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LE CHIFFRE DE 350 000 EMPLOIS NOUVEAUX PROMIS PAR PAUL BIYA À LA JEUNESSE SERA-T-IL ATTEINT ?

LE CHIFFRE DE 350 000 EMPLOIS NOUVEAUX PROMIS PAR PAUL BIYA À LA JEUNESSE SERA-T-IL ATTEINT ?

Dans son discous à la nation le 31 décembre 2014, le président Paul Biya avait promis aux camerounais la création en 2015, de près de 350 000 nouveaux emplois, à la suite des 283 443 emplois qui auraient été créé au Cameroun courant 2014, d’après l’annuaire statistique de l’emploi et de la formation professionnelle, document de 74 pages présenté à la presse le jeudi 09 avril 2015 par le Minefop.

L’atteinte de l’objectif de 350 000 nouveaux emplois à créer en 2015 pour absorber une partie de l’immense majorité des jeunes camerounais en proie au chômage ne se fera visiblement pas sans les entreprises du secteur privé, même si le président Paul Biya n’avait pas expressément mentionnés les opérateurs privés dans son discours à la nation.

En tournée de travail le 03 avril 2015 dans un panel d’entreprises de la ville de Yaoundé, département du Mfoundi région du centre, le ministre de l’emploi et de la formation professionnelle (Minefop) Zacharie Perevet avait justifié son passage dans trois structures de poids (La Société industrielle de Mbang (Sim), la société Camwood et Interstis une entreprise de services) par une déclaration pour le moins inattendue. « Nous sommes descendus pour demander aux responsables de ces structures de nous faire connaître l’effort qu’ils peuvent fournir pour aider à la création des 350 000 emplois annoncés par le président de la République », avait confié M. Perevet.

Il en profitera pour rappeler aux responsables des entreprises visitées et à travers eux à tous les autres, la nécessité de transmettre à la tutelle (le Minefop) les données périodiques sur la création des emplois au sein de leurs structures respectives, mais surtout de ne pas outrepasser le quota de 5% autorisé pour l’utilisation de la main d’œuvre étrangère dans les entreprises locales.

Paradoxes et incongruités

Il est difficile d’aboutir à une utilisation des ressources au sein de l’Etat ou dans le secteur privé basée sur ce que les anglo-saxons appellent « the right man at the right place », il est impératif de disposer, au-delà d’une étude menée sans complaisance, de la nomenclature des compétences nécessaires et des postes de travail disponible, en plus d’évaluer la masse de travail à effectuer ou à répartir sur la base d’une fiche de fonction, feuille de route ou cahier de charges. Le cas contraire, on se retrouve aisément avec un excèdent de fonctionnaire sensé faire les mêmes choses dans le même service, le cas de certains sous-directeurs de l’administration publique qui se sont vu greffées entre 02 à 03 secrétaires après la vague de recrutement dit « 25 000 emplois ».que dire de ces ministères et administrations a qui on a gracieusement offert tellement d’éléments « des 25 000 » que les couloirs, cage d’escaliers et autres coins lugubres sont devenus open space ?

Normalement, dans une entreprise, privée surtout, l’on ne procède à des recrutements que pour palier une vacance de poste, une démission, un accroissement de l’activité ou encore un besoin temporaire lié par exemple à la mise sur le marché d’un produit ou service temporaire ou saisonnier. Hors le Minefop dans sa répartition détaillée de la provenance des 350 000 emplois nouveaux attendus en 2015, chiffre la contribution du secteur privé à 250 000 nouveaux emplois.

Des attentes irréalistes dans la pratique

Dans le détail, le gouvernement attend :

  •     200 000 nouveaux emplois dans les secteurs primaires, secondaires et tertiaires ;
  •     60 000 nouveaux emplois dans les projets financés sur le budget d’investissement public (Bip) d’un montant de 1 150 milliards FCFA cette année 2015 ;
  •     50 000 nouveaux emplois dans l’administration publique (concours direct permettant d’accéder à la fonction publique) ;
  •     40 000 nouveaux emplois dans le cadre des « grands projets » en cours dans le pays ;
  •     50 000 nouveaux emplois auprès des entreprises privées de placement des travailleurs (Interim) ;
  •     65 000 nouveaux emplois issus du Fonds national de l’emploi (Fne).

Au-delà du fait que de gros pourvoyeurs théoriques d’emplois sont oubliés dans cette liste (PAJER-U, PIFMASS, ASCPD, PIAASI, Etc.), aucune mention n’est faite sur les licenciements massifs ou le congé technique massif dans certains secteurs d’activité. C’est par exemple le cas des professionnels de la fabrication du plastique de moins de 60 microns, qui avaient dans une correspondance prévenu le Ministre de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable (Minepded) Hele Pierre, de la possible perte de près de 4 350 emplois si une mesure n’accompagnait pas le décret d’interdiction de la fabrication et la commercialisation des emballages plastiques de moins de 60 microns.

On peut produire plus d’exemples dans de nombreux secteurs d’activités ou des crises apparaissent. Mais là n’est pas le fond du problème. A supposer que 350 000 nouveaux soient créés, combien auront entre-temps été convertis, recyclés ou mutés ? Qu’en sera-t-il des démissions, licenciement ou simple abandon de poste surtout dans la fonction publique où règne l’impunité en la matière ? Enfin, doit-on parler d’emploi, ou de sous-emploi, lorsqu’un patron décide par exemple, pour remplacer un ouvrier qualifié, de recruter 02 ouvriers débutants ou stagiaires professionnels qui se partageront à part égales (sans le savoir) de l’employé qualifié démissionnaire ?

Le sous-emploi, qui ne saurait être écarté parce que l’Etat à décider d’augmenter le Smig de 25 000 à 35 000 FCFA, aura une part très importante dans ces 350 000 emplois nouveaux. Hors un emploi qui ne permet pas de satisfaire au moins les cinq besoins de base de l’être humain (d’après la formule Se nourrir, se loger, se vêtir, s’éduquer, se soigner), n’est en rien différent du chômage.

 

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