Les femmes veulent plus de places dans la Diplomatie

Le vœu a été formulé mardi à Yaoundé, lors d’un symposium ouvert au Minrex.

Elles ont commencé en 1976 avec une seule, Joséphine Fotso, première femme admise à l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric) cette année-là. Quatre décennies plus tard, elles sont plus de 300 diplomates, sorties de cet établissement et employées au ministère des Relations extérieures (Minrex). L’association Dynamique des femmes de la diplomatie camerounaise (Dyfedcam) parle de « montée en puissance de la femme dans la diplomatie ». Témoin privilégié de ce processus, le Pr Pierre Moukoko Mbonjo, enseignant à l’Iric depuis 1986, aujourd’hui ministre des Relations extérieures. En sa qualité d’employeur de ce personnel, il estime que «cette montée en puissance est à la fois quantitative et qualitative ».

Hier au Minrex, à l’ouverture du symposium scientifique consacré à la place de la femme dans le corps de la diplomatie, il a fallu mettre un léger bémol à cette célébration. Dans les services centraux à Yaoundé, si on a 50% de femmes directeurs, il n’y a qu’une seule femme sous-directeur ou assimilée soit 12%. Chez les chefs de service et assimilés, elles représentent à peine 40%. Dans les services extérieurs, le Minrex lui-même a reconnu que « parce qu’il n’y a pas eu des mouvements depuis », la femme est restée presque absente à divers niveaux de responsabilités (deuxième secrétaire, premier secrétaire, conseiller, premier conseiller ou ministre conseiller). D’ailleurs, elles ne représentent que 4,16%  des ambassadeurs du Cameroun.

D’où le plaidoyer d’Edith Ondoua Ateba, présidente en exercice de la Dyfedcam pour que le ministre Moukoko Mbonjo soit leur porte-parole auprès du chef de l’Etat. D’abord pour le remercier de la haute confiance accordée à certaines diplomates femmes et afin que cette valorisation continue. La présidente de la Dyfedcam est convaincue des capacités des femmes à pouvoir effectivement œuvrer au rayonnement de l’image du Cameroun à travers ce métier. «  La diplomatie camerounaise se fera désormais avec la femme ou ne se fera pas », a-t-elle lancé.