camernews-Communique-Presse

Le SNJC appelle Grégoire Owona à ne point profaner la mémoire de Rosette Mboutchouang

Le SNJC appelle Grégoire Owona à ne point profaner la mémoire de Rosette Mboutchouang

Yaoundé, le 17 octobre 2014 – Le Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC) exprime sa vive indignation à la suite d’une «Lettre ouverte à la presse camerounaise», diffusée le 17 octobre 2014 sous la plume du secrétaire général adjoint du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), Grégoire Owona. Ce dignitaire du régime tenait ainsi, manifestement, à «recadrer» les «surenchères de toutes sortes», relayées par des médias camerounais autour des obsèques de Rosette Mboutchouang, née Ndongo Mengolo, mère de la première dame Chantal Biya, belle-mère du chef de l’Etat Paul Biya et maire de la commune de Bangou.

Dans son «plaidoyer pour plus de respect face à la mort», et en réaction à ce qu’il qualifie de «sarabande des charognards de tous bords qui tiennent à faire d’un événement privé, que les principaux concernés ont tenu à vivre ‘dans la plus stricte intimité’, une source d’invectives voire d’inutile confrontation», M. Owona invite «[ses] Amis et [ses] Ennemis de la presse camerounaise» à «rester décents, dignes et sereins pour l’accompagnement de cette grande Dame».

Le SNJC, tout en se prosternant face à la mémoire de la défunte et en adressant ses plus sincères condoléances à la famille si durement éprouvée, constate, pour le déplorer :
– Que la sortie médiatique de Grégoire Owona est à la fois indécente et inopportune ;
– Que M. Owona rappelle certes les règles élémentaires sur le respect des morts, mais ne se prive point de d’user, avec effronterie et sans vergogne, de ce voyeurisme qu’il semble condamner ;
– Que les médias camerounais ne sauraient être les souffre-douleur, encore moins le paillasson, d’opportunistes zélés en mal de positionnement ;
– Que les médias camerounais ne sauraient être comptables des turpitudes d’un système incapable, sur le plan communicationnel, d’anticiper sur les événements ;
– Que le secrétaire général adjoint du comité central du RDPC, en croyant donner des leçons d’éthique à la presse, se place lui-même dans un champ licencieux qui l’éloigne de la commisération qu’il promeut pourtant face à la mort ;
– Que, sauf à vouloir infantiliser les médias, la divergence d’opinions participe bien de la démocratie dont le RDPC s’est fait le chantre dans notre pays.
Le SNJC, tout en appelant les journalistes camerounais à plus de professionnalisme :
– Condamne une tentative d’instrumentalisation des médias susceptible de jeter le doute et le trouble dans les esprits ;
– Conseille à M. Owona de respecter lui-même le caractère «privé» et de «stricte intimité» de ce deuil, tel que voulu par la famille de la disparue ;
– Appelle le secrétaire général adjoint du comité central du RDPC à ne point profaner la mémoire de Rosette Mboutchouang, née Ndongo Mengolo.

Lire le texte de Grégoire Owona sur ce lien

 

camernews-Communique-Presse

camernews-Communique-Presse