Les gouverneurs font le point des mesures sécuritaires

Face au nouveau mode opératoire de Boko Haram, les patrons des dix régions, en conclave à Yaoundé, réfléchissent depuis hier sur une riposte adaptée.

Le sujet sur la sécurité des personnes et des biens est revenu à l’ordre du jour de la conférence semestrielle des gouverneurs des régions qui s’est ouverte hier à Yaoundé. Cette question avait déjà alimenté les échanges lors des dernières assises en décembre 2014. Et on comprend ! L’ennemi Boko Haram a multiplié les attaques et a même changé de mode opératoire. Face à ce nouveau défi, des ripostes appropriées doivent être opposées aux assauts. C’est tout naturellement que le thème des assises porte sur : « Autorités administratives et nouveaux défis sécuritaires ».

L’institution préfectorale est la première autorité de terrain à gérer l’équation Boko Haram. René Emmanuel Sadi, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation ( Minatd), en ouvrant les travaux, a d’ailleurs salué la gestion de cette crise par cette institution. La menace a pris de nouvelles formes, plus furtives et plus cyniques. Le phénomène des bombes humaines est désormais la menace identifiée, obligeant les forces engagées dans le combat à ajuster leurs stratégies, tant dans la prévention que dans la répression.

Pendant les trois jours que dure cette conférence, les patrons des dix régions mettront ensemble leurs intelligences et leurs expériences pour trouver des méthodes d’intervention et de réplique conséquentes. Les défis sont réels. Mais les résultats déjà enregistrés engagent davantage les pouvoirs publics à rester maîtres de la situation. René Emmanuel Sadi a prescrit vigilance, fermeté et détermination à ses collaborateurs pour venir à bout de la barbarie de l’ennemi. Hommage a été rendu aux forces de défense et de sécurité, pour leur bravoure et leur sens du sacrifice. La solidarité et le patriotisme des Camerounais d’ici et de la diaspora ont été relevés et salués, eux qui ne cessent de prouver leur unité et de manifester leur générosité pour anéantir Boko Haram.

Le Cameroun ne lutte pas seul. A ses côtés, comme derrière lui, des pays amis : le Tchad, le Nigeria, la France et d’autres alliés se sont manifestés. Leur secours et leur soutien augurent d’autres actions vigoureuses qui, sans doute, pousseront la nébuleuse secte dans son dernier retranchement. Tel est l’espoir du Minatd. Mais René Sadi reste convaincu que l’institution préfectorale demeure le chef d’orchestre dans la mobilisation des énergies dans les différentes circonscriptions administratives. Des échanges qui animeront les débats, sortiront des mesures idoines et concertées à la hauteur de la rage de vaincre. Pour que le Cameroun demeure débout.