Le suivi médical en question au Championnat professionnel de football

Les cas de décès enregistrés ces dernières semaines remettent au goût du jour la question de l’encadrement sanitaire dans les équipes.

Le week-end dernier, le championnat professionnel a été endeuillé par la mort du joueur de Dynamo de Douala, Léopold Oben Angong, lors du match de 31e journée de Ligue 2 opposant le club à Colombe du Dja-et-Lobo, au stade de la Réunification. Rapidement soigné après s’être écroulé à la 33è minute de jeu, le joueur s’est à nouveau effondré, sans cette fois, se relever. Du côté de la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc), on évoque « des complications d’une intervention chirurgicale ». D’autres acteurs parlent d’une tournure tragique des pratiques mystiques liées aux enjeux de fin de championnat. Cette disparition intervient quelque temps après celle d’Olivier David Njock, évoluant à Njalla Quan, en Ligue 1. Lors de la 27e journée contre Apejes, le joueur a rendu l’âme après le match auquel il n’a pourtant pas pris part. « C’est pendant qu’il causait avec ses coéquipiers dans le stade que Njock s’est écroulé », relate David Kemmogne, entraîneur de Njalla Quan. Le rapport du médecin indique « un arrêt cardiaque » comme cause de la mort. La LFPC évoque « un malaise sans effort physique ». Dans un passé récent, l’on a du reste frôlé d’autres drames du genre. Ainsi, lors du match de la 29e journée entre Colombe et DAC, n’eussent été  l’intervention rapide de l’équipe médicale de la Ligue au stade municipal de Sangmélima et la promptitude dans la réaction de son assureur, le joueur Emmanuel Victor Mohh de DAC, entré dans le coma après un violent choc, aurait pu passer de vie à trépas.

Autant d’incidents malheureux qui amènent à se questionner sur le suivi et l’encadrement médical des joueurs et acteurs des championnats professionnels de Ligue 1. « Il faut de prime abord, s’incliner devant la mémoire de ces jeunes gens qui sont morts en pratiquant un métier qu’ils ont choisi. Ce sont des accidents qui arrivent en milieu sportif de par le monde. Il s’agit  d’accidents de travail. Il est exigé, parmi les pièces à verser au dossier d’affiliation des équipes et joueurs à nos différents championnats, un dossier médical comportant les résultats des divers examens sollicités  par les médecins référents de la Fédération. Nous ne pouvons mettre en doute la fiabilité dudit dossier médical », déclare Pauline Manguele, Sg de la LFPC. Si la Ligue est informée de la situation sanitaire des joueurs en début de saison, il y a moins de visibilité durant le déroulement de la compétition.

« Le problème du suivi médical des joueurs est réel et très délicat. Les clubs ont également l’obligation d’avoir au sein de leur staff technique, une équipe médicale et celle-ci doit se retrouver sur le banc de touche à tous les matches pendant la compétition. Bien plus, la Ligue  réquisitionne une équipe médicale pour couvrir les rencontres dans tous les stades, ce qui a pour but de pallier à une défaillance éventuelle des clubs », précise Pauline Manguele. Cependant, dans un contexte des compétitions où les clubs peinent à boucler leurs budgets et se plaignent de difficultés financières, le volet médical n’est pas forcément prioritaire. « Le matériel des soignants est vraiment basique. A peine des baumes de massage, de la glace, des bandages et quelques comprimés. Les radiographies et examens spécifiques relèvent de l’exception. D’ailleurs, je ne me souviens pas en avoir fait depuis que je joue », confie un joueur.

Tous ces incidents poussent la Ligue à revoir son dispositif. « Le championnat professionnel est en construction et cela est valable  pour tous les volets de son évolution. Face au nombre de décès observés en cette fin de saison, la Ligue multipliera les contrôles au sein des clubs dès la prochaine saison. La Ligue prévoit à très court terme la création, dans les quatre grandes régions du pays, de centres médicaux dotés d’un plateau technique capable de répondre aux exigences de la haute compétition », conclut Pauline Manguele.