Le paradigme du « vrai homme » en Afrique: De la capacité à inspirer et à influencer positivement les autres (partie 3.4/5)

Dans mon premier texte sur l’intelligence émotionnelle (QE), j’avais expliqué que le QE est très clairement une gamme de capacités émotionnelles et sociales.

On parle même de compétences émotionnelles, dans le cadre des sciences affectives. J’avais alors affirmé que l’une des plus importantes était la capacité à inspirer et à influencer positivement les autres, pour favoriser leur développement personnel ou le développement de leurs affaires, d’où le rôle du coaching dans le domaine de l’intelligence socio-émotionnelle, comme dans celui des trois autres intelligences (mentale QIphysique QP et Spirituelle QS).
C’est sur cette capacité rare à inspirer autrui que je vais m’attarder aujourd’hui, en utilisant les résultats de mes recherches personnelles et tout ce que m’en a dit mon feu coach, Té Waffo Bùguong (Kamdem Samuel).

Le paradigme du « vrai homme » comme résultat d’un processus continu de croissance
Quelques mois après le début de nos séances « insolites » de coaching, Té Waffo m’avait un jour surpris très agréablement, lorsque le Chef du village Ngouogwa à

Baham, Té Wabo Dzudom, voulait lui expliquer qui j’étais, puisqu’étant  mon arrière grand père (en réalité successeur de mon arrière grand père paternel).  Mon coach lui avait alors répondu : « c’est moi qui peux te dire qui est Souop Soffo Sa’a Mekù. Il est un enfant qui est le mien ».
Dans l’environnement social du monde occidental, personne ne comprendrait facilement ce que cela peut vouloir dire, pour la simple raison que les Européens (par exemple) et les Africains n’ont pas la même perception de la famille, et surtout pas de la forme des liens qui peuvent unir un enfant et son tuteur (ou son parrain), même si celui-ci n’est pas de sa famille.
Pour Té Waffo, dire que je suis son enfant signifiait clairement qu’il me connaissait suffisamment pour prendre, en connaissance de cause, la responsabilité de veiller à la poursuite de mon initiation, de ma transformation et de ma croissance, me permettant par là de rester ou devenir un « vrai homme ».
Malgré mon âge (55 ans au moment de sa déclaration), j’avais alors la confirmation que mon coach m’avait véritablement adopté, et qu’il jurait en quelque sorte avoir la capacité à inspirer et à influencer positivement son enfant que j’étais devenu, pour favoriser mon développement personnel ou le développement de mes affaires, y compris au sein des sociétés coutumières dans lesquelles nous étions tous les deux membres.
C’était aussi un grand témoignage d’amour dans le sens le plus noble du terme, une manifestation de la confiance qu’il m’accordait.
Au fil des mois, j’avais fini par bien comprendre qu’effectivement, gagner la confiance d’autrui c’est se faire aimer de lui car aimer l’autre c’est en définitive être capable de l’aider à se sentir plus sûr, à avoir foi en soi, à utiliser son réel potentiel et à s’affirmer dans sa propre identité et sa différence.
Le plus intéressant est que, ce faisant, le tuteur, le mentor ou le coach dans la société africaine trouvent leur propre épanouissement dans l’élargissement de leur cercle d’enfants ou de personnes coachées, notamment dans le domaine de l’entrepreneuriat et du commerce, tant et si bien que leur plus grande fierté est de voir ceux-ci réussir, au même titre que leur progéniture.

Coachs et mentors dans le système traditionnel africain
Lorsque Té Waffo m’a dit comment ceux de sa génération et avant eux procédaient pour entrer progressivement victorieux dans le monde des affaires, j’ai vite réalisé qu’il s’agissait ni plus ni moins du système de coaching et de mentorat que les créateurs d’entreprises découvrent maintenant, et qui devient un chemin difficilement contournable, surtout pour ceux qui veulent véritablement sortir du lot et devenir libres, riches et fiers de l’être.
La seule grande différence est que le système de coaching traditionnel africain n’était pas organisé formellement. Les recrutements de personnes coachées se faisaient par affinité (membres de la grande famille ou jeunes acceptés après recommandation particulière des amis, parents et autres connaissances).
Pour le reste, les similitudes sont nombreuses, surtout en ce qui concerne les habitudes
J’ai en effet constaté que tous les bons coachs prennent le caractère du candidat au coaching  très au sérieux, et ne décident de l’accepter que s’il à montré qu’il sait faire confiance, en se montrant lui-même digne de confiance.
J’ai à reçu sur cette question de caractère de nombreuses leçons de mon coach qui ne cessait de me dire que « l’on reconnait le haricot qui aura de bons grains à partir de ses jeunes feuilles. ». Il me faisait alors comprendre aussi que ce que nous sommes parle plus que ce que nous disons, plus que ce que avons et plus que ce que nous  faisons.
Il défendait le point de vue selon lequel la façon d’être conditionne et modifie la façon de voir, puis que la nouvelle façon de voir modifie à son tour la façon d’être, ainsi de suite.
Dès le départ, au travers du caractère du coaché, le coach peut ainsi sonder son cœur en profondeur, dans le but de savoir s’il a suffisamment d’intelligence du cœur pour réussir dans sa vie ou pas.
De fait, il y a des comportements qui éloignent du succès. C’est le cas d’une personne au caractère pétri d’hypocrisie, de jalousie, de malhonnêteté ou de tristes frustrations profondes qu’on acquiert souvent dans l’enfance, mais qu’on peut heureusement changer. Ce type de caractère fait naître en face la méfiance, au point où il devient impossible de communiquer efficacement avec les autres sans paraître manipulateur.
Or, il est bien connu que lorsque la confiance est absente, il n’est pas possible que le travail avec une telle personne conduise au succès escompté.
Et ceci est vrai non seulement pour le coaché, mais aussi et surtout pour le coach lui-même, si bien qu’il ne faut décider de suivre celui-ci dans la durée qu’après mure réflexion.
Je connais à ce sujet des personnes qui prétendent former des jeunes à devenir des industriels ou des entrepreneurs, mais qui très clairement sont émotionnellement incompétentes.
Puisqu’elles en arrivent à enseigner à ces jeunes comment enfreindre les lois de l’amour (qui de toute façon n’existe pas pour elles) ou à enfreindre les lois de la vie comme celles de l’intégrité, de la confiance ou de l’empathie (sous prétexte d’enfumage), j’estime qu’il s’agit justement d’une forme de manipulation et non de formation.
De telles personnes n’ont pas d’amis et n’ont pas de cœur, source et symbole de l’intelligence socio-émotionnelle. Elles utilisent leurs « élèves » et leurs relations uniquement dans un but égoïste et intéressé, ce qui les pousse facilement à la malhonnêteté, à la vilenie, à la calomnie la plus stupide et à la médisance la plus exécrable.
Le bon coach en Afrique sait que pour avoir la capacité d’inspirer les autres à trouver le chemin de la bonne performance (surtout en tant qu’entrepreneur), il faut absolument  apprendre à écouter les coachés de manière attentive et respectueuse, leur donner la bonne information, respecter la dignité de tous y compris ceux avec qui on  ne partage pas les mêmes valeurs et les mêmes convictions.
Il est alors en en réalité un « vrai homme », bon formateur, bon détecteur de capacité motivationnelle, bon détecteur aussi de la capacité du coaché à réguler ses émotions et à les utiliser positivement, afin d’atteindre le but visé, sachant que toutes les émotions ont un rôle.
C’est pour cela que le bon coach ou le bon formateur des jeunes à la création d’entreprise (le « vrai coach » qui veut inspirer autrui) n’oublie jamais qu’il est là pour l’aider à apprendre et éventuellement désapprendre, dans le but de corriger la trajectoire, puis apprendre de nouveau, etc., jusqu’à ce qu’il trouve également son bon chemin à lui, celui qui l’aidera à s’épanouir sans défaillir et, à son tour, pourquoi pas, devenir meilleur coach que le sien, pour d’autres personnes.
Dans ces conditions, les influences d’un coach comme Té Waffo Bùguong laissent forcément en nous des traces ineffaçables,  lesquelles permettent de mois en mois et d’années en années à fabriquer notre cadre de référence, nos paradigmes.
Une fois de plus, je rappelle que le paradigme du « vrai homme »  que j’utilise provient de la sagesse africaine en matière d’intelligence émotionnelle. Cette sagesse considère l’humain dans sa totalité. Le paradigme du « vrai homme » représente  alors ce que les ancêtres de ce peuple  ont voulu  montrer  à titre d’exemple,  pouvant  donc servir de modèle chez l’humain. C’est ce que d’autres sages en Occident et en Orient ont nommé  paradigme de la « personne entière ».
Dans un « hors texte » ne faisant pas directement partie de la série d’articles sur les quatre intelligences du « vrai homme », je vais démontrer dès que possible pourquoi mes frères Bambara de l’Afrique de l’Ouest en sont arrivés à conclure que : « N’est pas riche qui a de l’or ; n’est pas riche qui a de l’argent ; est riche qui a des hommes avec lui ». Il aurait sans doute fallu dire : « Est riche qui a de l’or, de l’argent et de vrais hommes avec lui ».
Si en effet un Africain  riche (en or et en argent) est incapable de faire savoir à ceux qui le méritent ce qu’il sait et ce qu’il sait faire de manière à rassembler autour de lui des hommes et des femmes capables de remettre notre continent debout, il aurait mieux fait de rester pauvre. D’où la question suivante : AU JUSTE QUE VEUT DIRE ETRE RICHE EN AFRIQUE ? Question à laquelle je ne manquerai donc pas de donner ma part de réponse, à la fin de cette série d’articles sur le paradigme du « vrai homme » en Afrique. Ce sera par conséquent  après le dernier article sur le QE et celui sur le QS (intelligence spirituelle).
Celui-ci sur la capacité à influencer positivement les autres pour qu’ils trouvent leur propre chemin vers le bonheur ne sera donc pas le dernier sur l’intelligence émotionnelle,  contrairement à ce que j’ai pensé récemment, en terminant le très important texte sur AMOUR ET REUSSITE. Le  prochain article portera sur la capacité émotionnelle à faire des plans pour le futur, ce qui est également très important pour les jeunes du FUTURE AFRICA COACHING PROGRAM (FACOP).
Fait à Yaoundé, le 27 aout 2016,  
Souop Soffo Sa’ Lucas KAMDEM

PS : Pour découvrir les dates et lieux des prochains séminaires intensifs du FUTURE AFRICA COACHING PROGRAM (FACOP),  et pour avoir une idée des résultats que vous obtiendrez pendant et après votre participation à l’un de ces séminaires, bien vouloir contactez Lucas Kamdem via Facebook « Souop Soffo Kamdem » ou « future africa coaching »  ou encore par mail à souopsoffo@gmail.com.
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