LE TEMPS BÉNI DES HÉRITIERS

LE TEMPS BÉNI DES HÉRITIERS

On lui avait promis des pierres, chemin faisant elle rencontre le feu et la haine. Il lui faudra plus que de beaux discours pour exorciser l’inculture et l’arriération des esprits  entretenus par des mains expertes pour  vassaliser  les populations du Nord. Pourra-t-elle sortir de cet état de fait ? On se le demande. Le courage en politique est bien  d’aller là où les autres ont peur se rendre mais à quel prix ? Ce n’est pas Aminatou  qui fait problème, mais sa présence met le problème à jour en l’amplifiant. Toucher la blessure fait mal et enrage de colère. On peut-on encore récupérer ceux qui ne croient plus en rien, ces déshérités  de la vie sociale, motos taxi et vagabonds  à qui on fait porter des bidons  d’essences pour couper les routes. Tous ces  abîmés au Tramol qui comme des zombis fonctionnent  avec l’illusion d’un faux courage, d’une force artificielle médicamentée aux excès toxicomaniaques.

Le nord file un mauvais coton. Aminatou Ahidjo pourra-t-elle  faire entendre la voix de la concorde et trouver sa place  dans le débat politique en cours  rien n’est moins sûr que ça.  Dans son  premier discours aux militants de Garoua lundi 16 septembre, elle nous apprend ceci. « Une grande partie de l’histoire du Cameroun se trouve dans cette salle, par la présence physique ou par le souvenir. Car, nombreux parmi vous ou vos proches sont ceux qui, du Cameroun des origines au Cameroun de ce jour, ont, avec abnégation et au milieu des turbulences parfois très fortes, ont bâti, pierre après pierre, le Cameroun, cette nation bénie… (Puis, après elle nous dit) « Agir autrement, serait manquer à mon devoir de reconnaissance envers le Président National Paul Biya, Chef de l’Etat, grâce à qui je m’exprime devant vous aujourd’hui et à qui je voudrais, avant toute chose, rendre un hommage mérité ». On se demande pourquoi un Franck Biya continuerait à s’interdire lui aussi la gestion de l’héritage politique de son père.

On s’imagine aisément l’accueil que peut lui offrir  la grande famille du parti  majoritaire et les rampes de lancement qui seraient construites sur mesure pour le propulser au firmament  des responsabilités majeures. On ne sait pas ce qui se passe dans la tête de cet héritier, FRANCK REVIENS TU AS PEUR DE QUOI ? Ce qui est certain c’est que l’audace d’Aminatou va faire soit  des émules soit des définitivement refroidis. On entendait très peu parler de Fréderic Augustin Mpeck Kodock qui fait sa première sortie médiatique  en pleine période électorale dans les colonnes du journal le Jour. Il rappelle d’abord qu’il est bel et bien là. C’est  lui l’héritier  à qui on refuse l’accès à la jouissance des biens  que lui a laissé son père,  sous scellés depuis deux  ans y compris son compte bancaire personnel au solde enviable de 13 millions de franc. Tout donnant l’air de ne pas y toucher, le fils de l’ancien Secrétaire Général de l’UPC dit savoir que certains voient d’un mauvais œil la Fondation qu’il a créé au nom de son père, une astuce qui cacherait une nouvelle branche du parti  historique. Il  fustige au passage tous ceux qui hier mangeaient dans la main de son père et  qui aujourd’hui, traînent sa mémoire dans dans la boue.

Seul le Président Paul Biya peut débloquer mon  problème, déclare-t-il, assurant que son père s’était rendu auprès du Président Biya avant sa mort pour s’assurer que sa descendance, ne souffrirait pas  après lui.  Fréderic Augustin  l’héritier se fend d’une déclaration qui ne l’aidera certainement pas à voir le bout du tunnel. « Je veux bien faire de la politique mais je ne veux pas faire comme Aminatou. On aura compris renier le camp de mon père pour aller m’inscrire au Rdpc. On a presque qu’envie de lui réapprendre ses classiques. Car il nous est resté le souvenir  d’une déclaration tonitruante de son feu père qui justifiait maladroitement l’alliance jugée contre nature par d’autres de l’UPC et du RDPC dans une plateforme gouvernementale. « Quand on se noie, on s’accroche à ce qu’on peut avoir sous la main même à un serpent.

Si la campagne d’Aminatou est plus axée sur le support et l’encouragement, un autre héritier lui aussi dernier né de sa famille est en passe de faire sensation  dans la municipalité de Bamenda II. Benjamin  Achu Fru Ndi  lui n’a pas peur de marcher dans les pas de son père et de quelle manière ? Le petit poucet de la famille du Chairman s’est donné une mission qui l’honore, faire ses armes en politique, par le suffrage universel. Le fils du président national du SDF  a croisé le fer avec ses adversaires lors des primaires organisées le 26 juin 2013, dans la zone 3 de Ntarinkon à Bamenda, ce dernier a pu se faire élire candidat à la candidature au poste de conseiller municipal à la commune de Bamenda II. Benjamin Fru ndi, 27 ans, est dernier né d’une famille de sept enfants. Il a obtenu sa première carte de militant au SDF, en 1997. «J’étais encore jeune et, avec le temps, j’ai appris à me faire une idée de la politique. Sur le terrain, j’ai côtoyé des aînés et parents», se félicite Benjamin Achu Fru Ndi.

L’un de ses atouts, c’est son aisance à manier aussi bien la langue de Shakespeare que celle de Molière. L’avantage n’est pas mince. On a vu  comment cette double compétence linguistique a propulsé Joshua Osih au sein de la famille SDF  désormais 1er Vice-Président. Benjamin est diplômé en sciences politiques et relations internationales de l’université de Southampton en Grande-Bretagne et a également décroché une licence en droit et diplomatie à l’université de Birmingham dans l’état d’Alabama. Il semble désormais prêt  à prendre l’assaut de la franchise politique crée par son père qu’il sert aussi bien dans les affaires publiques que privées. Peut-être la plus grande sensation électorale du scrutin du 30 septembre s’il venait à l’emporter. Il deviendrait ainsi  non seulement l’un des plus jeunes Maire du Cameroun, mais un exemple pour la jeunesse.