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Le «nouveau chef de Boko Haram», Bana Blachera, n’est pas Camerounais

Le «nouveau chef de Boko Haram», Bana Blachera, n’est pas Camerounais

Le Nigérian a séjourné à Maroua, après la vague répressive déclenchée contre Boko Haram au Nigeria, en 2009.

Un camerounais à la tête de Boko Haram ? Tout est parti d’une chronique publiée sur le site du Monde Afrique le 09 juin 2016 et signée de notre excellent confrère, Seidik Abba. Journaliste nigérien qui a travaillé un temps pour l’hebdomadaire Jeune Afrique, celui-ci affirme en substance dans son article intitulé «Les rêves de conquêtes de Bana Blachera, le nouveau chef de Boko Haram», que celui-ci est d’origine camerounaise.

En attendant d’en savoir plus sur la place réelle de Bana Blachera dans l’architecture de commandement de la secte terroriste, votre journal est en mesure d’affirmer que le «nouvel homme fort» de Boko Haram, si cela s’avérait vrai, n’est pas d’origine camerounaise. Se situant dans la quarantaine, son véritable nom est Bana Blatchiraé. D’ethnie Kanuri, il est du village Blatchiraé, d’où il tire son second nom. «Blatchiraé, littéralement traduit en Kanuri, veut dire le village du sable. Bla signifie village et Tchiraé, le sable.

Ce nom a été attribué à Bana pour mieux le distinguer des autres Bana», explique une source. Où se trouve alors cette bourgade de Blatchiraé ? Dans le Nord-Est du Nigeria, précisément dans l’Etat de Borno. Situé à moins de dix kilomètres de la frontière camerounaise, il est logé sur la route Banki- Kumshé, toujours au Nigeria. C’est d’ailleurs à Banki que Bana Blatchiraé a fait ses études coraniques. Or, qui dit Banki dit Amchidé au Cameroun, les deux localités étant jumelles.

«Avant que n’éclatent ces affaires de terrorisme, Bana était très actif entre Banki et Ndjamena, via Kousseri. Il connaissait du beau monde de part et d’autre de la frontière», se souvient un habitant d’Amchidé. Quand la chasse aux adeptes de Boko Haram est lancée en 2009 au Nigeria, Bana Blatchiraé, qui compte parmi les partisans de Mohamed Yusuf, le fondateur de la secte, choisit de se réfugier dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, limitrophe de l’Etat de Borno. Il a pris ses quartiers, selon diverses sources, à Maroua, la grande métropole de la région.

Là, avec d’autres membres de Boko Haram, il tissera la toile logistique de la secte et fluidifiera les routes du trafic d’armes de Kousseri, la ville camerounaise frontalière de Ndjamena, vers l’Etat de Borno.

De son «exil» de Maroua, a-t-il participé à l’organisation du rapt de la famille Moulin-Fournier le 19 février 2013 à Dabanga, pour renflouer les caisses de la secte, ou l’enlèvement des Chinois de Waza, en mai 2014 ? «Il manipulait beaucoup d’argent à Maroua, notamment des devises étrangères et cela ne pouvait provenir que des activités illicites», témoigne une source. Il apparaît de plus en plus évident que depuis son refuge de la capitale régionale de l’Extrême-Nord, Bana Blatchiraé pilotait des opérations pour le compte de la secte.

 

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