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Le Consulat de Belgique accusé de complicité de persécution d’un Camerounais

Le Consulat de Belgique accusé de complicité de persécution d’un Camerounais

Emmanuel Ndoumbè n’arrive pas à faire le deuil de son épouse belge décédée le 25 décembre 2013 à Kribi. La dépouille lui a été volé à la morgue de l’hôpital de district de Kribi par sa belle-famille avec la complicité de l’Ambassade de Belgique à Yaoundé et l’onction des autorités camerounaises. Depuis le veuf ne sait plus à quel saint se vouer pour faire triompher la justice.

I- Racisme en terre camerounaise

TOUT SEMBLAIT POURTANT sourire à Emmanuel Ndoumbé et à Mlle André Brigitte Simone Victorine au moment où ils se disent «oui» pour le meilleur et pour le pire en 2009. C’était précisément le 11 septembre à la mairie d’arrondissement de Douala 1er. En effet le bonheur inonde rapidement cette histoire d’amour débutée quelques années plutôt sur internet entre ce Camerounais né en 1973 et cette belge qui a vu le jour en1957. Deux tourtereaux qui après avoir accusé de nombreux  échecs dans leurs vies sentimentales respectives, avaient fini par s’essayer à un amour virtuel vite rattrapé par la réalité.

La réalité justement c’est que Emmanuel et Brigitte ont vite compris qu’ils étaient faits l’un pour l’autre raison pour laquelle ils décident de passer le restant de leurs jours ensemble. Leur voyage de noces passé à Kribi leur permet d’ailleurs d’accorder leur violon pour ce qui est de leur future vie de couple. C’est ainsi que tombés sous le charme de la cité balnéaire, ils décident de s’y établir. Le mari se chargera donc de trouver un logement à Kribi où avec le soutien de sa femme, il ouvre un cyber café avec secrétariat bureautique et un magasin de brocante. Toutefois le couple se met d’accord pour vivre une partie de l’année au Cameroun et l’autre en Belgique.

Cependant seule l’épouse réussira à obtenir une carte de résidente camerounaise. Son époux ne recevra pas le précieux sésame des représentations diplomatiques belges où les procédures s’avèreront plus longues surtout que sa douce moitié voulait également adopter ses deux fillettes. Une adoption que Brigitte espère voir se faire le plutôt, elle qui ne peut plus donner d’enfant à son homme. Homme qu’elle réussit d’ailleurs à faire accepter également à sa fille, âgée d’environ 30 ans, ainsi qu’à ses parents. Sa famille biologique à qui elle donne d’ailleurs envie de découvrir l’Afrique en miniature où elle se rend désormais avec enthousiasme deux fois par an pour des séjours de trois mois chacun.

De même c’est toujours toute radieuse qu’elle regagne son pays d’origine en provenance de son pays d’adoption. Une tradition qui malheureusement ne se répètera pas lorsqu’elle arrive au Cameroun le 29 Novembre 2013 pour passer les fêtes de fin d’année avec son mari. Les retrouvailles sont pourtant comme à l’accoutumée chaleureuses entre Emmanuel, ses deux enfants et Brigitte. Chaleur qui va prendre un coup de froid à quelques jours de noël avec le paludisme qui atteint madame Ndoumbè. Cette dernière se refusera dans un premier temps d’aller à l’hôpital car pense-t-elle, c’est juste une réaction allergique due au changement de climat.

Toutefois, voyant la situation évoluée de mal en pis malgré la prise des produits qu’elle a ramenés de la Belgique et des vitamines prescrites par un médecin de la ville de Kribi et achetées à la pharmacie. Ndoumbè finit par conduire sa femme d’urgence à l’hôpital Ebomè Kribi. Cette formation sanitaire de l’Ong espagnole Lanzarote, partenaire du diocèse de Kribi, est réputée localement pour la prise en charge du paludisme chez les expatriés. Une réputation qui sera bien ternie au petit matin du 25 décembre 2013, lorsque Brigitte rend l’âme avant même d’avoir reçu la totalité des soins qui lui ont été prescrits. Une prescription qui va d’ailleurs vite attirée les soupçons.

Soupçons que l’Hek ne fait rien pour dissimuler comme le démontre le certificat de genre de mort qu’il délivre par la suite. Document où il est écrit noir sur blanc : «Intoxication médicamenteuse, suspicion d’un diabète sucré de type 2 probablement compliqué d’un coma diabétique». Loin d’être satisfait par ces explications Emmanuel saisi aussitôt le Commissariat de sécurité publique de Kribi 0ù une enquête est aussitôt ouverte alors que le corps prend la direction de la morgue de l’hôpital de district de Kribi. Dans la foulée le désormais veuf annonce la terrible nouvelle à sa belle-famille en Belgique auprès de laquelle il compte trouver un peu de réconfort pour affronter cette terrible épreuve.

II- Le couteau continue plutôt d’être remué dans la plaie

EN ALLANT CHERCHER un peu de réconfort chez ses beaux-parents belges, le pauvre Camerounais était loin de se douter qu’il n’était pas au bout de ses peines. Le premier coup de poignard dans le dos lui est assené à travers les colonnes du journal belge dénommé «Vers l’avenir Namur». Une parution qui dans son édition du 26 décembre 2013 accuse le veuf d’avoir assassiné son épouse. Accusation faite sur la base des informations erronées que les proches de la défunte donnent à cet organe de presse. Journal qui sera obligé de se dédire dès le lendemain après que la famille soit revenue sur ses déclarations suite au savon que leur passe leur beau-fils. Toutefois, pour rétablir son honneur.

Ndoumbè contacte le consul honoraire de Belgique à Douala. Il sollicite ce médecin de formation en vue de l’aider à faire pratiquer une autopsie sur la dépouille de son épouse. Une démarche que le veuf va finalement abandonner sur l’insistance de son beau-frère qui parlant au nom de toute la famille, lui demande de se concentrer plutôt sur les obsèques de sa dulcinée. Obsèques qui suivant le même porte-parole ne connaitront pas la présence d’une délégation venant de Belgique ceci en raison des difficultés financières que traverse la famille. Famille qui compte néanmoins sur son gendre pour lui envoyer le reportage vidéo desdites obsèques. Fort de ce qui précède, Emmanuel Ndoumbé se rend à Penja, son village natal dans le département du Moungo, region du Littoral, où il souhaite inhumer sa femme. C’est ainsi que le veuf entouré des siens multiplient les réunions préparatoires en vue de rendre un dernier hommage à celle qui a partagé sa vie plus de 6 ans durant.

C’était bien entendu sans compter sur un autre rebondissement venant de la partie belge. En effet Emmanuel Ndoumbé croit à une blague de mauvais gout lorsque le 03 février 2014 son beau-frère lui annonce par mail que le corps de son épouse est désormais à Namur en Belgique où il sera incinéré quelques jours plus tard. Il faudra une confirmation du patron de la police de Kribi pour qu’Emmanuel Ndoumbé réalise ce qui est en train de lui arriver. Il saisit donc rapidement l’ambassade de Belgique à Yaoundé et celle du Cameroun à Bruxelles. Seule la première lui répondra en lui apprenant que le corps de sa femme a été rapatrié le 29 janvier 2014 suite à une décision de la justice belge à laquelle les autorités camerounaises n’ont fait aucune objection.

Ndoumbé va pourtant faire confiance à la justice de son pays en déposant quatre plaintes en début février 2014. Les deux premières contre l’hôpital d’Ebome Kribi et son médecin-chef pour non-assistance à personne en danger. Les deux autres contre l’hôpital de district de Kribi et son directeur pour vol de corps. De même il saisit par écrit les autorités administratives et judiciaires du département de l’Océan avec en substance une demande d’audience.

Seul le procureur de la république près les tribunaux de Kribi acceptera de le recevoir. Magistrat qui tout en reconnaissant la gravité des faits, demande au veuf si durement éprouvé de laisser le temps à la justice. Un temps que le plaignant a fini par trouver long car jusqu’à ce jour l’affaire n’est toujours pas enrôlée. Entretemps le notaire belge qui avait saisi Emmanuel Ndoumbé dès l’annonce du décès de son épouse pour lui parler d’héritage s’est également rétracté.


Une attitude incompréhensible quand on sait que dans l’acte de mariage N°00376/2009 du 11 septembre 2009, Les futurs époux n’avaient déclaré aucun contrat de mariage. Comment comprendre alors que la famille de la défunte ait réussi à faire allègrement main basse sur son patrimoine immobilier. Emmanuel Ndoumbé face à ce énième revers, a saisi l’office des belges de l’étranger qui n’a pas daigné lui répondre.

L’idée de se rendre en Belgique pour tirer toute cette affaire au clair a fini par germer dans l’esprit du Camerounais. Seulement il craint de ne pas obtenir un visa. De même dans le cas contraire il a également peur pour sa sécurité en se rendant au royaume de Belgique. La Belgique jusqu’à un passé récent se vantait pourtant d’avoir une justice à compétence universelle. Comment comprendre alors que cette dernière en soit aujourd’hui à rendre les décisions sans entendre toutes les parties ? Que dire encore de la diplomatie camerounaise qui chante à tout vent son efficacité alors que des Camerounais sont persécutés dans leur propre pays par des diplomates occidentaux ?

Des questions qu’Emmanuel Ndoumbè se pose continuellement sans pouvoir y trouver des éléments de réponse satisfaisants. Assurément ce n’est pas demain que ce veuf et ses deux « orphelines » qui continuent de lui demander où est passée leur maman blanche, trouveront le sommeil. Toutefois cette famille meurtrie en puisant dans sa foi en Dieu, a fini par s’en remettre à la justice divine qui, elle, ne se trompe jamais. Affaire à suivre.

 

 

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