Le Laakam réclame la restitution des banques à leurs propriétaires

La lettre de l’association Laakam adressée à son Excellence Monsieur le Premier ministre, chef du Gouvernement avec pour objet ses « observations sur la confiscation illégitime et le pillage à ciel ouvert des institutions financières de braves entrepreneurs nationaux par des prédateurs sans foi ni loi avec la complicité de l’Etat camerounais ».

Monsieur le Premier Ministre,
Laakam vous présente ses sincères félicitations pour la confiance que le Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Paul Biya, vous a faite en vous reconduisant à vos fonctions de Premier Ministre et Chef du Gouvernement de la République.

Laakam vous souhaite réussite, écoute, dialogue et surtout ouverture sur les questions cruciales qui méritent des solutions appropriées. Il faut éviter à notre pays des drames, des critiques, des retards et des conflits inutiles autant que compromettants pour son développement et la coexistence harmonieuse de l’ensemble de ses composantes.

Laakam saisit cette occasion, pour relever à l’attention de votre excellence, la situation d’injustice grave, intolérable, inacceptable et cruelle qu’impliquent aujourd’hui, la confiscation et le pillage de certaines institutions financières nationales par des personnes supposées expertes qui bénéficient du soutien de l’Etat.

Laakam s’estime en droit dorénavant, de dire clairement que la CBC, AMITY BANK, et COFINEST, sont victimes d’une machination dont les contours et les auteurs réels commencent seulement à apparaître au grand jour.

Laakam observe, dans le cas d’AMITY BANK, que cette banque a été bradée illégalement à un groupe étranger, avec la complicité active de hauts fonctionnaires Camerounais, qui y sont devenus actionnaires, sans jamais justifier de l’origine de leurs fonds, et en violation de tous les codes éthiques et financiers.

Laakam observe, qu’en dépit des décisions des instances judiciaires internationales, notamment de la CEMAC exigeant la restitution de la banque à ses légitimes propriétaires, l’Etat du Cameroun a refusé de s’exécuter. ATLANTIC BANK est le produit de ce holdup impensable dans un Etat de droit.

Laakam observe, dans le cas de la CBC, que toutes les solutions de redressement de la banque proposées par l’actionnaire majoritaire, ont été rejetées sans explication par le Gouvernement, et même que notre pays a ouvertement encouragé sinon travaillé à la décapitation de la banque dans d’autres pays. Vue de l’extérieur, notre politique étonne.

 

Laakam observe, qu’il est dorénavant porté sur la place publique, que le gouverneur de la BEAC, a demandé le départ de l’administrateur provisoire qui trône à la tête de la banque depuis plus de cinq ans, et dont les faits d’arme sont contraires à toute déontologie.

* Comment peut-on justifier qu’un administrateur provisoire engrange des revenues de plus de 20 millions (vingt) CFA mensuellement, plus d’autres passe-droits?

* Comment peut-on justifier que des honoraires de plus d’un demi-milliard, soient versés à des Avocats pour des missions complaisantes?

* Comment peut-on justifier, que des aménagements de dettes soient faits à des taux d’intérêt zéro, les cas Hazim et bien d’autres portant sur plusieurs milliards?

Laakam observe, dans le cas de COFINEST, qu’un liquidateur puis administrateur, a plutôt accompli la mission de confiscation et de spoliation du patrimoine des actionnaires et des épargnes des clients, empochant au passage des centaines de millions pour lui-même et ses commanditaires logés au sommet de l’Etat.

Laakam observe ici encore, que les décisions des instances judiciaires internationales n’ont jamais été respectées. Pourquoi? Quelle loi non écrite autorise ainsi le gouvernement de refuser de se soumettre aux décisions de l’autorité monétaire sous régionale qui demande le départ de l’Administrateur provisoire de la CBC, et les arrêts des instances judiciaires qui exigent la restitution des banques à leurs légitimes propriétaires?

Laakam observe, que les différents ministres des finances, ont ouvertement œuvré pour ruiner, détruire et au besoin livrer à des comparses étrangers, des institutions financières crées par la force et la sueur des Camerounais, simplement parce que les promoteurs sont Bamilékés.

Laakam ne conteste pas la nécessité qui a pu se faire sentir, de restructurer avec une intervention de l’autorité monétaire sous régionale, mais dans tous les trois cas, cette opération a été détournée pour devenir le prétexte pour déployer la haine tribale et la justification du vol du patrimoine des braves créateurs des richesses.

Laakam demande, en tout état de cause, que justice soit faite aux légitimes propriétaires, actionnaires et clients de la CBC, d’AMITY BANK et de COFINEST.

Laakam renouvèle à votre excellence, les assurances de sa très haute considération./.