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Le préfet du Wouri en guerre contre les tricycles

Le préfet du Wouri en guerre contre les tricycles

Le chef de terre a à nouveau lancé une « croisade » contre un autre groupe de

transporteurs à qui il donne également un délai d’un mois pour volontairement

s’effacer de la circulation.

Pendant la première semaine du mois de février, le préfet du département du Wouri

frappait encore du poing sur la table. Cette fois, les mis en causes se sont les

véhicules à trois roues connus sous le nom tricargo. Cette décision a été

explicitement expliquée aux médias. D’après le chef de terre du Wouri, ces tricycles

sont devenus le nouvel objet de la mort dans plusieurs villes et leur « structure » ne

serait pas adaptée pour les villes après les cargos qui ont été bannis. Les tricycles

sont devenus les nouveaux supports de transport de marchandises. Services

brassicoles, d’expédition de biens et marchandises, de transports, de biens privées

ou commerciaux on été sommés de les mettre hors d’usage. Cette décision de les

proscrire radicalement du circuit camerounais s’avère plutôt incompréhensible.

Si la mesure prise par Paul Nasseri Bea semble appropriée d’un point de vue

administratif, sur un aspect économique et aussi technique, il se pose un sérieux

gap. En effet, si l’on s’en tient aux données de l’Institut Nationale de la Statistique,

sur le nombre de véhicules mis en circulation entre 2009 et 2012 au Cameroun, c’est

très exactement 156.982 engins à deux et à trois roues (Motocyclettes et tricycles)

qui ont été foulé le sol local. C’est énorme surtout lorsqu’on sait qu’en dehors des

vendeurs agréés tels Cocimecam, Sanili, Bajaj, Nanfang et des dealers comme

carmudi.cm ou Hadj Oussendi Auto-moto, la vente des tricycles s’est fait de manière

exponentielle en moins de 5 ans avec importation faites par des partculiers depuis le

Nigéria. Mais le rendement et les facilitations apportées avec l’inclusion des engins à

trois roues n’a plus été à démontrer. « Quand le préfet donne une telle mesure, lui-

même, il s’attend à quoi ? Est-ce qu’il a fait une étude pour savoir leur impact

négatif ? Et qui lui a dit qu’on utilisait ça pour faire le clando (transport illégal, ndlr) »

s’offusque Belize, un conducteur de tricargo rencontré.

Le constat est clair : les conducteurs de tricycles informés de la mesure ne semblent

pas du tout l’apprécier. Du côté des investisseurs et vendeurs l’avis est partagé.

Avec un tel volume de vente de tricycle au Cameroun, la solution appropriée serait-

elle d’interdire de circulation de ces engins qui pourtant entrent par la zone

portuaire ? « S’il veut interdire la circulation des tricargos, qu’il aille bloquer le port ou

qu’il dise aux vendeurs agréés de ne plus les importer », s’indigne Belize. A

Cocimecam, leader dans ce secteur d’activité, l’on affiche plutôt motus et bouche

cousue. Chez un autre dealer l’on parle de « réajustement de la qualité de la

marchandise ». Alix Bogwo, dealer de www.carmudi.cg spécialisé dans les tricycles,

préfère parler de « vent à tempête passager ». En attendant l’intrusion de l’autorité

compétente qui aura fort à faire pour effacer totalement de la ville cette « menace à

trois roues », les conducteurs continuent, quant à eux, de rouler leur bosse ou plutôt

leur carrosse.

 

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