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Le plus brillant des « monstres du Renouveau »

Le plus brillant des « monstres du Renouveau »

La particularité des « Monstres » est qu’ils sont essentiellement créés à l’image et à la ressemblance du « père »; avec en prime un logiciel d’obéissance greffé dans le centre des commandes de l’équilibre du système nerveux central. Plus que des simples serviteurs, ils sont comme des petits enfants à qui suffisent sucettes et gadgets. Les monstres politiques résultent des parapheurs ; à la différence de ceux sportifs dont la construction tient des appétits politiciens et conjoncturels. Ce sont généralement de « self made man », que le hasard de l’histoire a placé au firmament. Certains diraient le produit de la grâce divine. Au contact de leurs homologues, ils peuvent apprendre par la loi des quatre « c » (corruption, concussion, collision, collusion) que leurs milliards et leur talent ne sont pas que de simple instruments de pouvoir, mais le pouvoir en vrai.

Les « montres politiques » détestent les esprits libres d’où qu’ils viennent. Cela justifie t-il le chantage à la réalisation des projets planifiés à la cours du Roi, à l’endroit même où sont adoubés « ces montres »? l’offensive diplomatique à travers centres sportifs au Gabon et pluies d’audiences en Guinée, au Burkina et hier encore au Niger, ne sonnent-ils pas comme un virulent camouflet à l’endroit des gouvernants ? Ce « surjoueur » est-il encore contrôlable ?

La différence fondamentale entre les deux meilleurs football du Cameroun moderne est extra-sportive. Le premier, l’ainé et sans doute le moins polémique, a servi d’instrument à l’ensemble des politiques de distraction du peuple et aux stratégies de conservation du pouvoir sans le savoir, et parfois sans le vouloir. Le second par contre, fait preuve de critiques peu élogieuses aujourd’hui plus qu’hier. Il a longtemps pris conscience de ce qu’il est devenu, le chancre du dilatoire du bien-être d’un peuple à qui on a expié du jeu et donc du divertissement, les enjeux globaux de développement, pour en faire des gadgets de gouvernance spectrale, où tout se passe comme si l’ensemble des décisions se prennent dans un contexte d’envoûtement-désenvoûtement globalisé.

Il (le second) le sait tellement qu’il se prête délibérément au jeu de la manipulation, tournant parfois en dérision ceux qui sont censés l’avoir élevé à d’autres dignités. L’un des précurseurs en tant que joueur du combat pour l’assainissement de l’environnement autour des lions indomptables, Bell Joseph Antoine, a déclaré au cours d’une interview accordée au quotidien « Le jour » avant le début de la coupe du monde, qu’il faut remonter à l’année 1982 pour situer l’origine de l’imbroglio dans la gestion des l’équipe fanion du football camerounais.

Cela fait donc environ 32 ans que les politiques mettent à l’index les footballeurs qui, pour eux, ne sont ni plus ni moins que de vulgaires gamins gâtés qui courent derrière une boule d’air, avec le cerveau proche du sol. Malgré la dynamique évolutive qui caractérise l’espèce humaine qui plus est, des gens qui évoluent dans des championnats mieux structurés où l’ensemble des métiers sportifs ont un contenu. Les gouvernants ont toujours pensé qu’ils resteraient maîtres du jeu sans actualiser leurs discours.

Le talent dans le jeu ne peut être exclusivement envisagé que comme « faute de mieux », un pis-aller. Continuer de penser que l’enfant qui sort de la rue à New Bell, ne jouera au football que pour engranger des milliards et susciter de l’espoir dans les couches vulnérables est une erreur. Les footballeurs sont de mieux en mieux conscients du capital séduction et de toute la sympathie dont ils font l’objet non plus essentiellement au près des nases dont ils se réclament mais aussi dans les hautes sphères de l’Etat où le monopole de la contrainte physique n’entraîne pas ipso-facto, la maîtrise et le contrôle du peuple.

Le divertissement est, dans le contexte de nos sociétés, une forme de gestion du temps court et du temps moyen que les politiques adorent mettre en exergue quand les solutions aux problèmes existentiels tardent à se concrétiser. Les footballeurs, vus sous cet angle, ne sont plus que de vulgaires success stories qui
inspirent les couches populaires, mais des acteurs stratégiques de la gouvernance du dilatoire. Le temps du jeu procure aux footballeurs un contrôle spirituel et parfois physique sur les Hommes, comme en rêvent les gouvernants dont les actions essentielles résident dans des réformes créatrices de mécontents.

La politique, c’est la lutte, mieux, la guerre (Max Weber). Une lutte dans laquelle l’acteur institutionnel doit toujours être le vainqueur afin que subsiste l’Etat-dominateur. A condition justement que, ses représentants gardent par devers eux, le sens de la cohésion actionnel. La logique dialectique dominant-dominé doit demeurer. Cependant, lorsque l’Etat vient à concéder une partie même infime du monopole de son agir à un autre acteur, sur qui il est censé exercer sa violence, il fabrique un monstre qui va lui échapper au demeurant.

Les révélations qui auraient été faites à Jean Bruno Tagne sur l’existence de clans au sein du gouvernement, les pro et anti Eto’o sont sujettes à des glissements évidents et graves. La politique des résultats immédiats, sans réelle planification et sans investissement aucun, est l’émanation du sommet de l’Etat qui pense la déconstruction du jeu, afin que les enjeux de développement qu’on peut y déduire ne se structure jamais, au risque de perdre tout contrôle, de la manne politique-instrument que constituent les victoires sportives. Ainsi, faire du football une industrie, c’est principalement rendre aux principaux acteurs leurs autonomies technique et financière.

Le Cameroun reste l’un des rares pays, par son poids économico-sportif, qui met de l’argent frais dans le football, plutôt que de le structurer. Le cafouillage dans la gestion du football est « politiciennement » bien entretenu par des gens dont l’objectif final serait de bloquer le développement de la discipline afin que Paul Biya paraisse comme un ingrat.

La deuxième analyse est l’image que projetterait un tel gouvernement clanique, face au monde entier , devant un footballeur, fût-il brillant et milliardaire. La météo sociopolitique camerounaise nous permettrait ainsi d’établir un tableau à double entrée des pro et des anti Eto’o au sein de l’exécutif, de la primature jusqu’à la présidence de la République en passant par l’instance faîtière dudit jeu. Le premier ministre coutumier des humiliations est sans l’ombre d’un doute dans la colonne des anti, suivi du patron de la normalisation. On pourrait donc imaginer que ses proches collaborateurs soient dans la colonne d’en face, eux qui bénéficient des pouvoirs intermédiaires, qui prennent leur source depuis la (le) P.R.

C’est ici justement que la responsabilité du leader central est établie. Lui qui a cru bon d’envoyer en guerre, comme un général d’armée, un joueur, mais alors un seul joueur, fût-il le capitaine, au moment où la sérénité est de loin la chose la mieux partagée au sein du groupe et autour dudit groupe. Cet acte confirme non seulement l’existence des clans et fait d’un joueur un chef de délégation intermédiaire. C’est en fait ce jour, qu’Eto’o à vraiment reçu le drapeau. Inutile de l’encombrer avec les autres cérémonies. Le fait d’enjoindre Joseph Owona à satisfaire aux exigences des « enfants » connaissant son ego, son entêtement et sa rigueur, participe de la mise en scène du « monstre », fabriqué dans une entité des laboratoires d’Etoudi.

La déprogrammation des victoires est la seule planification qui tienne dans cet environnement. Même la formule de Pierre de Coubertin n’y est plus envisageable, sauf si l’objectif final réside dans la récupération non plus des victoires mais des défaites. Car, les atrocités dues aux douleurs en séries que vit le peuple, sont généralement synonymes de résilience, d’abandon et même de démission en l’absence de l’énergie nécessaire pour l’organisation de la contestation. Il ne nous reste plus qu’à penser que le Régime de Yaoundé généralement très fébrile, aurait planifié la défaite des lions pour augmenter le carburant, interdit de le faire en cas de victoire comme l’histoire nous l’enseigne depuis février 2008.

Il apparait ainsi, une sorte d’organisation des politiques économiques, notamment celles des prix, autour d’un jeu dont Eto’o est le « capitaine », en prenant bien soin de le déstructurer. Eto’o a bien compris les enjeux politiciens autour de sa personne dont le rayonnement reste largement tributaire de ses clubs respectifs plutôt que de l’équipe nationale. A l’observation, chacun de ses clubs garde une part entière des lions avec son centre névralgique qui se déplace de Barcelone à Inter… et puis, peut-être bientôt à Rome. Le « monstre » devient dangereux du moment où il prend conscience de ce qu’il représente en vrai pour son entourage.

Ceux qui ont pensé que le footballeur en fait un peu trop, se trompent sur ce qu’on pourrait qualifier, après sa énième sortie du 07 juillet, de réels mobiles de sa mise en branle. Eto’o est tellement intelligent et rusé qu’il vient de semer le doute sur l’un des rares journalistes qui a su le confondre avec froideur et disséquer sa personnalité parfois paranoïaque. Jean Bruno Tagne (J.B.T) paye et payera encore pour longtemps, le prix de ses imprudences. Les meilleurs informateurs s’humilient eux-mêmes, même pour mentir, et non les autres comme ce fut le cas de Mabouang Kessack, invité à céder son fauteuil…

JBT pêche pour avoir voulu prouver à ses confrères que son intégrité est restée intacte aux confins de la source financière la plus intarissable des médias sportifs. Il pêche aussi pour n’avoir pas clairement présenté ses « excuses » au cours de son entretien avec Thierry Ngongang, quand bien même il reconnait avoir envoyé un mail qu’on dit porteur desdites excuses. Il pêche surtout pour avoir mis sur la place publique l’existence des clans au sein du gouvernement (pro et anti) que lui aurait confiée Eto’o, oubliant que ceux qui aiment à dire en privé qu’ils assument certaines postures, sont rarement les plus à même à les réitérer en public. En chargeant Le B.P Haman mana et Denis Kwebo, le rédacteur en chef adjoint, tout en donnant l’impression d’épargner J.B.T, Eto’o sait très bien qu’il pourrait les mettre en conflit. Car si la mise point du D.P autour de l’article querellé a eu l’assentiment de tous, les excuses via mail semblent très peu avoir fait l’objet de débat en conférence de rédaction, sinon on l’aurait eu dans les colonnes de « Le jour » où même ailleurs.

Le meilleur « montre du Renouveau » est un footballeur. Alors, rien d’étonnant sur notre retard de développement, si on choisi le jeu comme axe principal de la réflexion. L’ « Etat est ailleurs » lorsqu’un individu brillant sportif et milliardaire, tient en laisse l’ensemble des pans de la vie d’un pays pendant des semaines. Comment ne pas faire un lien entre les sorties médiatiques d’Eto’o, notamment la dernière, et sa volonté de participer à la brouille des esprits après une douloureuse augmentation du coût de la vie, vu qu’il a le pouvoir de diviser en clans le gouvernement et voire même de s’imposer dans l’un d’eux.

Dans sa posture, on communique plus pour polir son image et travailler à regagner les coeurs perdus au lendemain de ce foireux mondial brésilien. Cela aussi, nous restons convaincus qu’il le sait. Mais, les « monstres du Renouveau » ne changent par eux-mêmes que lorsqu’ils font face à l’horloge biologique. Habituellement, ils sont conçus pour changer les autres, afin de mieux se perpétuer. Le gouvernement du Renouveau a peut-être encore une dernière carte à jouer fruit de sa spécialité-mère, nommer Eto’o et espérer le mettre dans la nasse, à défaut de tenir du bon bout l’affaire Nathalie Nkoah.

 

 

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