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Le gouvernement camerounais était au courant

Le gouvernement camerounais était au courant

Le porte-parole de la présidence centrafricaine indique que les autorités camerounaises ont été informées quatre jours avant que l’incursion ne survienne.

Une semaine deux jours après l’attaque par les rebelles centrafricains de Gbitti, petit village situé en territoire camerounais dans le département de la Kadey, les zones d’ombre commencent progressivement à s’éclaircir. D’après les médias centrafricains, le porte de la présidence centrafricaine, Guy Simplice Kodégué, a indiqué que son gouvernement tenait à rappeler : «les services de renseignements centrafricains ont été alertés du projet d’agression qui se tramait, impliquant, toute proportion gardée, les forces négatives se réclamant d’Abdoulaye Miskine. Diligence a été faite au gouvernement camerounais tendant à l’informer sur ce projet funeste quatre jours à l’avance». Puis, «devant cet acte odieux qui a entraîné la mort des ressortissants d’un peuple frère et ami de la Centrafrique, le gouvernement centrafricain tient à rassurer les autorités camerounaises que des dispositions seront prises pour traquer les éventuels auteurs, co-auteurs, complices où qu’ils se trouvent sur le territoire centrafricain, afin d’endiguer la racine du mal. A ceux qui attisent le feu de la discorde et de la haine et qui incitent les uns et les autres à marcher dans le sens du génocide, je voudrais rappeler que la répression ne les épargnera pas» a-t-il poursuivi.

Des propos qui corroborent les déclarations du gouverneur de la région de l’Est, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua : «Compte tenu des informations que nous avions, nous avons pris certaines mesures pour parer à toutes éventualités». Manifestement, ces mesures n’ont pas été à la hauteur de la menace du projet d’attaque qui aura finalement coûté la vie à sept personnes dans la nuit de samedi à dimanche. Le lendemain de l’attaque dans un communiqué, Edgard Alain Mebe Ngo’o, le ministre délégué à la présidence de la république chargé de la Défense a annoncé que les militaires camerounais avaient repoussé l’attaque ; tout en précisant par ailleurs :«la situation est sous le contrôle des forces de défense dont le dispositif permet de garantir l’intégrité du territoire».

Les déclarations du porte-parole de la présidence centrafricaine interviennent alors que quelques jours avant l’attaque des rebelles, le ministre de la Défense s’était retrouvé dans la région de l’Est, pour installer les nouveaux responsables de son département ministériel. Edgar Alain Mebe Ngo’o en avait profité pour vanter l’efficacité du dispositif mis sur place et réaffirmé que l’Etat suit de très près la situation à la frontière de l’Est Cameroun avec la République centrafricaine.

S’agissant de la personne mise en cause par les autorités centrafricaines : Abdoulaye Miskine, président du Front démocratique du peuple centrafricain, a de son côté nié toute implication dans l’attaque du 16 novembre dernier. Cet ancien allier de la coalition Seleka, qui a contribué à faire tomber le régime de François Bozizé au mois de mars dernier est entré en désaccord avec l’actuel pouvoir de Bangui dirigé par Michel Djotodia. Au mois de septembre dernier, plusieurs sources annonçaient l’arrestation d’Abdoulaye Miskine dans un hôtel à Bertoua par les éléments de la Direction de la surveillance du territoire. Une information qui n’a jamais été confirmée officiellement.

 

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