Les mairies exigent près 10% du budget de l’Etat

Ces fonds serviront à booster la décentralisation avec des retombées certaines sur la vie des populations à la base.

Dans un souci de renforcer l’autonomie financière des Collectivités territoriales décentralisées (CTD), les mairies du Cameroun exigent qu’il leur soit versé chaque année une somme correspondant à 9,72% de l’enveloppe budgétaire globale de l’Etat. C’est pour pallier le retard observé dans le transfert des ressources aux CTD que cette sollicitation a été adressée en 2011, mais quatre ans après il n’en est toujours rien. Le gouvernement semble faire la sourde oreille.
Pourtant, cette année-là, Emile Andze Andze, maire de la commune d’arrondissement de Yaoundé 1er et président national des Communes et villes unies du Cameroun (CVUC), a été très explicite à ce propos, en rappelant cette proposition adoptée par le Comité interministériel des services locaux, à l’ouverture du colloque sur le financement de la décentralisation qui s’était tenu dans la capitale camerounaise.
«Depuis 2010 jusqu’à nos jours, les ressources financières transférées apparaissent largement insuffisantes et sont en baisse constante, alors que les compétences transférées augmentent. Les dotations de l’Etat représentent, en moyenne, moins de 1% du budget de l’Etat, dont une partie n’est d’ailleurs pas versée », avait-t-il déploré.

En dénonçant aussi vertement ces incongruités de la décentralisation, le président de CVUC rejoint bon nombre de Camerounais pour qui ce processus semble se résumer à une simple vue d’esprit ou, mieux, dévoile une administration du territoire qui tarde à se mettre réellement en œuvre. «La dotation générale de la décentralisation tarde à être effective, en ce qui concerne la quote-part destinée aux collectivités territoriales, elle n’a pas été versée en 2010, et parvenu au terme de l’exercice 2011, nous sommes en droit de nous interroger sur la concrétisation de son versement. Le montant affecté en 2012 diminue de nouveau, les modalités de son estimation demeurent inconnues», s’inquiétait alors Emile Andze Andze.
Selon un maire, cette dotation est d’autant plus nécessaire que les recettes issues de la fiscalité locale concernent davantage les communes des zones urbaines abritant des entreprises. www.237online.com
Selon Thomas Obiegni, maire de la commune de Ndikinimeki et président de l’Association des communes forestières du Cameroun (Acfcam), il est important de doter les communes d’autres sources de financement, puisque la plupart dépendent de la manne financière issue de la Redevance forestière annuelle (RFA), dont la proportion de 10% réservée aux communautés riveraines vient de leur être retirée. «La RFA constitue l’essentiel des recettes budgétaires de certaines communes. Il faut donc trouver les moyens de réaliser les projets communautaires pour compenser la perte de leur quote-part sur la RFA. L’un des moyens possibles pour y parvenir est justement l’augmentation substantielle de la dotation budgétaire allouée aux CTD», suggère-t-il.
Il est donc reconnu que le succès de la décentralisation passe par une augmentation dans les proportions raisonnables de la dotation générale de la décentralisation. A en croire les exécutifs municipaux, à qui on peut aussi trouver nombre de griefs sur la gestion actuelle des communes, une dotation qui va plafonner à 9,72% du budget de l’Etat devrait pouvoir booster ce processus qui a des retombées certaines sur la vie des populations à la base.