ont des allures de conflits. La situation est d’autant plus embarrassante que la cible visée n’est pas numériquement importante. Car les femmes titulaires de mairie et celles adjointes aux maires ne sont qu’une poignée dans les 360 communes au Cameroun. Mais n’empêche, les deux réseaux se proposent de travailler pour leurs intérêts. D’un côté Célestine Ketcha Courtès avec son REFELA-CAM (réseau des femmes élues locales d’Afrique, section du Cameroun), de l’autre Yvette Claudine Ngono Etoundi qui tient les rênes du REFEMAC (réseau des femmes maires du Cameroun). Lorsque cette dernière parle de l’autre, elle cache mal son exaspération. Elle se dit outrée par sa « tricherie ». Célestine Ketcha Courtès, elle, montre plus de retenue mais avoue sa déception face à une espèce de trahison.

Même si le ressentiment est évident des deux côtés, aucune des deux maires n’avoue le conflit à proprement parlé. Le maire de Bangangté dit être simplement surprise de la tenue la semaine dernière de l’assemblée générale d’une association de femmes maires et adjointes aux maires du Cameroun alors qu’il existe une autre qui regroupe les femmes titulaires de commune. Yvette Claudine Ngono de Yaoundé V estime que le réseau du maire de Bangangté doit regrouper à la fois les sénatrices, les députés et les associations et que pour cela son bureau doit refléter toutes les composantes de sa cible. Célestine Ketcha Courtès se défend et rappelle que les sénatrices, les députées et les leaders d’associations ne sont guère des élues locales.

Ici et là, les objectifs se rejoignent dans les deux associations : « échanges d’expériences pour une meilleure intégration des femmes à la gestion des communes, le renforcement de leur influence et de leur capacité, la consolidation du leadership, l’implication au processus de la lutte contre l’insécurité, la prise en compte de l’approche genre dans la planification et la budgétisation nationale », énumère Ketcha Courtès. A cela s’ajoutent la participation effective au processus de la décentralisation, la valorisation de l’élue locale, le renforcement des capacités, etc., selon Ngono Etoundi». Des objectifs nobles mais le problème demeure le choix de la personne à impulser ces valeurs, la locomotive qui doit tirer les autres. Et là chacune veut montrer ou démontrer son poids politique. D’où la discorde. Dans cette bataille, il est probable que l’enjeu financier ne soit pas des moindres. Or qui a l’argent a le pouvoir ! Pour participer à la réunion de Paris, le REFELA-CAM a dû bénéficier du soutien de l’AIMF au niveau mondial. Le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a dû mettre la main à la pâte. De son côté, Yvette Claudine Ngono affirme avoir sollicité des appuis des sponsors pour organiser son assemblée générale. L’accès au financement est un capital de crédit. Ceci peut expliquer cela.