Le Front Uni Continue Sur Sa Lancée Avec L’opération « Terminus, 2018 !

C’est dans un secret relativement bien gardé que le Front Uni de la Diaspora pour une Alternative au Cameroun a tenu sa deuxième assemblée générale ordinaire ce samedi 30 mai 2015 en région bruxelloise. Les membres du Front Uni sont arrivés par petits groupes au lieu de la réunion où les attendaient un bon café du Cameroun. C’était l’occasion pour certains d’entre eux de se revoir depuis l’assemblée générale du Front Uni tenue en région parisienne le 22 novembre dernier. Toutes les organisations membres étaient représentées, et les ténors du Front étaient presque tous là. Le Général Robert Waffo, Kingue Kwate ou encore Gervais Younkep entre autres, pour le CCD. Le Dr Moïse Essoh, le commissaire Junior Zogo, le Dr Patrice Ndjoumi, le combattant Emmanuel Kemta, l’homme au porte-voix de l’Hôtel Intercontinental, ou le responsable politique Emeh Elong pour le CODE, en notant cependant l’absence de l’ex-Secrétaire exécutif Tene Sop ou du combattant Brice Nitcheu, hélas empêché en dernière minute pour des raisons personnelles. Pour CAMDIAC le Prof. Jean Bosco Tagne, venu spécialement des Etats Unis pour la circonstance. On notait également la présence de plusieurs autres délégués de chacune de ces organisations. Talla Corantin, invité comme simple observateur du fait de sa présence en Europe, fut autorisé à donner son avis sur certains points du débat.

C’est après 11H00 que la séance de travail commence. Après un bref bilan du fonctionnement et des actions du Front Uni, les membres ont mené des débats engagés et de très haut niveau, dans une ambiance démocratique et un esprit positif qui ont permis d’arriver à des décisions consensuelles. Pour renforcer l’efficacité du Front Uni, l’Assemblée générale, instance suprême du mouvement, a donné des orientations précises au Directoire pour l’élaboration d’un règlement intérieur et d’un code de conduite au sein du Front Uni. Pour améliorer le fonctionnement interne du Directoire, organe de coordination du Front, elle a par ailleurs désigné le Dr Moïse Essoh et le Général Robert Waffo Wanto comme co-secrétaires du Directoire, chargés d’assurer le suivi de la mise en œuvre des décisions du groupe, et accessoirement de le représenter en cas de nécessité administrative.
La pause repas, bien copieuse, permit aux anciens « Parlementaires » présents de distiller quelques anecdotes de leur épopée.

La seconde partie de la rencontre, tenue à huis clos et à laquelle nous n’avons pas pu assister, fut consacrée à la stratégie et aux actions à venir du Front Uni. Lorsque nous avons pu revenir dans la salle, les quelques informations recueillies indiquaient la détermination du Front Uni à se concentrer sur l’objectif de tourner la page de M. Paul Biya au plus tard en 2018, au terme d’un dernier mandat que les responsables du Front Uni jugent illégitime parce que usurpé après un forcing constitutionnel qui a coûté la vie à des centaines de Camerounais. L’opération a été baptisée « 2018 ! Terminus pour Paul Biya ».

« Terminus ! Paul Biya doit descendre de la présidence qu’il a transformée en trône. Même avant la fin de son mandat, si on peut l’obliger à quitter, le plus tôt sera le mieux », précisent-ils.

Lorsqu’on lui demande par quels moyens le Front Uni compte faire partir M. Biya, le commissaire Zogo répond : « Attention ! Nous ne sommes pas des va-t-en guerre, contrairement à ce que le régime veut faire croire pour nous diaboliser. Nous menons des actions certes spectaculaires, mais parfaitement démocratiques, au cours desquelles la police qui intervient à chaque fois, n’a jamais trouvé le moindre objet tranchant sur nous. Par contre, quand M. Biya fait tirer sur les manifestants, c’est à balles réelles ! Nous voulons juste lui exprimer le ras-le-bol du peuple, mais en face, et de manière démocratique ! Savez-vous que ce qui s’est passé au Burkina Faso est parfaitement démocratique ? Au Cameroun, M. Biya a fait passer ça en 2008 pour de la rébellion et il a envoyé l’armée massacrer la population ! ».

« Nous voulons une autre société au Cameroun, renchérit le Dr Essoh. Le Cameroun est comme une bouteille fermée dont l’eau est pleine de déchets toxiques. Il faut changer cette eau toxique qui tue à petit feu le peuple camerounais. Et pour cela, il y a des organisations politiques locales qui ont des bons projets et des hommes capables de sauver le Cameroun. Un autre Cameroun est vraiment possible, et d’autres choix sont nécessaires. Mais pour remplacer l’eau toxique par l’eau potable, il faut d’abord faire sauter le bouchon. Paul Biya est le bouchon qui empêche une eau nouvelle de remplir la bouteille Cameroun. Il doit sauter ! ».

« Ceci dit, nous ne sommes pas là seulement pour critiquer, ajoute le Général Waffo. Nous sommes aussi en capacité de faire une offre politique. L’indispensable transition vers l’après-Biya doit se faire dans la démocratie. C’est pourquoi nous allons aussi mettre l’accent, dans notre action, sur l’émergence de conditions véritablement démocratiques notamment électorales, pour qu’une telle transition démocratique ait lieu en même temps que M. Biya aura été contraint de quitter le pouvoir. Les deux vont de pair. »
« L’objectif premier, c’est que Biya parte du pouvoir ! Nous voulons que nos frères et sœurs ne viennent plus mourir ici dans la mer ou se prostituer à 500 mètres des suites présidentielles de M. Biya en Suisse. Nous voulons un meilleur Cameroun pour nos familles. Mais soyez honnêtes, chers journalistes, vous savez que tant que ce démon de Biya est là, il n’y aura aucun début de changement au Cameroun. Ça va plutôt en s’empirant. Biya doit partir ! », martèle le prof. Tagne.

Les autres membres du Front Uni répondent sobrement à nos questions, laissant entendre que la diaspora est bien consciente de ses limites sur les événements au pays, mais également de sa position privilégiée pour porter haut et de manière forte les revendications qui ne peuvent librement s’exprimer dans la dictature camerounaise. Forte de ses atouts, elle s’offre de travailler en étroite collaboration avec les forces vives du terrain qui le souhaitent.

S’ensuit une courte séance de photos avec les responsables d’organisations, pendant que les autres membres prennent un dernier verre de l’amitié. C’est vers 20H30 que les premiers membres quittent la salle. Les membres du Directoire, quant à eux, nous donnent déjà rendez-vous pour leurs prochaines actions.