Le journal « Le Renard » suspendu pour accusations non justifiées portées contre Afriland Frist Bank

Dans un communiqué publié ce jeudi 4 juin 2015, le Conseil National de la Communication (CNC) suspend pour une durée de six (06) mois l’organe de presse dénommé « Le Renard » ainsi que son Directeur de publication, Nestor Nga Etoga, pour « fautes constitutives d’atteinte à l’éthique et à la déontologie professionnelles en matière de communication sociale. »

Cette sanction est le résultat d’une procédure qui avait commencé avec une plainte déposée par Afriland First Bank, ladite plainte faisant suite à un article publié dans le numéro 038 du 19 février 2015 du journal « Le Renard ». Le service juridique de la banque Afriland First Bank a saisi le CNC pour déposer plainte contre ledit journal pour « atteinte à l’image de marque d’Afriland First Bank et son Directeur général, déclarations mensongères, plagiat, non respect de la dignité des personnes, injures…

Insultes et accusations non justifiées
Il est en effet difficile de rester de marbre en lisant l’article à l’origine de la plainte. Dès le titre, l’auteur verse dans l’insulte et la vulgarité. La une du numéro 038 du journal titrait : « Enquête : comment les rats d’Afriland First Bank nous piquent notre blé ». Mais ce n’est pas tout. En dessous

de la photo du Directeur général de l’institution bancaire, on peut lire : « Dg, tête pensante de la mafia ».
L’article continue sur le même ton. Afriland First Bank est accusée tour à tour de pratiquer l’évasion fiscale et la spéculation sur les matières premières, de développer des projets polluants, et même d’être mêlée au commerce des drogues dures. Mais ce qui est choquant, c’est que ces accusations sont portées sans qu’aucune preuve ne soit fournie. Étonnant, pour un journaliste, qui, de surcroît, est aussi Directeur de publication du journal.
En poussant nos investigations plus loin, nous avons constaté que l’article incriminé est en réalité une pâle copie d’un rapport produit en début d’année par une équipe de journalistes du MONDE. Ledit rapport, baptisé Swissleaks, qui accable la banque HSBC, a d’ailleurs fait couler encre et salive du fait des conclusions à laquelle il parvenait à savoir la fermeture de la banque anglaise.Nestor Nga Etoga, puisqu’il s’agit de lui, a recopié de larges extraits de ce rapport. Sortant de ce contexte, et sans toutefois qu’une autre enquête ait été menée ni que des conclusions aient été tirées par qui que ce soit, LE RENARD impute à Afriland First Bank des pratiques qui ne sont soit dit en passant pas observables dans le contexte financier de la sous-région de l’Afrique centrale, telles que la manipulation du marché des taux de change, la manipulation des taux d’intérêt interbancaire, la vente abusive et frauduleuse de dérivés sur les taux d’intérêt, la vente abusive et frauduleuse de produits d’assurances aux particuliers et aux PME…

Rappel à l’ordre
C’est donc fort de ces dérives qui vont à l’encontre de l’éthique et de la déontologie de la profession de journaliste que le CNC, organe de régulation du secteur de la communication, a pris la décision de suspendre le journal « Le Renard » dans lequel est paru l’article calomniateur pour une période de six (06) mois, ainsi que son Directeur de publication et auteur de l’article, Nestor Nga Etoga qui n’aura plus le droit d’exercer la profession au Cameroun pour la même période de temps.

Sabotage ou chantage ?
Si on ne peut s’empêcher de féliciter l’intervention du CNC qui était indispensable pour restaurer l’image de marque d’Afriland First Bank qu’un journaliste à l’éthique douteuse a tenté de ternir dans un article sans aucun fondement, on est cependant en droit de s’interroger sur les raisons qui peuvent pousser un journaliste à bafouer toutes les règles de sa profession, pour salir une institution respectable et réputée dont la rectitude n’est plus à démontrer. Qu’il s’agisse d’une tentative de sabotage ou de chantage, le contrevenant vient d’apprendre à ses dépens que le CNC est là et veille au grain. Espérons que ça serve de leçon à tous les autres.