Les femmes traînent le pas à s’inscrire sur les listes électorales

Les inscriptions de la semaine dernière à Elecam affichent 206.000 inscrits dont seulement 80.000 femmes.

En lançant en janvier dernier, la révision des listes électorales pour le compte de l’année 2015, un des objectifs de Elections Cameroon (Elecam) était d’inscrire plus de femmes. En témoignent, les affiches de sensibilisation. Sur une annonce, on lit : « Je suis une femme citoyenne, je m’inscris sur les listes électorales. Faites comme moi ». Sur l’autre, une jeune dame brandit fièrement sa carte électorale. D’autres affiches d’Elecam présentent la femme tantôt demandeuse de service, tantôt prestataire du service d’inscription. C’est dire combien l’institution la plaçait au centre du processus. L’objectif est-il atteint à deux semaines de la fin de l’opération ? On ne peut pas encore tirer les leçons, mais des indices existent qui donnent quelques clés de lecture.

La semaine dernière, Elecam a comptabilisé un peu plus de 206.000 nouvelles inscriptions dont 126.000 hommes et seulement 80.000 femmes. La semaine d’avant, près de 119 000 hommes s’étaient enregistrés contre 76 000 femmes. En considérant ces deux données, on constate, non sans étonnement, que l’engouement féminin n’est pas à son top niveau. Toutefois, les inscripteurs confient que les femmes d’un âge mûr sont plus intéressées que les jeunes filles, la vingtaine entamée. Certaines pensent que la carte électorale confère des avantages (le recrutement par exemple), beaucoup ne perçoivent pas l’utilité du vote, n’ayant d’ailleurs jamais accompli ce devoir citoyen.

Pourtant, les enjeux sont grands, les mêmes pour les messieurs et pour les dames : faire valoir son suffrage dans le choix des élus. Il y a mieux : des vocations peuvent naître du jeu électoral et pousser les électrices d’aujourd’hui à être des élues de  demain. Dans tous les cas, il faut au préalable avoir été inscrit sur une liste électorale.

Les partis politiques, la société civile et d’autres partenaires d’Elecam s’impliquent dans l’éducation de la femme à développer le reflexe de la participation au jeu politique. Des stratégies ont été mises sur pied pour l’intéresser davantage. Les élites facilitent l’établissement des cartes d’identité, élément indispensable pour les inscriptions et dont les coûts peuvent anéantir la volonté. Les équipes mobiles rapprochent les inscripteurs des populations, le porte à porte permet de lever les équivoques, la présentation des réussites féminines au parlement et dans les conseils municipaux sont autant d’astuces utilisées pour accrocher l’engouement des femmes.