Les aventures de Faka Bilumba: Voyages officiels et officieux d’un chef d’Etat français dans ses colonies

Il y a des voyages officiels présidentiels médiatisés, mais aussi des voyages officieux. C’est justement parce que ces derniers sont officieux que vous n’êtes jamais au courant de qui a vu qui, où, quand et pourquoi.

On vous a parlé du dernier voyage, de la dernière tournée du chef d’Etat français dans ses colonies et possessions africaines, le Dahomey et le Kamerun, sans oublier cet eldorado convoité sur lequel il a des visées de supercherie, pardon, de colonisation…économique: l’Angola. Mais ce qu’on ne vous a pas dit, c’est les rencontres secrètes avec les futurs chefs d’Etats africains. Comme d’habitude, j’étais là et je me fais et devoir, moi FAKA BILUMBA, de vous révéler ce qu’on ne vous a pas dit.

«Je vous remercie d’avoir accepté de me rencontrer en secret, car notre rencontre est déterminante pour l’avenir économique de mon pays la France. Nos gouvernements dans le passé n’ont jamais hésité à collaborer avec les futurs dirigeants de votre continent si riche, qu’il nous arrive parfois d’anticiper, de soutenir et de porter au pouvoir par des élections truquées, des bidonnages constitutionnels (avec l’aide de nos conseillers toxiques) des instigations aux guerres tribales, la liste de nos forfaits à ce niveau est longue, oui, nous pouvons et devons vous porter au pouvoir. Mais on me dit que vous, la jeune génération, ne voulez plus manger de notre pain républicain à l’africaine. Alors, parlons !»

«Je vais vous dire que nous avons accepté de vous rencontrer pour faire une bonne et belle mise au point avec vous. Vous souffrez, Monsieur le Président, ainsi que votre peuple, d’une grave maladie culturelle: le réflexe colonial. Vous et les vôtres êtes tellement imbus de votre supériorité que ce vice, vous l’entretenez et l’enseignez à vos enfants. J’en veux pour preuve votre condescendance avec les deux présidents francophones que vous venez de rencontrer. Le protocole et la bienséance vous interdisent les attitudes de mépris que vous avez eues avec les Présidents du Kamerun et du Dahomey. Faites-vous repasser les images, et vous verrez que votre attitude méprisante rappelle un peu celle du discours de Sarko à Dakar. On comprendrait peut être un peu en tenant compte que ces deux présidents continuent à jouer aux gouverneurs coloniaux, avec ce folklore d’accueil soit disant à l’africaine. Vous ne vous êtes jamais déplacé dans un seul de vos aéroports pour accueillir un seul de vos collègues africains. Heureusement qu’en Angola ils ont envoyé un ministre vous accueillir.»

«Ne te fatigue pas cher ami avec ces salamaleks d’un autre temps. Monsieur Le Président, nous avons accepté de vous rencontrer pour vous dire quelles seront très bientôt quelques-unes des nouvelles règles de nos relations:
Nous convoquerons bientôt une conférence générale afin de rétablir le vrai sens des dettes: ce que vous nous devez dans les vols et pillages coloniaux et que vous aller payer comme vous avez fait payer Haïti… vous serez plus mal que la Grèce en ce moment!
L’exploitation des matières premières africaines sera revue à la hausse, au juste prix, et il sera exigé que toutes les transformations se fassent en Afrique. Donc vous allez devoir délocaliser vos usines chez nous afin de tout transformer chez nous. Si vous refusez, nous ferons un appel d’offre aux pays émergents, et la Chine n’attend que ça. Bois, cacao, café uranium, pétrole, fer or diamants… tout sera transformé chez nous.
Le franc CFA n’existera plus, et il se tiendra un procès qui évaluera le montant de tout ce qui a été volé en col blanc par cette invention perfide.
Nous exigerons une place au conseil de sécurité de l’ONU afin de jouir aussi de ce fameux droit de veto et de briser les monopoles des puissances. Nous, producteurs d’uranium, aurons notre mot à dire dans son emploi et ses fins, puisqu’il sera traité chez nous.»

Vous comprendrez chers lecteurs que je ne puis vous livrer les noms de ces futurs chefs d’Etats africains car, si la France négocie avec eux, ils sont un danger pour les pouvoirs africains en place.