Le HCR et le Minepat lancent un comité pour le développement des localités abritant des réfugiés

Les deux institutions ont procédé mardi au lancement du comité de pilotage chargé de la coordination et du suivi des interventions de développement des localités accueillant des réfugiés dans l’Est, l’Adamaoua et le Nord.

Ce mardi, 30 mai 2017, a eu lieu le lancement officiel du Comité de pilotage chargé de la coordination et du suivi des interventions de développement des localités abritant les réfugiés centrafricains dans les régions de l’Est, de l’Adamaoua et du Nord. Cet organe est mis en place par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et le ministère de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) dans un contexte de fragilité des localités d’accueil et des zones frontalières du fait de l’instabilité socio-politique et sécuritaire de la Centrafrique.

Les récentes scènes de violence survenues en Centrafrique ont entrainé un afflux des ressortissants de ce pays au Cameroun. Ce sont environ 259 145 réfugiés centrafricains qui sont accueillis dans les régions du Nord, de l’Adamaoua et de l’Est, principalement dans les villes de Timangolo, Meiganga, Gado, Borghop… Selon le HCR, cette situation a entrainé des problèmes tels que l’aggravation de la vulnérabilité des populations locales, l’accès limité aux ressources de subsistance et aux services sociaux de base.

«Bien que la présence des réfugiés dans les villages d’accueil représente une opportunité pour ces localités à travers, entre autres, des activités commerciales et agropastorales, elle exerce une pression importante sur les ressources  naturelles des régions  d’accueil entrainant ainsi d’énormes risques de stabilité et de coexistence pacifique entre les autochtones et les réfugiés», explique-t-on au HCR.

Toutes choses qui ont conduit le Minepat et le HCR à signer un accord de partenariat le 24 octobre 2016 pour l’amélioration des conditions de vie des réfugiés et des communautés hôtes. Ce dernier prévoit la mise en place du Comité cité avec pour mission principale de coordonner et d’orienter de manière stratégique les activités liées à la réalisation du plan de soutien aux communes hôtes. En cours d’élaboration, ce plan de soutien devrait être finalisé puis validé en octobre. Le mois de décembre sera dédié à son lancement officiel suivra alors le début de sa mise en œuvre au mois de janvier 2018.

«Il s’agit de renforcer les capacités des  réfugiés en même temps que celles  des communes hôtes. On voudrait renforcer les services sociaux de base qui profitent aussi bien à la population locale qu’aux réfugiés. Parce que ces populations ont de nombreux problèmes. Certains réfugiés centrafricains sont souvent de grands éleveurs qui arrivent avec des troupeaux, lorsqu’ils viennent cela créé des problèmes avec les éleveurs locaux à cause du pâturage. De même nous voulons renforcer les infrastructures», a souligné le représentant du HCR au Cameroun, Kouassi Lazare Etien.

Pour y parvenir, l’organe devra identifier les besoins prioritaires des réfugiés et des populations hôtes par la collecte des données ; préparer les plans et renforcer les capacités des acteurs sur la question des réfugiés, procéder à l’analyse des informations collectées dans les camps de réfugiés ; faire une estimation financière des besoins arrêtés et chiffrés. Il devra par ailleurs chargé d’élaborer des termes de référence pour l’utilisation des ressources, d’élaborer les programmes et projets prioritaires sur le plan technique, managérial et financier en faisant ressortir l’impact économique et socio-culturel des réfugiés et des populations hôtes.

Toutes ces actions seront menées sous la présidence du secrétaire général du Ministère de l’Economie, Jean Tchoffo, et lla coordination technique du HCR.