Le drame d’Eséka et sa kyrielle de plaintes

Des victimes de l’accident ferroviaire survenu le 21 octobre 2016 dans le département du Nyong-et-Kellé ont intenté des poursuites auprès de plusieurs juridictions.

Plusieurs procédures judiciaires en rapport avec la tragédie du 21 octobre 2016 à Eséka sont en cours. Toutes ces plaintes sont dirigées contre le transporteur ferroviaire Camrail. La série judiciaire a commencé quelques jours seulement après l’accident. En effet, le 24 octobre 2016 un collectif d’avocats camerounais, représentant des victimes a demandé l’ouverture d’une enquête judiciaire en France. A l’époque, Me Michel Voukeng, un des avocats du collectif, expliquait au magazine Jeune Afrique, qu’il s’agissait d’une procédure  «pour atteintes à l’intégrité corporelle et homicides par imprudence et négligence ». L’objectif visé par les avocats est de pousser la justice française à se pencher sur la gestion de la Camrail par des ressortissants français.

Dans le même dessein, une autre plainte devant la justice française a été émise. Cette fois-là, c’est le groupe Bolloré, qui est visé. Mais, avant le dépôt de ladite plainte, le collectif s’est d’abord assuré d’avoir « géré » des préalables au Cameroun. En effet, le 02 novembre 2016, ces avocats ainsi réunis ont déposé une plainte auprès du tribunal de grande instance d’Eseka. Celle-ci cible directement le directeur général de Bolloré Railways, le directeur technique ainsi que plusieurs membres du personnel de Camrail, dont le conducteur du train 152.

Dans la foulée, d’autres avocats, qui s’étaient également regroupés en collectif ont eux aussi déposé une plainte à l’étranger. Contrairement aux deux précédentes, c’est vers l’Italie qu’ils se tournent pour faire entendre la cause de leurs clients. Au parquet de Trieste, ils déposent un dossier dans lequel ils demandent l’ouverture d’une enquête criminelle. Ici, c’est la société d’assurance Generali, l’assureur de la Camrail, qui est pointée du doigt. D’ailleurs, si la plainte est déposée en Italie en partie parce que le siège social de l’entreprise s’y trouve.

Après toutes ces plaintes, le premier procès en rapport avec le drame d’Eséka s’ouvre le 17 mai 2017,  au  tribunal de première instance (Tpi) de Douala. L’ex-directeur général de Camrail, Didier Vandenbon, Cyrille et Vincent Bolloré de la société Bolloré Transport Logistics, ont été assignés devant le juge des référés par des proches de passagers portés disparus lors de l’accident du train 152.

Dans cette dernière affaire, les plaignants, deux familles à la recherche de leurs proches portés disparus lors du déraillement du train,  ont décidé de saisir la justice. Le conseil chargé de l’affaire, Me Michel Voukeng expliquait que, dans ce procès, les familles « demandent à ce qu’on leur rende les corps ou les restes de leurs proches disparus pour pouvoir faire leur deuil », mais aussi, la publication des conclusions du rapport d’enquête commandé par le chef de l’Etat camerounais.