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LE DOMICILE DE ANDRÉ MAMA FOUDA CAMBRIOLÉ À YAOUNDÉ

LE DOMICILE DE ANDRÉ MAMA FOUDA CAMBRIOLÉ À YAOUNDÉ

Le bilan fait notamment état d’un coffre-fort emporté de la résidence du ministre de la Santé publique.

La résidence du ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, sis au quartier Obobogo, dans l’arrondissement de Yaoundé IIIème, a été cambriolée hier par des personnes armées. Celles-ci se sont infiltrées dans le domicile de ce haut commis de l’Etat et ont ligoté le personnel composé de cuisiniers, jardiniers et de vigiles, avant de passer la villa du ministre au peigne fin. Dans leur besogne, les malfaiteurs, selon des témoins, ont emporté, sur une moto appartenant à un employé de la maison, un coffre-fort trouvé dans la résidence de André Mama Fouda. Le contenu de ce coffre-fort n’a pas été précisé au reporter. Contacté hier par votre journal, le Minsanté a répondu par le silence.

« Personne n’était au fait de ce cambriolage. Nous avons été surpris de voir le quartier envahi par des policiers et des gendarmes », confie un riverain. C’est aux alentours de 11h que
des véhicules chargés de policiers et de gendarmes font irruption dans le quartier. Certains habitants, qui pensent d’abord à une rafle, s’enfuient aussitôt. « C’est la direction prise par ces éléments de maintien de l’ordre qui va attirer notre attention », renseigne une source.

Quelques heures après l’incident, le quartier Obobogo, précisément au lieu-dit « Entrée ministre », a retrouvé son calme. Sur la petite allée bitumée qui mène au domicile du Minsanté, rien d’anormal. Quelques élèves du retour des classes marchent en silence, en file indienne. « Non tantine ! Il est interdit de descendre là-bas », lance une fillette au visiteur, qui s’entête à emprunter l’embranchement qui conduit à la résidence de André Mama Fouda.

Ici, c’est une curieuse ambiance qui règne. Le seul bruit audible est le ronflement d’un groupe électrogène. A l’extérieur de cette villa passablement cachée par une imposante clôture et des haies de fleurs, une voiture de couleur blanche est garée sur une pelouse tondue à l’ombre d’un manguier. « Vous ne verrez personne ! Tout le monde a été embarqué par la police pour besoin d’enquête », lance un passant, avant d’accélérer le pas.

Ce n’est pas la première fois que le domicile du Minsanté cambriolé. En 2012, une enquête menée par l’hebdomadaire Repères révélait que ce membre du gouvernement avait perdu 300 millions chez lui. « …C’est le 14 mai 2012 que l’ancien directeur de la Maetur fait déposer une plainte au commissariat central numéro 3 de Yaoundé contre trois de ses personnels domestiques pour vols répétitifs. Le 28 mai, Ernest Ndzié le cuisinier, Audrey Moukolo le jardinier et Jean Letni l’agent de ménage ainsi que son épouse qui ne travaille pourtant pas chez le Minsanté, sont gardés à vue », relevait l’enquête.

D’après l’article du confrère, c’est un accident qui a éveillé l’attention et aiguisé l’appétit du personnel domestique du Minsanté. Le 28 août 2009, un train transportant du gasoil, du pétrole et du super dans 15 wagons déraille au passage à niveau au quartier Obobogo à Yaoundé, provoquant un violent incendie. Les flammes menacent d’embraser la résidence de Mama Fouda, située dans les parages. Ce dernier rapplique chez lui pour coordonner la sécurisation de son patrimoine.

Le personnel domestique du Minsanté découvrira alors, ahuri, que parmi les effets sécurisés, il y a beaucoup de sacs d’argent transférés en lieu sûr. «Je n’avais jamais su ou imaginé qu’il y avait autant d’argent dans cette maison», soufflera un témoin. Après quoi, le personnel domestique entreprendra à se servir.

Ce nouveau coup de vol chez le ministre de la Santé publique remet en lumière le phénomène de thésaurisation chez les dignitaires du régime en place. Celles-ci préfèrent désormais conserver leurs fortunes dans des coffres-forts planqués dans leurs résidences, au lieu de les déposer dans des établissements bancaires, de peur d’être débusqué par l’Agence nationale d’investigation financière (Anif).

 

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