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LES FAMILLES DE PLUSIEURS ENFANTS DISPARUS ONT PERDU LE SOMMEIL

LES FAMILLES DE PLUSIEURS ENFANTS DISPARUS ONT PERDU LE SOMMEIL

ELLE S’APPELLE Zena Bou Ali, c’est une femme assez corpulente au teint noir, mais au regard sombre que l’on a aperçue à l’esplanade des locaux qui abritent le Cameroon People’s Party à Douala. Elle était vêtue d’un pagne noué autour de ses reins avec un haut assorti au bas, tenant dans ses bras un gamin d’un an à peine. La mine morose, la dame a perdu en date du 9 juillet 2014 sa fille aînée.

La nommée Hadiza Youssoufou était âgée de deux ans et demi lorsqu’elle a disparu au lieu dit Briqueterie à Yaoundé. Sa maman raconte : « je vis à Bitam au Gabon et je suis arrivée au Cameroun avec ma première fille pour rendre visite à mes parents résidant eu lieu dit Briqueterie à Yaoundé. Le 4 juillet de l’année en cours, j’ai accouché d’un garçon (le bébé que je porte en ce moment) et je suis tombée malade par la suite». Quelques jours plus tard, le 9 juillet, « ma fille était dans la cour proche de la maison de mes géniteurs en train de jouer avec les autres du même âge. Grande a été ma surprise que des heures après, le même jour sur le coup de 14h, j’appelle la petite. En vain. Les voisins ont fouillé de fond en comble le quartier. Sans succès. Jusqu’à ce jour, mon bébé est introuvable et mon mari resté au Gabon, désespéré, me demande de retourner d’ici fin novembre 2014».

Zena Bou Ali pleure et avoue n’être pas, en état, sur le plan moral capable de rentrer au Gabon. Elle était loin de se douter que le Cameroun était devenu « un pays de source où on vole les enfants pour les envoyer dans les autres pays. Je suis perdue », s’exclame la jeune maman la quarantaine approchée.

Elle n’est pas la seule avec qui nous avons échangé. Le sieur Mota Abdoulaye, une autre victime déclare : « j’habite à Tsinga Elobi, une localité située derrière l’Hôtel des Princes à Yaoundé. Ma fille Alimatou Saadia a été enlevée à un an onze mois le 17 novembre 2013 laissant un grand vide dans le coeur de sa famille. Je prie et garde espoir que je la retrouverai lorsque le Tout-Puissant aura voulu ».

Sa détresse est la même que celle de Lawali Hamza, riverain du même quartier: « Souleman Lawali, ainsi s’appelait mon fils qui m’a été pris le 5 mai 2014 alors qu’il venait de célébrer son troisième anniversaire. Je compte les jours et l’espoir semble désormais me manquer.

Je ne sais pas si je retrouverai un jour mon gamin. Je vous assure, il vaut mieux savoir que sa progéniture est décédée, avoir son cadavre à vue d’oeil, faire le deuil et tourner la page, au lieu de vivre dans l’incertitude.

Le chagrin est alors plus dévorant ». Nous n’oublierons pas le cas Kiléba. Cette dernière qui attend toujours de retrouver Etoa Michel aujourd’hui âgé de 19 ans et Sannal Winnie Fergie, une fillette de 17 ans. Deux de ses enfants qui lui ont été enlevés jadis. La douleur reste très vive dans les coeurs de tous ces géniteurs et génitrices à qui nous avons donné la parole.

 

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