Les relations publiques africaines face au défi de Boko Haram, Al-Qaeda ou des Shebab

Yaoundé, la capitale du Cameroun, accueille depuis ce 12 mai la 27ème conférence annuelle de l’Association africaine des relations publiques (The African Public Relations Association- APRA). C’est le rendez-vous continental des professionnels du marketing et de la communication. L’organisation de l’évènement a été confiée à l’agence Icon Burson-Marsteller, basée au Cameroun, membre du réseau de Burson-Marsteller Africa qui a son siège à Johannesburg en Afrique du Sud.

Les travaux de Yaoundé, qui s’achèvent ce 13 mai, se déroulent sous le thème « Africa Trending : Contemporary Challenges, Opportunities and Crisis Management » (Afrique d’aujourd’hui : défis contemporains, les opportunités dans la réputation et la gestion des crises). « Ce thème rappelle l’actualité africaine marquée par les massacres causées par Boko Haram, Al Qaeda au Maghreb islamique et les Shebab ou encore les attaques xénophobes en Afrique du Sud. Ce sont autant de situations sur lesquelles l’Afrique doit communiquer si elle veut corriger la mauvaise image d’elle véhiculée à travers les médias occidentaux », note le Nigérian Yomi Badejo-Okusanya, secrétaire général de l’APRA. Il rappelle alors le rôle qui revient aux relations publiques dans une Afrique qui a besoin de dire au monde entier qu’elle aussi enregistre des progrès quotidiens dans la vie de sa population, que ses talents éclosent.

L’APRA demeure à la quête du défi qu’elle s’était fixée à sa création en 1975, à savoir donner une perception positive de l’Afrique. Pour y parvenir, des préalables s’imposent encore aujourd’hui. Les gouvernements doivent guérir de leur carence en relations publiques, et intégrer ce volet dans leurs actions. Il faut dès lors dépasser les discours pieux sur la nécessité de changer l’image négative du continent, et poser des actions.

Agir c’est également aider les relations publiques à se structurer en tant que secteur d’activités, ont reconnu les participants dès l’entame des débats. En effet, dans bien de pays, la profession de relationniste n’est pas reconnue et il n’existe pas un code de conduite, ni même une association de professionnels comme c’est le cas au Cameroun.

La porte est ainsi ouverte à toutes sortes de dérives, surtout que de nombreux aventuriers arrivent dans le métier. « Il n’existe pas un profil clairement défini du professionnel des relations publiques, comme celui de l’avocat par exemple. On devient relationniste lorsqu’on n’a rien à faire ou lorsqu’on est belle femme », se désole le président de l’APRA, Peter Mutie.

L’autre problème à résoudre est l’absence des recherches, pense Yomi Badejo-Okusanya : « Les recherches nous permettent d’être proactif et d’anticiper sur les crises afin d’engager des communications efficaces le cas échéant. Or, nos pays semblent toujours surpris pas les évènements qui arrivent, ils réagissent après coup, parfois de manière maladroite. »