Le Sif pour redynamiser les a filières cacao et café

Afin de relancer l’économie du Cameroun par le biais de l’agriculture, le gouvernement mobilise des conditions de communication et les techniques agricoles pour encadrer les filières cacao et café.

Révolue l’époque où les producteurs de cacao et de café étaient marginalisés dans les prises de décisions stratégiques concernant leurs domaines et subissaient de plein fouet les fluctuations dérisoires des prix de leurs productions. Le gouvernement camerounais qui ambitionne d’accroître significativement les capacités d’exportation de ces filières d’ici 2020, a décidé de prendre des mesures pour mieux les encadrer.
Par l’entremise du Ministère du Commerce, le Fonds de développement des filières cacao et café du Cameroun (Fodecc), responsable de 08 projets, est au cœur de la relance et du développement du cacao et du café au Cameroun. Un de ses projets, en l’occurrence le projet SIF (Système d’information des filières) a organisé un séminaire à Yaoundé le 24 juillet 2014. Il avait été constitué le point d’évaluation et de renforcement de la plateforme entre lui et les journalistes de 20 radios communautaires à travers le pays. Son but étant

de : « mettre la bonne information à la disposition des producteurs locaux, afin qu’ils puissent avoir les meilleurs rendements pour leurs exploitations et connaître quotidiennement les prix sur les marchés », d’après le coordonnateur de ce projet Banimbek Michel. Un an après cette mise au point, on peut constater que ces cotations concernent prioritairement les prix du cacao et du café sur le marché national et international. Elles sont en effet envoyées régulièrement par voix de sms aux journalistes communautaires afin que ceux-ci prennent le relais de préférence en langues locales. Les producteurs peuvent à leur tour choisir les meilleures opportunités de vente. Ces radios étant : radio Batcham, radio colombe de Sangmélima, radio diversité et bien d’autres. La transmission de ces cotations vendredi 18 juillet 2015 laisse per exemple apparaitre les prix suivants : « pour le cacao, Londres : 2073 fcfa/kg, Douala : 1965 fcfa/kg, min : 1530 fcfa/kg, max : 1575 fcfa/kg. Pour le café, prix CAF: 1699 f/kg, prix FOB : 1600 f/kg (ARABICA) ; prix CAF : 1109 f/kg, prix FOB : 1023 f/kg (ROBUSTA) ». Des informations techniques visant à suivre les plantations à travers les plants, les engrais, les suivis techniques de cueillette, d’entretien, des campagnes agricoles et bien d’autres sont aussi occasionnellement transmises par le projet Sif.
Selon Claude Mpogue, chargé de mission au Sif, « les journalistes des radios locales ont un rôle important à jouer dans la promotion de ces filières. La population croit, il y’a de nouveaux consommateurs friands de chocolat en Asie, l’espérance de vie augmente. C’est donc un marché très porteur et le SIF a pour souci de veiller à ce que les producteurs ne soient jamais démotivés dans les filières cacao-café au Cameroun ». Toutefois, ce sont des avis partagés qui se dégagent auprès des populations cibles des bassins de production.
Nombre de producteurs rencontrés disent ne pas être au courant de cette initiative, certains n’ayant pas de radio communautaire dans leur village. Les seules informations qui leur parviennent de temps à autre concernant ces filières viennent de la Crtv e pour les personnes interrogées. M. Stan, un autre producteur affirme «qu’il s’agit des informations parcellaires qui ne parviennent pas souvent fidèlement comme on pourrait le penser. On se renseigne de bouche à oreille ici». Pour ce qui est de M. Mani un producteur de cacao de la localité de Lobo dans la Lékié, « cette affaire de plants et de suivi ne concerne que les grands du pays. Ils arrachent tout. Et comme ce sont eux qui ont des grandes plantations, ils s’accaparent de tout et font de la mauvaise publicité».