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LE DR VINCENT-SOSTHÈNE FOUDA APPELLE LE GOUVERNEMENT YANG À RENDRE SON TABLIER

LE DR VINCENT-SOSTHÈNE FOUDA APPELLE LE GOUVERNEMENT YANG À RENDRE SON TABLIER

Il y a des moments où chacun d’entre nous se doit de prendre ses responsabilités face à l’histoire. C’est peut-être pour nous ce moment, le moment politique au Cameroun retient son souffle.La presse écrite même en traînant le pas a fini par relayer la non-consommation du budget d’investissement au Cameroun alors que la croissance du pays est plombée et stagne à un niveau végétatif de 3 % depuis 2011. Les accidents de circulation se succèdent sur nos routes, des ponts entiers s’écroulent et ensevelissent des dizaines de passagers, le devenir du Cameroun est sur les cartes postales et des photostops qui traduisent à suffisance l’état d’esprit qui est le nôtre collectivement aujourd’hui.

Ci dessous une photo de notre imaginaire collectif ! Quand notre pays sera aussi !

Cameroun rêvé:Camer.be

Les assassinats ciblés se poursuivent au nom d’une justice populaire, tout ceci dans l’indifférence de tous et de chacun. Le pouvoir actuel et ceux qui le portent à bout de bras sans véritablement l’exercer ou l’incarner montrent à la face du monde qu’ils sont dorénavant « un objet sans objet », une société à irresponsabilité illimitée. Tout le monde sait déjà que tout cela va s’effondrer, mais personne n’a le courage de le précipiter ; aujourd’hui, c’est un impératif, une nécessité, le gouvernement Yang et ceux qui le portent doivent rendre leur tablier. Le Cameroun est une somme de problèmes sans solutions, il est acquis que la chronique des jours qui passent est un concentré de la décadence morale du pouvoir en place et de la coterie etoudienne à tous les niveaux de responsabilité.

Un gouvernement rend généralement son tablier pour deux raisons : soit il a atteint les objectifs qui lui ont été assignés soit il ne les a pas atteints. Pour le cas Yang Philémon, il est passé largement à côté du redressement économique qui était sa mission première. Ce gouvernement a ajourné sa propre feuille de route, paralysé tout le pays, produit un DSCE qu’il n’arrive pas à lire lui-même, mais qui pose tout de même un diagnostic qui mérite qu’on s’y attarde. Les 2/3 du Cameroun vont mal, très mal même et le Cameroun explosera si jamais ce gouvernement ne démissionne pas par simple principe républicain.

Ci-dessous un homme lynché à Douala le 07 11 2014 – la foule en délire a empêché qu’on puisse venir en aide à la victime accusée de vol de moto.

Voleur Lynché:camer.be

Remettons en cause le mandat du ministre des Transports pour les accidents qui endeuillent les familles dans l’indifférence totale du gouvernement camerounais, remettons en question le mandat du ministre des Finances qui n’arrive pas à donner aux ex-employés des 48 sociétés d’Etat liquidées ou restructurées ce qui leur revient de plein droit. Le gouvernement camerounais est indéfendable, c’est ce que se confient en privé ses caciques et ses géniteurs. Ce n’est peut-être pas le plus grave

cependant ; le plus grave est dans le fait que politiquement, les 33 années de règne du renouveau ne sont pas défendables. Il est presque impossible de trouver un pays en Afrique qui, en 33 ans, a mis au chômage autant de ses concitoyens, créé si peu d’emploi, perverti la morale et l’éthique de sa population ! Très peu aujourd’hui acceptent de souffler la bougie d’anniversaire. Les masses, les courtisans incriminent le créateur et veulent tourner la page, car ils découvrent qu’hier ils ont participé au démantèlement de l’économie en vendant les sociétés d’Etat en pièces détachées, qu’ils ont monté des dossiers pour envoyer leurs amis d’un jour en prison. Beaucoup y ont perdu la vie et anéanti leur propre famille, chose plus qu’importante au Cameroun. Après 10 ans en prison, il n’y a plus ni enfants ni femme qui vous attendent à la sortie ! La jeunesse est dans les rues, dans la grande beuverie, découragée et convaincue que sa génération n’aura jamais rien. Cette jeunesse humiliée en regardant de l’autre côté de la clôture sait que ses « maîtres » mentent et surtout qu’ils ne sont pas si heureux que cela.

Vivement la deuxième république

La première république, je ne l’aime pas avec son cortège de mensonges, non je ne l’aime vraiment pas. Ce régime bancal de soumission de la majorité par une infime minorité, dans son costume taillé sur mesure par un couturier on ne peut plus complaisant ! Depuis la disqualification de l’UPC du processus de construction de notre pays, ce sont les mêmes qui veulent que l’on réponde au Président de la République « Oui mon Général ». Nous sommes dans le coup d’Etat permanent dans un cortège de misère comme ce fut le cas avec Baby Doc à Haïti, car le Président Biya n’est pas Ahmadou Ahidjo et n’est pas non plus le Roi Christophe ; il lui manque un élément essentiel, l’amour de son peuple.

Le peuple camerounais doit prendre conscience qu’inviter le gouvernement à partir c’est donner un coup de main au Président de la République et donner un coup de main c’est préparer l’avènement de la deuxième république dont nous ne pouvons plus faire l’économie. Il est nécessaire de mettre l’establishment en ballottage franc et massif, ceci avec fermeté. L’establishment doit comprendre que le peuple ne se nourrit pas de l’épervier et de ses victimes, que la construction d’un pays est un programme et comme tout programme il comporte deux phases : la conception et l’application. S’il n’y a pas de lineanta, il n’y a d’instrumentum laboris et au final on ne saurait avoir d’aggiornamento. Voilà pourquoi la catastrophe du régime sous lequel nous ployons depuis des années est de croire lui-même qu’il est dupe de bonne foi alors que chaque jour un peu plus il s’enferme dans sa propre hypocrisie.

Un jeune médecin en service à l’hôpital général de Yaoundé m’a interpellé il y a quelques jours et me demandait si la politique est un fait divers. Que non ! Mais les problèmes qui concernent les populations peuvent être des faits divers qui demandent des solutions politiques au risque de se transformer en véritable torrent qui emporte tout sur son passage. La bataille au sein du Conseil Electoral (ELECAM) est un fait divers, mais également un torrent, car si le corps électoral était convoqué aujourd’hui, cette structure ne serait pas en mesure d’assurer ne serait-ce que le service minimum – pourtant c’est un gouffre financier qui engloutit de l’argent que notre pays n’a pas ! Nous payons donc plus de 500 personnes pour leur ego, pour des batailles de cuisine, pour enterrer la République ! Ce qui est vrai à ELECAM l’est aussi au Ministère des Finances, à la SOPECAM, à la CDC et où sais-je encore ? Nous n’en sommes donc plus au stade des propositions qui ont jusque-là rencontré le silence, et surtout l’indifférence de l’establishment. C’est désormais au peuple de donner le coup de balai nécessaire pour que la maison soit propre et rangée.

Le peuple doit chasser le gouvernement Yang en meute, donner deux mois au Président de la République pour qu’il prenne conscience que personne ne veut plus de lui, trouver une nouvelle équipe gouvernementale et se tourner résolument vers le social. Il est de notre devoir républicain de ne pas nous autoémasculer selon le dicton Ekang. Il nous revient d’être des soldats organisés pour agir ensemble pour les mêmes objectifs, objectifs qui nous crèvent les yeux. Remettre le Cameroun au niveau où il était sur le plan alimentaire en 1982, car oui nous étions autosuffisants !

Que les journalistes cessent de protéger celui qui les paupérise, car il y a seulement dix ans, le budget du ministère de la Communication était à 3 milliards et chaque délégué département de la communication sur les 49 départements que compte notre pays avait une enveloppe de fonctionnement d’un million cinq cent mil francs. Qu’est-ce qui justifie que dix ans après, avec une enveloppe budgétaire de 10 milliards les délégués se retrouvent avec 450 000 francs CFA ? Qu’est-ce qui explique que lorsque certains journalistes le dénoncent d’autres encensent un travail qui n’en est pas un ? Les universités sont paralysées parce que le ministre qui a l’argent refuse de payer la prime à la recherche aux enseignants – c’est un test grandeur nature avant de voir le peuple pousser son dernier cri libérateur. Rien aujourd’hui ne peut justifier les

pleurs et les larmes autour du cadavre de la belle-mère du Président de la République quand il n’y a aucune larme, aucune fleur pour les morts de nos routes, pour nos enfants à Biyem-Assi. Le silence du gouvernement, son cirque laisse pantois tant il est caricatural de l’esprit de cynisme qui les hante plus qu’il les habite.

Les forces de défense nationale sont en alerte maximale, pourquoi ? C’est la panique à bord, car on redoute que le Boko El Haram tant craint arrive aux portes de la capitale dont on nous scande à loisir que tant qu’elle respire c’est le Cameroun tout entier qui vit. Les ministres, les directeurs généraux, tous ceux qui ont une parcelle de pouvoir parlent dans l’affolement après avoir espéré que le silence pur permettrait de passer entre les gouttes, c’est le cas de Robert Nkili et de Issa Tchiroma Bakary pour ne citer qu’eux…

Pourquoi Yang Philémon doit-il démissionner ? J’ai esquissé une réponse plus haut. Sinon quoi ? Quelle est cette façon de ne pouvoir assumer quoi que ce soit ? Les réussites comme les échecs ? Le Premier Ministre doit assumer devant la société camerounaise l’échec de son plan économique. C’est un échec suprême de ne pas inscrire les projets du Président de la République dans les faits. Cela dure depuis un moment déjà et la session budgétaire qui entre à l’Assemblée Nationale ne devrait se faire qu’avec une nouvelle équipe gouvernementale. Si le Président de la République ne demande pas au premier de ses ministres de lui remettre sa démission, il se tire lui-même une balle dans le pied au point de se sectionner l’artère fémorale et prend de ce fait le risque de se vider en très peu de temps de tout son sang. L’échec de la mise en musique des directives du Président incombe au chef d’orchestre en premier. Personne vous me direz n’a voulu l’échec ou la non mise en musique des directives du Président de la République ; c’est justement au nom de cette logique que nous devons nous demander pourquoi il y a échec si personne n’en a voulu. C’est donc bien une incompétence de ne pouvoir mettre en musique une partition que l’on a entre les mains. Tout autre raisonnement produit pour expliquer l’incompétence de l’équipe gouvernementale va emporter le chef de l’Etat lui-même.

Qui parmi le peuple accepte ce que nous vivons aujourd’hui dans nos domiciles respectifs ? Qui accepte que dans certains départements de notre pays le budget d’investissement ne soit consommé qu’à 15 % ? Que des investissements commencés à deux mois de la fin de l’exercice budgétaire ne soient réalisés qu’à 10 % ?

Qui accepte que dans la nouvelle mouture du Code de la Famille qui nous est proposée il soit reconnu le caractère universel de la famille qui légalise de fait l’homosexualité et la gestation pour autrui dans notre pays ? Qui peut comprendre la fin de la parenté dans notre pays ?

Le pouvoir est au peuple

Le pouvoir est au peuple et il est le seul à savoir et à déterminer ce qui est bien pour lui. La loi du nombre est donc au-dessus de la minorité régnante même si à un moment donné cette minorité a reçu mandat du peuple. Il est légitime et légal que la majorité conteste ce qui est fait par la minorité régnante. Toute la démocratie repose sur l’évolution de ce nombre, sur ses positionnements. La démocratie n’est pas basée sur la qualité des individus, mais sur leur nombre, c’est le nombre qui crée la puissance, c’est le nombre qui produit, provoque une transformation qualitative et des individus qui constituent le groupe. M. Yang n’est donc pas indispensable, il est changeable et l’ensemble de son gouvernement avec par la seule et unique volonté du nombre c’est-à-dire du peuple et le Président de la République gagnerait à l’écouter. Le gouvernement Yang par ses méthodes de gouvernance a retourné l’asymptote de croissance des Camerounais vers moins l’infini au point de nous donner une image négative de nous-mêmes alors qu’il aurait dû œuvrer à changer notre situation sociale. Je parle ici de sujets plus profonds tels que comment savoir et déterminer ce que les individus que nous sommes perçoivent d’eux-mêmes ? Ceci ne peut se faire que dans un univers global.

Nous voulons un gouvernement qui place l’homme au cœur de sa politique et de son action, qui tienne compte de l’environnement, de la protection de nos cours d’eau, de notre forêt, de notre faune, nos forêts surexploitées doivent être reboisées. Nous voulons un gouvernement qui se préoccupe de l’avenir de la jeunesse camerounaise et non de son propre devenir centré sur la gestion de carrière de ses membres. Nous voulons un gouvernement tourné vers le savoir endogène parce que l’objectif premier de l’éducation est de répondre aux questions qui se posent à notre milieu de vie et d’avoir la capacité de les anticiper. Voilà un autre échec du gouvernement Yang qui ne donne point à la jeunesse les clefs de lecture du monde de demain. « Les historiens des techniques défendent en effet l’idée selon laquelle les outils complexes ne sont jamais inventés spontanément, mais résultent de l’accumulation successive de nombreux changements mineurs. »1 Dès lors, « ce processus, nommé culture cumulative, nécessite que les innovations produites par un individu soient transmises à d’autres individus. » Le mécanisme de cette transmission, puis celui de la capacité à accumuler les savoirs au point qu’ils constituent une base de nouveaux savoirs plus complexes est l’objectif essentiel du phénomène dont nous parlons c’est-à-dire l’éducation. Commençons par voir comment cela fonctionne. Ce processus est tué au Cameroun par cette équipe même si elle n’a pas fait pire que les précédentes. Le Cameroun ne mise plus que sur les talents individuels ; les génies pour se bomber le torse dans un pays qui a misé sur l’éducation de masse ! Qui ne le voit pas ?

L’émergence de techniques complexes ne peut être expliquée à soi seul, ni par l’intelligence individuelle, ni par le mécanisme d’apprentissage social. « L’explosion culturelle du paléolithique supérieur n’a pas été homogène ni dans l’espace ni dans le temps. Cela suggère que la complexification culturelle ne résulte pas directement de l’apparition soudaine de capacités individuelles spécifiques, et que d’autres facteurs sont susceptibles de déclencher l’émergence ou la disparition de pratiques culturelles complexes. » Si nous ne réformons pas l’école, alors oui il ne nous sera pas possible d’avoir des ouvriers qualifiés demain, nous ferons de la médecine générale, mais nous ne comprendrons pas la complexité du corps humain donc ne pourrons jamais pratiquer des chirurgies complexes par exemple.

Nous devons donc non pas essayer, mais passer à une autre politique de plus vraie avec des hommes et des femmes qui se sentent impliqués dans le futur et dans le devenir du pays et de ses hommes. Ce ne sera pas avec l’équipe gouvernementale actuelle. Cette équipe, quoi qu’elle fasse et dise est au bout de son cycle de vie, elle ne peut pas se régénérer, car plus un groupe est petit (ils le sont par rapport à la masse que nous sommes) plus la chance que celui-ci assimile les connaissances complexes est faible, disons nulle. C’est la raison pour laquelle l’eau finit toujours par faire céder la digue.

Il reste au Président Biya une infime marge de manœuvre, elle est dans le temps, dans un intervalle de deux mois et il se doit de la saisir s’il veut sortir par la grande porte de l’histoire des peuples et des Nations. C’est un devoir citoyen de le lui rappeler cette fois au quotidien.

 

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