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Les acteurs principaux de la longue crise

Les acteurs principaux de la longue crise

On avait pensé les querelles à la Fédération Camerounaise de Football définitivement terminées avec l’élection le 28 septembre 2015 de Tombi A Roko Sidiki comme nouveau président. C’était sans compter avec la pugnacité des contestataires.

Joseph Antoine Bell, Abdouraman Hamadou et Emmanuel Nloga, en faveur de qui, la Chambre de conciliation et d’arbitrage a rendu la décision le 12 novembre, annulant une fois encore l’entièreté du processus électoral. Une décision qui a provoqué l’ire du Ministre des sports, Bidoung Kpwatt qui a signé quelques jours plus tard un communiqué pour balayer du revers de la main la décision de la Cca. Les contestataires ont aussitôt réagi via un autre communiqué pour dire qu’ils entendent faire respecter la décision de la Cca. C’est dans ce contexte que La Nouvelle Expression du 26 novembre 2015, a choisi de recenser les acteurs principaux de cette crise qui est rendu aujourd’hui à son 29è mois. Cameroon-Info.Net choisit de vous présenter les plus importants.

Abdouraman Hamadou: La rébellion de l’ange chassé du ciel

Il se présente comme le martyr d’une guerre contre l’imposture qui a fait son lit dans le football camerounais. Victorieux de plusieurs procès contre Joseph Owona et consorts, pour faire reprendre le processus électoral sous la Normalisation, Abdouraman Hamadou est le symbole de l’audace. Mais une audace devenue exacerbant. Lui qui a refusé de s’acoquiner avec ses adversaires, jadis amis d’un clan dont il a participé à fabriquer une âme de rebelle, avant d’être poussé à la démission.

Alioum Alhadji: Silence, on moissonne

Après plusieurs mois de va-et-vient entre le TAS et la CCA, Alioum Alhadji se la joue discret depuis son retour au sein du Comité d’urgence de la Fécafoot. Son objectif a été atteint. Que demander de plus ? Et si ses alliances avec Abdouraman Hamadou et compagnie ont été un sacré poids pour son retour, le premier vice-président de l’instance du football camerounais devrait surtout remercier Louis Paul Motaze, ex secrétaire général des services du premier ministre qui l’a imposé dans la liste du candidat vainqueur, Tombi a Roko. Parce qu’ayant épousé la nièce du sénateur Alioum, interprètent certains acteurs. L’heure est à la «moisson».

Bidoung Kpwatt: Juge de l’arbitraire

Le retour de Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt au Ministère des Sports et de l’Education Physique à la faveur du remaniement ministériel du 2 octobre dernier était aussi stratégique qu’opportun. Il est arrivé dans un contexte de crise aigue à la Fécafoot, avec comme principal défi de ramener la paix dans la maison, empreinte à d’interminables secousses depuis plus de deux ans. Il y est parvenu couci-couça en tranchant en faveur de Tombi à Roko Sidiki dont l’élection avait été annulée au préalable par la Cca.

Bell Joseph Antoine : L’inusable contestataire

Les échéances se suivent et se ressemblent pour Joseph Antoine Bell depuis 20 ans qu’il est à la conquête de la Fécafoot. Et même si le meilleur gardien africain du 20ème siècle a évolué d’un cran en essayant de constituer un dossier à peu près normal, et de camper sur le contentieux, il reste que l’homme de l’éternel recommencement continue de se concentrer sur les aspects superflus de son sujet: la quête d’un processus entièrement sain, dépourvu de toute impureté. Dans un environnement où la famille du football, à l’échelle mondiale, est en quête d’une image moins sale.

David Mayébi: La force tranquille

Lors de la présentation lundi dernier de la signature de contrats de partenariat entre la Fécafoot et des Communes pour le construction de stades à gazon synthétique, David Mayébi était celui qui entraînait l’assistance à applaudir après chaque phrase forte de Tombi a Roko. Premier à acclamer à chaque fois, le président du Synafoc constitue l’un des visages les plus influents de l’équipe dirigeante actuelle de la Fécafoot. Fidèle à son attitude tempérée, calme mais pourtant imposant de par son charisme et son allure, David Mayébi pourrait finalement s’avérer être un force importante au sein du Comité exécutif.

Essomba Eyenga : Au nom du consensus et du nombrilisme

Il est clair que si les autorités n’avaient pas imposé le consensus aux acteurs, Antoine De Padoue Essomba Eyenga, comme bien d’autres contestataires d’hier seraient restés hors de la maison. Au nom du consensus et de ses intérêts retrouvés, la brebis égarée a réintégré le troupeau en tant que simple membre dans le nouvel  exécutif, avec un prestige au rabais car, dans l’exécutif de 2009, il y occupait le poste de vice-président. Il est des frondeurs qui ont plombé le déroulement du processus, puisqu’il est l’un des artisans de la victoire au Tribunal arbitral du sport de la sentence du 19 février 2015 ayant remis le travail de la normalisation en question.

Emvoutou Marlène: Envoutée par les affaires

Difficile d’évoquer le processus électoral finissant de la Fécafoot sans se souvenir de cette folle nuit du 19 juin 2013. Alors qu’Iya Mohammed se faisait élire depuis une cellule du Secrétariat d’Etat à la Défense (Sed), celle qui demeurait unique candidat acceptable auprès des électeurs, en raison du désaveu servi à Begheni Ndeh, empoignait Pierre Batamack à qui elle réclamait le remboursement de «son argent». Du fric déboursé pour acheter des partisans du président sortant.

Fotso Njitap Geremi : Petit poucet entré par le toit

L’ancien  Lion indomptable est le plus jeune du comité exécutif, tombé dans la «mangeoire» comme un cheveu dans la soupe. On ne l’avait pas vu venir, même au plus fort du consensus. Mais son mentor, David Mayebi, a décidé de le jeter dans l’arène sous le couvert du Syndicat national des footballeurs camerounais (Synafoc). C’est par la Ligue régionale de l’Ouest que Njitap est entré dans la maison après moult conciliabules avec les pro-Tombi, qui ont dû consentir à des sacrifices à l’Ouest au nom du consensus pour lui préparer un fauteuil à l’instance fédérale.

Garoua Adoum: Laxisme maladif

Si tout dépendait d’Adoum Garoua, les acteurs de la crise à la Fécafoot seraient abandonnés à eux-mêmes. L’ancien ministre des sports et de l’éducation physique (Minsep) n’a pas joué pleinement son rôle de régulateur. Lui qui a interrompu le processus le 26 mars 2013 dès les premiers signes du conflit, avant de reprendre son stylo pour inviter la Fécafoot à relancer son processus et «le tenir informé» le 10 avril. La tutelle refera plusieurs fois le même rétropédalage. Avant de sombrer dans un sommeil profond pendant que les parties se battent au propre comme au figuré.

Hamad Kalkaba Malboum: Hier noir, aujourd’hui blanc

Sa sortie sur les ondes du Poste National le soir de l’annulation des statuts de la Fécafoot (le 1er octobre 2015) par la Chambre de conciliation d’arbitrage -lorsqu’il adoubait Tombi a Roko- a surpris tout le monde. Peu de temps après, il donnait son onction au président de la Fécafoot au cours d’une visite dans ses bureaux du Comité national olympique. Or, tout le monde se souvient que Kalkaba Malboum a été pendant près de deux ans de crise, l’un des bourreaux de la Fécafoot. Ses prises de positions ont souvent été virulentes vis-à-vis du régime laissé par Mohammed Iya. Comme quoi, tout le monde peut changer.

Iya Mohammed: L’acteur de l’ombre

C’est à n’en point douter un personnage clé resté dans l’ombre de ce cachot où il s’est retrouvé au tout début de ce processus électoral. Au-delà des deux titres de champion d’Afrique remporté par le Cameroun sous son règne, 15 ans après son arrivée dans la maison du football de Tsinga, le tout puissant patron du football au pays de Roger Milla a cristallisé tout l’échec du ballon rond. Et a payé de sa liberté son intrépidité face à toute tentative de le déloger par la force de la contestation populaire. Mais Iya Mohmmed a joué, parfois sans agir réellement et par des artifices divers, un rôle clé dans cette élection.

John Begheni Ndeh: Guerrier versatile sans arme

A quoi joue l’ex premier vice-président de la Fécafoot ? Il a beaucoup fait parler de lui ces derniers jours pour ses sorties dans les médias sur des tons aussi divers que variés. John Begheni Ndeh s’est distingué par sa versatilité dans les derniers rebondissements.

Konaté Alim: Fidèle jusqu’au bout

S’il y en a un qui est resté attaché aux valeurs et prescriptions de Mohammed Iya à la Fécafoot, c’est bien Konaté Alim. L’ex patron de l’instance du football camerounais a dit non au retour de ses «ennemis» aux affaires, et le président de la ligue régionale de football du Nord l’a suivi.

Owona Joseph: Le médecin incompétent

Le professeur Owona Joseph était chargé de relire et réécrire les textes, gérer les affaires courantes et organiser des élections à la Fécafoot. Mais s’il est parti après plusieurs tentatives d’organisation d’élections contestées, l’ex président du Comité de normalisation a laissé des textes toujours querellés.

Tombi a Roko: A l’épreuve des «balles»

Pour devenir président de la Fécafoot, Tombi a dû faire des sacrifices, comme accepter des alliances avec ses anciens meilleurs amis devenus pires ennemis, et enfin amis. Parce qu’il se sent le devoir et l’obligation de sauver le soldat football? Possible. Mais il y a toujours des opposants et des mécontents. Pourtant, il n’a rien caché à l’opinion: ni son jeu, ni ses intentions, ni ses frustrations. Il cherche une solution capable de satisfaire la majorité. Le Premier ministre l’a approuvé et le Ministre des sports l’a reconfirmé en le légitimant malgré l’annulation du processus électoral par la CCA. Depuis, l’homme poursuit son mandat.

Yang Philémon: Stimulateur du consensus à problème

Le Premier ministre a opté pour des arrangements autour de Tombi à Roko, et des réunions se sont multipliées dans ses services sous la houlette de l’ex Sgpm Louis Paul Motazé.

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