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Le Parapluie et les Godasses de la double Nationalité

Le Parapluie et les Godasses de la double Nationalité

Pour être binational, il vaut mieux être footballeur. Pas artiste ou ingénieur !C’est ainsi. Quand le besoin se fait, qualifier le Cameroun et renouveler les effectifs des Lions Indomptables, on leur fait une cour assidue ; nos jeunes ” binationaux ” ont le droit de déroger au couperet du Code de nationalité.

Exit Paul-Georges Ntep. Comme autrefois Pascal Nouma et Bruno Ngotty, il a fait le choix des Bleus. L’attaquant aussi véloce que prometteur du stade rennais, né en juillet 92 à Douala, est la nouvelle attraction de Clairefontaine, décidé ” à ne pas admirer les murs “. Entendez, conquérir ses galons de titulaire.

Un dénouement qui soulagera, pour un court moment, les finances publiques. On le sait, les missions régulières en France pour convaincre les jeunes prodiges, David Ngog, Um Titi et bien d’autres coûtent cher, entre les délégations pléthoriques et les frais de nabab.

Reste d’autres pistes. Le jeune attaquant Karl Toko Ekambi (23 ans), sociétaire de Sochaux, capé une douzaine de fois chez les Bleus de moins de 16 ans a décidé, par contre, de changer de nationalité sportive. Idem pour Félix Eboa, milieu de terrain et défenseur central, dans la réserve du PSG, tiraillé entre l’équipe de France et celle du Cameroun, a finalement choisi le Cameroun où il est né un 19 avril 1997 à Douala.

A contrario, pour disqualifier ses adversaires, dans les batailles lassantes et ubuesques du domaine des droits d’auteur ou en politique, on les qualifie d’américains, de français, d’allemands ou de roumains…; Ndedi Eyango en est l’une des têtes de turc de premier choix.

A la prochaine présidentielle française, soit en 2017, Roger Milla, Adolphe Moudiki et bien d’autres hauts dignitaires iront choisir ” leur président “, futur locataire de l’Elysée. Et retourneront s’occuper des affaires stratégiques de l’Etat. Le parapluie du pouvoir et les godasses du goléador !

En juillet 2009 à Paris, le président Biya avait promis une étude rapide du dossier, l’adossant à la question du vote des camerounais de l’extérieur. En 2011, le vote a été effectif et en 2015, la question de la bi-nationalité reste fictive. Une arlésienne encastrée dans une défiance navrante du Cameroun vis-à-vis de sa diaspora; un mal être dont de nombreux pays africains ont fait l’économie. En de nombreux endroits du continent, les binationaux sont intégrées dans les politiques publiques et les stratégies de développement.

Afin de coller aux nécessités du temps, des députés d’horizons divers à l’Assemblée nationale ont tout récemment, dans le sillage de la proposition de loi du SDF, signé une pétition visant la réforme de la loi du 11 juin 1968 portant Code de nationalité.

La colère du président, jaloux de ses prérogatives en matière d’initiative des lois, dans ce dossier hautement politique et symbolique, a eu raison de l’engagement et du volontarisme des parlementaires. Les tortues de l’inertie ont vaincu, une fois encore, les lièvres de l’émergence.

 

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