Les artistes Camerounais font le procès de la gestion du droit d’auteur a Douala

A l’initiative de Ndedi Eyango, Ils étaient presque tous là. Les artistes, musiciens et chanteurs de toutes les générations. C’était sans doute pour exorciser définitivement la gestion du droit d’auteur hantée depuis des années par les démons de la division et la mafia. Au cours de la réunion de concertation, de réflexion, et d’information sur la situation actuelle de l’art musical au Cameroun.

D’emblée, le ton a été donné par Ndedi Eyango, dur, Les mots drus, le constat alarmant  « Nous sommes divisés, nous nous battons les une contre les autres, les protagonistes de la mafia ont réussi à instaurer la haine parmi nous. A cause des intérêts égoïstes, les intriques et la manipulation, les insultes publiques sont devenues notre lot quotidien » Il n’en fallait pas plus pour assister à une levée de bouclier. A son tour, le parolier Ottou Marcellin s’est  insurgé contre « le groupe de bandits organisés qui bouffent l’argent des artistes depuis 10 ans » constitué de fonctionnaires véreux, d’artistes voyous et de journalistes malhonnêtes.

Du coup, la salle s’est transformée en prétoire ou chaque artiste a déversé sa bile pour que, comme le dit Papillon « l’artiste qui est devenu un asticot » et qui vit à la lisière de la pauvreté soit remis dans ses droit. Aladji Touré a exprimé son ras-le-bol face à ceux que Mbarga Soukouss qualifie d’ « imposteurs et de voleurs à col blanc venus tuer les artistes » par la gestion calamiteuse de leurs droits. C’était chaud ! Heureusement que Moni Bilé venu tout droit de Paris était là pour prôner « le vivre ensemble » qui doit désormais sous tendre la vie des artistes. Un nouveau départ que Nkotti François a prophétisé dans «  la paix parce que la paix n’a pas de prix »

Au secours Mr le premier ministre !

L’objectif de la rencontre de Douala était de rassembler, d’apaiser et de réconcilier les uns et les autres pour, selon Ndedi Eyango penser le devenir les droits d’auteur pour que rien ne soit plus comme avant. C’est-à-dire trouver une solution à cet épineux problème à l’instar de la signature du protocole d’accord CMC/SOCAM ; deux sociétés de gestion du droit d’auteur qui pour l’une représente la légalité l’autre la légitimité. La rencontre de Douala sonne t elle le début de la normalisation ? Rien n’est moins sur. Surtout que, en face la partie concurrente fourbie des armes pour se maintenir et garder la tête hors de l’eau. Au demeurant, Cette situation de mauvaise gestion du droit d’auteur pour préoccupante qu’elle soit n’a pas laissé le plus haut de l’Etat indifférent.

Le chef de l’Etat s’est saisi du dossier qu’il a instruit au Premier ministre. Apres l’annulation par le premier ministre de la Socacim, une société « clandestine » de gestion du droit d’auteur créée avec la bénédiction du ministre de la culture, les regards des artistes regroupés à Douala sont tournés vers la primature ou un comité ad hoc a été crée. Leur souhait, c’est que les résolutions de ce comité viennent définitivement fin au problème de gestion du droit d’auteur. En attendant, quand tout ira mieux, OTTOU Marcellin de décolère pas « Ceux qui volent notre argent vont se retrouver tranquillement en taule ».