Le complexe hospitalier catholique de Batouri répond à plus de 50% à la demande des populations

C’est grâce au projet Bêkou initié par l’Union Européenne que cet hôpital offre un espace plus grand et aménagé pour les malades de Batouri et ses environs

La région de l’Est Cameroun a été fragilisée depuis 2014 par l’arrivée massive de populations réfugiées issues de la République centrafricaine. Le complexe hospitalier catholique de Batouri devient désormais minuscule pour  recevoir le trop plein de malades. C’est à cet effet que l’Union Européenne a initié le projet Békou. Celui-ci est exécuté par la coopération Allemande à travers la Deutsch Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), dans le but d’améliorer la prise en charge des malades.

Plusieurs réalisations ont été accomplies au complexe hospitalier catholique de Batouri, notamment la construction d’une salle de consultations-hospitalisations commune, une salle de petite chirurgie-attente, un bloc de latrines à deux cabines, une salle de gardes, une salle de consultation-hospitalisation individuelle, la réhabilitation de la maternité.

Constitué désormais de cinq bâtiments, cet hôpital répond à la demande de la population locale et des réfugiés centrafricains. Selon les informations recueillies auprès de Yannick Ambomo Nligui, surveillant général du complexe, le taux d’accouchement est passé de 20% à 30%, même si la méthode d’accouchement traditionnel reste encore élevée dans la région. Avec la nouvelle logistique, il y a suffisamment d’espace pour accueillir tous les malades, ce qui n’était pas le cas en 2014, date de l’arrivée des réfugiés centrafricains dans la région de l’Est. En tant que réfugiés ceux-ci reçoivent une prise en charge spéciale lorsqu’ils présentent leur carte qui justifie leur statut.

Malgré ces mesures apportées au complexe hospitalier catholique de Batouri, il y a tout de même certains manquements enregistrés. Les coupures  régulières et prolongées d’électricité qui demeurent l’un des problèmes majeurs que rencontre le personnel sanitaire de cet hôpital. Outre les difficultés d’énergie, le besoin d’un service d’imagerie sanitaire se fait ressentir. « Nous avons un appareil radio mais il nous faut un bâtiment pour son installation. Nous avons aussi besoin d’une banque de sang pour réagir immédiatement lorsque l’urgence est signalée », confie Yannick Ambomo Nligui.

Les maladies auxquelles font face les populations de Batouri et ses environs au quotidien sont le paludisme, la fièvre typhoïde, l’hypertension, les problèmes respiratoires et les IST. Selon Yannick Ambomo Nligui, 60 cas d’IST ont été enregistrés au mois de mars dernier et 347 cas de VIH/SIDA en l’espace d’un an.

Mardi, 04 avril, l’ambassadeur centrafricain au Camerou, Martial Beti Marace, a touché du doigt les nouvelles infrastructures du complexe hospitalier catholique de Batouri, exécutées par la GIZ. C’était dans le cadre de sa tournée dans la région de l’Est Cameroun, pour voir tout ce qui est fait pour ses compatriotes.