Le Cameroun veut relancer son processus de privatisation des entreprises publiques

L’information n’a pas été donnée directement, mais le gouvernement du Cameroun semble avoir décidé de relancer le processus des privatisations. Intervenant au parlement dans le cadre de la présentation aux députés du programme économique et social pour l’exercice 2016, le premier ministre, Philémon Yang, a révélé qu’entre autres sources de revenus de l’Etat en 2016, 120 milliards de francs Cfa sont attendus des recettes des privatisations.

L’initiative circule dans les coulisses de l’administration depuis plusieurs mois, cependant peu d’informations filtrent à ce sujet. Par exemple, alors qu’il présentait le climat des affaires à des investisseurs sud-africains, Ekoko Mukete, un des vice-présidents de la chambre de commerce du Cameroun, avait déclaré le 4 octobre 2012, que le gouvernement planifiait de céder d’autres actifs de son portefeuille, citant la Cameroon Development Corporation (CDC), une entreprise ayant des actifs diversifiés dans le secteur agricole.

Bien avant cela, le Ministre Ousmane Mey (photo) en charge des Finances avait déjà vendu la mèche dans un discours prononcé le 23 janvier 2012, en ouverture de la conférence annuelle des services centraux du ministère des Finances. Evoquant les grandes lignes de son action pour cette année-là, il avait fait savoir que, dans le cadre du cinquième programme, il était question de la relance du processus de privatisation des entreprises du secteur public en rapport avec les directives du gouvernement, et sous réserve de la validation par la présidence de la République.

Par ailleurs, un responsable du Douala Stock Exchange rencontré très récemment par l’Agence Ecofin a indiqué, sans donner plus de détails et sous anonymat, qu’une stratégie a été mise en œuvre pour redynamiser le marché financier et que le public devrait s’attendre à voir se multiplier des offres publiques (introductions en bourse de nouvelles entreprises) au cours de l’exercice 2016.

Quoiqu’il en soit, il semble désormais clair que la validation préalable du Président Paul Biya qui était évoquée par le Ministre Ousmane Mey dans son discours lorsqu’il parlait des privatisations, semble avoir été obtenue, le gouvernement s’étant déjà fait une idée des montants qu’il pourrait tirer de ces privatisations.

Dans la ligne de mire de ces nouvelles privatisations, on retrouve plusieurs entreprises, telles que Camtel, Camair-Co, la branche banane de la CDC, la Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers (SCDP) ou encore la Société de Développement du Coton (Sodecoton).