Le chef de la diplomatie iranienne entame au Nigeria une tournée africaine

C’est la première étape d’une visite de 6 jours sur le continent africain qui mènera Mohammad Javad Zarif au Ghana, en Guinée-Conakry et au Mali

 

Le ministre des Affaires étrangères iranien est au Nigeria. Première étape d’une visite de 6 jours sur le continent africain qui mènera Mohammad Javad Zarif et les chefs d’entreprises qui l’accompagnent au Ghana, en Guinée-Conakry et au Mali. C’est la troisième tournée en Afrique du ministre depuis février 2015. Une tournée plus politique qu’économique.

Les relations commerciales entre l’Iran et l’Afrique sont faibles. Les sanctions qui pèsent contre l’Iran ne sont toujours pas levées en dépit de la signature l’an passé d’un accord sur son programme nucléaire. L’enjeu pour la diplomatie iranienne se situe donc plus à un niveau politique. « Engranger des soutiens lui permettrait notamment d’avoir plus de poids pour obtenir une levée des sanctions », explique un analyste.

 

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif (g) reçu par le président nigérian Muhammadu Buhari, à Abuja, le 25 juillet 2016.

Face à l’offensive israélienne et surtout saoudienne, « l’Iran veut à tout prix éviter d’être marginalisé sur un continent courtisé de toute part » poursuit cet analyste. « L’Iran ne veut pas que l’Arabie saoudite prenne trop de place », renchérit un autre spécialiste. Il faut dire que la crise diplomatique de janvier, suite à l’exécution en Arabie saoudite d’un chef religieux chiite, a fait mal à l’Iran : plusieurs pays africains ont rompu leurs relations avec Téhéran, notamment le Soudan qui est tombé dans l’escarcelle saoudienne.

L’Afrique (musulmane en particulier) est donc au cœur d’une bataille d’influence entre les deux grandes puissances du Moyen-Orient sur fond de rivalité sunnite – chiite. L’escale au Nigeria pourra ainsi permettre à Mohammad Javad Zarif de pousser pour la libération du chef religieux chiite nigérian, Ibrahim Zakzaky, détenu depuis décembre dernier.