Les kamikazes sont à Yaoundé

Après leur arrestation il y a quelques jours à Maroua, deux hommes, deux femmes et 13 autres suspects sont en garde à vue dans la capitale.
Pour besoin d’enquête. C’est pour ce motif que les quatre présumés kamikazes arrêtés à Maroua ont été conduits à Yaoundé, il y a quelques jours, à bord d’un avion de l’armée camerounaise. Ces individus, qui sont accusés d’avoir tenté de se faire exploser à Maroua il y a quelques jours, ont été conduits à Yaoundé, à la demande du ministre de la Défense, Edgar Alain Mebe Ngo’o. C’est une source militaire qui nous a révélé cette information, en ajoutant que la présidence de la République a une oreille attentive sur toutes les révélations que pourraient faire les personnes arrêtées.

A en croire notre source, ces kamikazes présumés sont en garde à vue à la Sécurité militaire (Sémil) ou au Secrétariat d’Etat à la Défense. En plus des quatre kamikazes dont a parlé Issa Tchiroma, le porte-parole du gouvernement, 13 autres suspects ont aussi été conduits à Yaoundé, en provenance de l’Extrême-Nord. « Nous les tenons et nous allons essayer de tirer tout ce que nous pourrons d’eux. Chaque jour, nous essayons de les faire parler, afin d’en savoir un peu plus sur les commanditaires des attentats qui ont frappé le Cameroun et afin de prévenir quelque velléité que ce soit », nous a dit notre source. Notre informateur, qui est proche du ministre de la Défense, nous a néanmoins fait savoir que lesdits détenus sont très difficiles à « cuisiner », du fait du profond endoctrinement qu’ils ont subi de la part de leurs « gourous ».

Il nous apprend, par exemple, que les détenus n’obéissent à aucune injonction et ne se laissent pas faire. « Je vous prends un exemple : quand on les questionne, ils ne parlent pas, ou alors, quand ils parlent, ils vous disent des choses qui n’ont rien à voir avec les questions qui leur sont posées », nous dit l’homme, qui dit être étonné par l’âge de certains de ces candidats présumés au suicide. Il est donc clair que l’Etat du Cameroun ne lésine sur aucun moyen pour venir à bout de cet ennemi qu’est Boko Haram. D’ailleurs, les propos d’Issa Tchiroma, il y a quelques jours au cours d’une conférence de presse ne font que confirmer les informations que nous avons puisées au ministère de la Défense.

La semaine dernière, le ministre de la Communication confirmait, en effet, l’arrestation de quatre présumés terroristes dans le camp des réfugiés nigérians de Minawao. « Au camp des réfugiés de Minawao, quatre suspects Boko Haram ont été interpellés et sont en exploitation », a déclaré le porte-parole du gouvernement camerounais. Reste à savoir si ces personnes finiront par livrer quelques informations précieuses à l’armée camerounaise, qui, au quotidien, lutte pour le bien des populations camerounaises.