Le cours du brut camerounais sur le marché s’est dégradé de 46,90% entre juin 2014 et juin 2015

En termes de recettes pétrolières pour l’année 2016, le Cameroun a décidé d’opter pour l’extrême prudence, au regard de la conjoncture internationale toujours pas reluisante autour du prix du baril du brut. En effet, selon le projet de loi de Finances actuellement en examen au Parlement, le gouvernement table sur des recettes pétrolières d’un montant de 397,2 milliards de francs Cfa en 2016, contre des prévisions de 774,9 milliards de francs Cfa en 2015, soit une réduction de près de 50%.

A l’origine de cette baisse drastique des prévisions, qui ramène la proportion des recettes pétrolières dans le budget de l’Etat camerounais à peine à 10%, contre 25% par le passé, la chute des cours mondiaux du pétrole. En effet, souligne la Société nationale des hydrocarbures (SNH) dans la dernière édition de son magazine d’entreprise, «entre juin 2014 et juin 2015, le cours moyen du Brent Daté qui sert de référence pour la fixation des prix de vente du brut camerounais s’est dégradé de 46,90% pour s’établir à 57,84 dollars le baril».

Au cours du 1er semestre 2015, apprend-on de la même source, le prix du baril du brut camerounais s’est davantage déprécié, pour culminer à 55 dollars seulement. Suffisant pour que l’Etat camerounais, qui table pourtant sur une production pétrolière en hausse à 34,6 millions de tonnes en 2016, voit moins grand en termes de prévisions de recettes.

Aussi, pour se mettre à l’abri des surprises prévisibles sur le marché du pétrole tout au long de l’année prochaine, le gouvernement camerounais, en confectionnant son budget 2016, a-t-il pris l’option de tabler sur un prix du baril à 40 dollars, bien que le cours actuel soit bien supérieur à cette borne.

Pour rappel, au premier semestre 2015, le pays a connu une perte de 58 milliards de francs Cfa sur ses prévisions initiales de recettes pétrolières. Une statistique plutôt appréciable, au regard du volume des pertes annoncées en début d’année (300 milliards de francs Cfa), face à la baisse continue des cours du baril observée sur le marché international.