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Les filles. Des bombes !

Les filles. Des bombes !

En janvier dernier, Guibai Gatama, Directeur de publication de l’Oeil du Sahel, nous en donnait l’information. Une femme, membre de Boko Haram, avait alors été interpellée à Maroua,région de l’Extrême-Nord par des éléments du Bataillon d’intervention rapide (Bir), après une longue traque.

Des prémisses. La secte posait les jalons d’une mutation radicale de son mode opératoire. Dans l’étau des forces camerounaises et du corps expéditionnaire tchadien, étourdie par la soudaine réaction de l’armée nigériane, elle active désormais ses bombes humaines : hier des hommes emmitouflés dans des burqas, aujourd’hui deux jeunes filles percluses dans la mendicité.

Après les tourments de Fotokol, lendemains des attentats inédits de N’djamena au Tchad, les mesures ont été tout aussi radicales : interdiction du voile, prohibition de la burqa, expulsions de ressortissants étrangers, fouilles corporelles des fidèles musulmans avant la prière de la fête du ramadan…

A l’épouvante, on répond par l’émotion sécuritaire ! Dans le cas de Maroua, faut-il alors songer à interdire la mendicité ? A l’évidence, le choix des autorités administratives peut se justifier par des nécessités pratiques : dissuader les membres de la secte tentés par la dissimulation, endiguer les signes incarnés de l’extrémisme, contenir l’expansion des attributs essentiels.

Mais il est urgent d’imaginer de nouvelles approches. Boko Haram est revenu aux fondamentaux de la guerre asymétrique. Elle décline ses attaques, en conjuguant une puissance de feu certes contenue avec courage et efficacité sur le terrain par les armées camerounaises et tchadiennes avec une prolifération des attentats.

Elle a changé, dans le sillage de son allégeance à l’Etat Islamique alias Daech, ses modes de communication et adapté son mode opératoire. Objectif : remobiliser ses partisans, démontrer une capacité de résistance, envoyer un signal à ses soutiens extérieurs, renforcer sa légitimité. Les gains espérés sont classiques allant du financement à l’équipement en armes.

Les mesures des autorités locales ( gouverneurs, préfets, sous-préfets ) rassurent, exercent un effet psychologique certain, mais doivent s’arrimer à cette nouvelle dimension. Elle ne peuvent découler que d’une stratégie aussi concertée et au plus haut niveau que celle qui a présidé au redéploiement des forces camerounaises et de la coalition sur le terrain.

Elles passent par l’activation des conseils nationaux de sécurité pour la coordination des renseignements, la systématisation des cellules de crise, la mise en place d’opérations structurées dans les grandes villes, les points stratégiques et des zones ciblées, les garanties de discrétion aux populations dans le travail de collaboration et une nouvelle cartographie de la menace.

A l’épouvante, il faut désormais répondre par l’imagination et l’organisation.

 

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