LE MINISTRE FRANÇAIS DE L’INTÉRIEUR EN VISITE AU CAMEROUN

Bernard Cazeneuve sera reçu en audience vendredi prochain par Paul Biya.
 
Le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, effectuera une visite de travail au Cameroun de jeudi à vendredi prochain. Il sera déjà passé par le Niger dès le mercredi d’avant, et sera reçu en audience par le président Biya. Même si les sujets à l’ordre du jour n’ont pas été communiqués, les deux destinations de l’hôte hexagonal laissent clairement imaginer que les assauts de la secte islamiste nigériane Boko Haram seront au cœur des préoccupations.

Avant M. Cazeneuve, c’est son collègue des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui était à Yaoundé les 15 et 16 mars derniers en vue de soutenir la force multinationale mise en place pour la lutte contre les fondamentalistes, considérés comme «des faux religieux et des vrais criminels ». «(…) outre l’aide que la France apporte, nous allons augmenter notre aide sur le plan humanitaire, nous voulons qu’il y ait une conférence des donateurs qui permette d’alléger la charge pour les pays concernés, et singulièrement pour le Cameroun», avait alors indiqué le chef de la diplomatie française.

Des paroles aux actes, depuis fin avril et ce jusqu’au 15 mai prochain à Garoua, une soixantaine de soldats camerounais suivent une formation dans la lutte contre les engins explosifs improvisés (Ied) de Boko Haram sous l’encadrement d’un détachement d’instruction opérationnelle composé de 8 militaires français (officiers, sous-officiers et militaires du rang). Cette formation, s’inscrit dans le cadre de l’accord du 21 mai 2009 instituant un partenariat de défense entre le Cameroun et la France, donnera aux futurs spécialistes l’aptitude à déminer et à désamorcer des engins explosifs improvisés, souvent utilisés par la secte terroriste dans la région de l’Extrême-Nord.

Un peu plus tôt, la France avait déjà confirmé qu’elle fournissait, depuis plusieurs mois «à la demande des autorités camerounaises», «un appui en matière de renseignement et de formation» dans la lutte contre Boko Haram. «Mobilisée pour lutter contre le terrorisme dans la région», conformément au plan d’action adopté lors du sommet de Paris le 17 mai 2014, la France avait aussi appelé la communauté internationale à apporter un soutien accru aux pays victimes des exactions du mouvement djihadiste.