Le Syndrome Patrice Nganang Ou Le Combat Perdu Des Pseudo-Intellectuels

Comment se faire remarquer comme intellectuel quand vous êtes un individu d’envergure médiocre ou moyenne ? Nous vous suggérons une stratégie bien connue. L es hommes de faible acabit s’en servent abondamment parce qu’elle ne coûte rien. Elle consiste à dénigrer les hommes de grand talent ,les ténors de l’intelligentsia, à les inviter à l’affrontement ,à se livrer à une critique radicale et systématique de leur travail. C’est ce que fait exactement Mouangue Kobila lorsqu’il s’en prend à Kamto Maurice. C’est ce que fait en france Alain Soral lorsqu’il explique d’une video à une autre , d’une conférence à une autre que travail sociologique de Pierre Bourdieu ne vaut pas grand-chose.C’est à ce jeu que se livre aujourd’hui Patrice Nganang, Un littéraire de bas niveau parvenu à la notoriété en multipliant provocations, coups de gueule , médisances contre certaines figures émérites de l’avant-garde.

Tout a commencé par une altercation avec Mathias Nguini Owona, après il s’en est pris à Milla Assouté.On apprend dans une récente actualité qu’il a diffamé Jean Achille Mbembe un ténor de la pensée africaine largement respecté partout à travers le monde, dans les

milieux universitaires et même en dehors de l’université dans les milieux de la gauche mondiale et la contre culture. Le récit de ce incident de plus prête vraiment à sourire.Qui est patrice Nganang ? l’homme ne vaut vraiment pas grand-chose .Ni par ses combats comme citoyen ,ni comme universitaire.On apprend en lisant sa biographie sur Wikipedia qu’il enseigne la théorie littéraire à l’université d’Etat de New-york,qu’il est écrivain, qu’il a obtenu plusieurs prix littéraires. Tout cela pourrait donner un peu de relief au personnage. Et pourtant ça ne nous impressionne pas. Nous savons qu’un prix littéraire ne veut rien dire sur le plan de la littérature , parce qu’il correspond davantage aux stratégies et jeux d’influence qu’on rencontre dans le monde éditorial. Un prix littéraire c’est comme l’académie française. Ce sont des coquilles vides. La preuve c’est que Finkielkraut est devenue académicien.

Le pseudo-littéraire fut interpelé par la police lors d’un récent séjour au Cameroun. La presse a fait trop de bruit sur cette affaire. En réalité, il ne risquait pas grand-chose. Il voyage en Afrique avec le passeport de l’empire judéo-maçonnique et sodomite. Revenons sur ses agressions contre Achille Mbembe . A qui s’attaque t-il ? A une sommité. Nganang sait très bien qu’un intellectuel du niveau d’Achille n’ira pas répondre à un individu qui est tout simplement incapable de se mettre au niveau de sa cheville. Ce qui sidère profondément dans ses multiples attaques contre l’historien,C’est le contenu du débat et son niveau. On est pleine spéléologie. Nganang s’en prend à l’historien sur des problèmes de vie privée et prend le public camerounais à témoin.Nous n’aurons pas l’indécence de rapporter ici ce qui est écrit dans sa page facebook.ça vole trop bas.La poubelle qu’il nous propose en lieu et place d’un véritable débat est révélatrice d’un problème que nous observons depuis quelques années : Le niveau des élites cognitives ne cesse de baisser.

Plusieurs ténors de la culture et des sciences sont passés de vie à trépas, d’autres sont devenus très discrets préférant observer de loin les problèmes du Cameroun devenu à leurs yeux un pays inintéressant. Le vide qu’ils ont laissé a été remplacé par un vacarme assourdissant produit par une pseudo-intelligentsia dont Patrice Nganang est la figure emblématique. Personnage aux limites visibles, parti de la médiocrité , il s’est arrêté à la suffisance.

Comment expliquer l’importance prise par un tel personnage ? Est-ce un signe de la fin des temps ?

Certaines personnes verront derrière l’attitude du littéraire sans destin l’expression d’une jalousie morbide.Ce n’est pas faux,mais la réalité est plus complexe.Ce à quoi nous avons affaire correspond plutôt à certains vieux mythes de l’humanité comme la rivalité mimétique dont parlait Réné Girard : On déteste quelqu’un parce qu’on souhaite l’imiter.

Nous étions habitués jusqu’à une période récente à voir au devant de la scène une élite intellectuelle qui faisait honneur au pays. Elle était composée d’esprits brillants. Certains ont été de véritables éducateurs du peuple. Nous leur devons l’éveil à la conscience politique. Pour comprendre comment nous sommes allés de cette élite à l’arrivée sur la scène d’individus sans consistance, un bref historique de l’intelligentsia peut être utile.

Le Cameroun moderne a connu deux grandes générations d’intellectuels qui ont su incarné l’excellence scientifique et parfois l’exemplarité citoyenne. On peut les regrouper en deux grandes familles :La tradition dissidente et les intellectuels d’Etat.

La première génération a rayonné entre les années 50 et les années 70.Elle était composée dans sa franche dissidente des grandes figures de l’UPC. On peut citer entre autre Ruben Um Nyobe (autodidacte et

homme de grande culture),ossende Afana, brillant économiste, Felix Moumié médecin, Ateba Eyene..Ils ont incarné la figure de l’homme d’action cultivé. Il ont eu des cadets :Ces derniers ont pris le flambeau dans les années 70.Il s’agissait de Monga Béti écrivain de grand talent, d’Abel Eyenga,Politologue engagé très à contre-courant de la politologie frelatée de l’université camerounaise. On ajoutera à cette liste des grands érudits comme Meirad Hebga,le penseur Eboussi Boulaga devenu célèbre avec un texte remaquable la Crise du Muntu. Jean Marc Ela sociologue de grand talent, Thomas Melone homme de lettres, Hogbe Nlend mathématicien

A cette génération a succédé une autre beaucoup plus jeune et tout aussi brillante prolongeant la tradition dissidente. Ils ont émergé vers la fin des années 80 et sont devenus aujourd’hui des noms célèbres. Il s’agit d’ Achille Mbembe,Monga celestin , Ombe Ndzana, Etounga manguele,Kamto Maurice ,Jean marc Tedga, Kouma Ndoumbe III ,Jean Godefroy Bidima …Ils incarnent l’excellence scientifique. Ils ont enseigné dans plusieurs universités dans le monde occidental, ont publié dans des revues prestigieuses, ont rédigé pour des médias prestigieux comme le monde diplomatique, ont participé à d’innombrables projets scientifiques internationaux, ont conseillé des gouvernements ,des grands groupes industriels.

La tradition dissidente a dû affronter depuis les indépendances un courant antagonique qu’on peut nommer les intellectuels d’Etat, animateurs de la tradition conservatrice.Il y avait dans cette famille André Marie Mbida, Ahmadou Babatoura Ahidjo ,autodicdate et homme de grande culture,Samuel Eboua ,Christian Tobie Kouh, ils ont été succédé par une génération plus diplômée venant souvent des facultés de droit et de sciences économiques . On y trouve des noms célèbres : Ngango,Joseph Owona,Kontchou..On dit de cette génération qu’elle n’a pas écrit. C’est pas vrai, elle a écrit.Mais par

contre elle n’a pas rédigé des grands livres. La thèse de doctorat de kontchou kouomegni augustin a cessé d’être éditée ,son éditeur estimant qu’elle n’avait aucun intérêt éditorial. Une maison d’édition réimprime un livre parce qu’il existe un public qui souhaite l’acheter. Un livre comme Nations Nègres et cultures continuera à être réimprimé même après mille ans c’est comme la bible.

Comme nous le relevions dans les lignes qui précèdent la première génération des agrégés de droit et de sciences politiques n’a pas publié de grands livres comme leurs maîtres occidentaux Maurice Duverger , schwartzenberg ,Thomas Guénolé,Pascal Delwit,politologue belge de très haut vol, Zbigniew Brzezi?ski,éminent politologue américain ,qui eux par contre ont publié de très grands livres. Par contre nos politologues ont été de très brillants enseignants. On rencontre encore jusqu’à cette génération des esprits très talentueux. Comment sommes-nous allés de cette génération qui incarne encore l’excellence ,à la médiocrité abyssale des Patrice Nganang et tous les autres ?

Deux évènements seront déterminants. Premièrement le privilège accordé à toute personne ayant la peau noire, descendant d’esclave ou non de bénéficier de l’afirmative action dans les sociétés de tradition multi-culturaliste. L’affirmative action procède du besoin de corriger les injustices liées à l’histoire de l’esclavage. Comme cette histoire fut préjudiciable à l’intégration des noirs, <<l’establishment white>> a pensé en qu’offrant aux personnes à la peau foncée des modalités de recrutement plus favorables que celles accordées aux blancs , on dédommagerait les noirs en quelque sorte. Ce système a permis à beaucoup d’africains très talentueux confrontés aux racisme viscéral du continent européen de trouver des débouchés aux Etats-unis.la liste est longue : Cheik Modiba Diarra, Souleymane Bachir diagne,Bidima,Achille Mbembe,Monga celestin..et Beaucoup

d’autres. Arrivés aux USA , ces individus de grand talent ont fait la démonstration de leur savoir-faire. L’affirmative a eu aussi des travers. Il a permis à une cohorte d’individus très brouillons comme Patrice Nganang et Mabanckou de trouver des postes d’enseignants aux Etats-unis. Ce qui leur permet aujourd’hui d’insulter nos maîtres. Ils ont tort de croire qu’ils le feront impunément.

Un autre élément semble avoir été déterminant dans le nivellement des strates élevées. C’est l’indigénisation du jury de l’agrégation qui permet certaines personnes de valeur très moyenne d’accéder au statut très envié d’agrégé d’université.

On en vient à une situation étrange où aucune hiérarchie n’est plus respectée. A partir du moment où n’importe qui peut entrer n’importe où et accéder aux grades les plus prestigieux ça donne à n’importe qui, le droit d’insulter les hommes de génie.

Les pseudos-intellectuels veulent détrôner les hommes de talent et prendre leurs places. C’est un combat perdu. Ils n’ont pas les capacités.